‹ Le néo-manichéisme et la légende chrétienneChapitre 87 sur 185 · II, 14 [P. L · texte numérisé non relu

II, 14 [P. L

(4) Kunstle, B. 178-181 : Leo quod victor est diaboli... (I, Cor., 14, 54.)

LE CONCILE PSEUDO-DAMASIEN

Le faites! clair : c’est une habitude des Chrétiens du quatrième et du cinquième siècle que d’appliquer au Seigneur tous les noms qui lui peuvent convenir : ils réfutent par là, plus ou moins directement, des idées hérétiques; ils semblent implorer pour eux la vertu qu’ils adorent, incarnée, en Jésus (i). La coutume est générale, il est vrai : mais les textes n’indiquent-ils pas qu’elle est plus répandue en Espagne qu’ailleurs? Nouvel indice, peutêtre, de celte mystérieuse parenté espagnole que nous découvrons pas à pas.

11 est plus malaisé, ce semble, d’indiquer à quelle tradition puise le troisième paragraphe qui termine cette première partie. Sans doute, on croit entrevoir le sens : le passage qui explique les noms du Christ est une digression, placée comme entre parenthèses ; la pensée de Fauteur revient naturellement à son véritable objet, l’Esprit Saint, la fonction sanctificatrice de l’Esprit-Saint, les sept dons qu’il communique à l’homme et qu’autrefois annonçait le prophète Isaïe.

Mais comment préciser?

On voit bien que Fauteur utilise les textes de l’Écriture : Genèse , 2,20, pour Adam; Gen. 6, i4, pourNoé; Gen. 12, i,pour Isaac; Gen. 28, 1 3- 1 9 et 32, 28, pour Jacob; Bois , 1, i/f, pour David; — je ne sais pas quel passage visent précisément les mots consacrés à Moïse. — Mais d’où vient l’idée de rapprocher les dons de FEsprit-Saint des anciens patriarches? Et comment s’explique le choix de ces sept personnages? Ni Moïse ni David ne comptent en général parmi les « patriarches » d’Israël. Ni Adam n’est généralement et proprement appelé « prophète », et comme tel n’apparaît possédé de FEsprit-Saint.

En Israël, l’Esprit de Iahvé n’est pas uniquement une puissance de prophétie : il est encore, et plus généralement, puissance de sainteté et puissance de vie.

Je rappelle encore une habitude chère à saint Ambroise : que de fois n’a-t-il pas montré dans les patriarches d’Israël les modèles et comme les symboles des vertus chrétiennes? Abraham représente à ses yeux la résignation, Isaac la simplicité et la droiture,

(1) Voir le traité de Niceta. « Ergo quia tantis et nominibus et titulis Dominus... appellatur, habe fiduciam, o fidelis, et spem tuam in ipso tota uirtute constitue... Si uis recta sapere, ipsum quàere quia sapientia est... »

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