‹ Le néo-manichéisme et la légende chrétienneChapitre 91 sur 185 · ORIGINE DE LA SECONDE VERSION · texte numérisé non relu

ORIGINE DE LA SECONDE VERSION

On peut les préciser.

11 est certain que ces quatre textes ont été réunis de bonne heure, avant la fin du cinquième siècle peut-être, et réunis aux huit livres du pseudo-Athanase. Il est remarquable, d’abord qu'ils portent tous la même dédicace ad Theophilum, que les sept premiers livres. 11 est curieux de constater, ensuite, que les manuscrits du de Trinitate reproduisent le plus souvent quelques-uns d’entre eux : XI-X semblent liés à notre première édition, IX-X11 à notre troisième édition (î). Il est, enfin, très important de noter que le livre XI est cité sous le nom d'At/icinase.

Les Senlentiae Sanctorum Patrum excerptae de fide sanctae Trinitatis quorumdam prétendent reproduire un dialogue entre maître et disciple. Et voici une parole du maître :

Ego, inquit sanctus Athanasius, adsumptum in caelis unitum hominem ex Maria uirgine deum credo, quem et sedere ad dexteram Patris confiteor, cui omnis potestas in caelo et in terra datur, ipsum quoque iudicaturum (2).

Or voici ce que je lis au livre XI :

Ariani dicunt, post occasum mundi, regnum Filii Dei finiendum. Ego assumptum in cœlum unitum hominem ex Maria Yirgine Deum credo, quem et sedere ad dexteram Patris confiteor, cui omnis potestas in cœlo et in terra datur. Ipsum quoque judicaturum... (3).

Le fait est d’autant plus intéressant que les Senlentiae Patrum citent indistinctement les livres 1-V1I et X-Xl (4), et que leur auteur semble écrire en Espag ne à la fin du cinquième ou au cours du sixième siècle (5).

(1) Ficker, 73-74.

(2) Chap. X, § 67, édition Künstle : B. 168.

(3) P. L. 62, 302 C. Le fait a été indiqué par Künstle, loco cilalo.

(4) Künstle : Bibliothek , p. 149-173. Senlentiae , I, de Trinitate , 1, P. L. 62 237 ; — S., II, 13-18, de Tr., II, col. 251-252 ; - S., III, 24 rappelle fort de Tr., X, c. 292 ; — S., V, 27 rappelle de Tr., III, col. 254 ; — S. V, 32 rappelle de Tr. X, coll. 290 (et s. Augustin : de Trinitate, XV, 22, P. L. 42, 1087 ; voir Eugippius : Thés., 246, P. L. 62, 927) ; — S. VI, 38-39, de Tr., V, col. 272 : — S. VI, 41 rappelle de Tr. VI, col. 277 ; — S. VII, de Tr., Il, col. 245; — S. VIII, de Tr., X,,col. 290-294; — S. X, 67, de Tr., XI, col. 302.

(5) Le compilateur anonyme utilise les écrits des Pères et donne la doctrine orthodoxe touchant l’unité, la trinité, la christologie, la pneumatologie. Il vise les Ariens et les Priscillianistes [p. 150, 152] en même temps que les Juifs (p. 152, 20) ; il écrit ulrisque procedens (p. 153, 23) ; il parle des clefs d’Hercule d’après la statue gigantesque d’Hercule tenant les clés, qui se trouvait au détroit de Gadès [Isidore fcde Béja, 36, P. L. 96,. 1263 ; Gaston Paris : de pseudo-Turpino , p. 22 ; relation de Maurice le

LE CONCILE PSEUDO-DAMASIEN

Il est donc certain que le livre XI de Chifflet, qui est apparenté à la version de Paris de notre texte — et qui est, on l’a vu, postérieur à saint Léon — est antérieur aux Sententiae Pair uni, c’est-à-dire à la fin du sixième siècle au plus tard ; et puisqu’il est incorporé à des textes espagnols et qu’il est utilisé par des auteurs espagnols, on peut considérer comme vraisemblable, ou qu’il a l’Espagne pour patrie, ou que son auteur était en étroits rapports avec des cercles espagnols. Il semble assuré que le de Trinitate de pseudo-Athanase a passé par plusieurs formes, dont nous connaissons encore trois ou quatre; n’a-t-il pas continué de vivre et de se modifier, après même qu’il a été complété d’un huitième livre ; et nos textes IX-XII ne dériventils pas d'un travail de ce genre?

Je remarque encore que le passage du texte de Paris qui énumère les diverses appellations du Christ rappelle assez bien une page curieuse du Diligeniia... Armonii et Honorii (1). Et voici le titre de ce court traité, — dont les intentions anti-priscillianistes et anti-ariennes disent nettement la date et la patrie (2) :

Incipit diligentia beatorum monachorum Armonii et Honorii de tibris canonicis Ueteris atque Noui Testamenti sed etiam confessio fidei catholicae quam breuiter uiro inlustri theophilo direxerunt (3).

Le petit livre est dédié à un Théophile. On pense aussitôt à ce Théophile auquel semble s’adresser le de Trinitate (vers 45o- 58q) .

Le petit livre traite de libris canonicis ueteris atque noui testamenti. On pense à notre texte damasien IIe partie. Sans doute les manuscrits aujourd’hui connus ne donnent aucun développement qui réponde à ces mots du titre ; mais comment douter de son existence; comment les expliquer autrement que par celle-ci ?

Moine, en 1271 (arch. de Christiania) ; Dozy : Recherches sur l’histoire de l'Espagne pendant le M. A. (3e éd. Leyde, 1881,) p. 312]. L’auteur cite notamment Damase, Eucher, saint Léon -j- 461, et il utilise une source à laquelle a puisé Gélase. Pour plus de détails, voir Künstle : Bibliothek , p. 92-116.

(1) Voir siipra, p. 209.

(2) Künstle, Bibliothek , pp. 121-123. Une partie du texte se retrouve dans un sermon anonyme, P. L. 39, 2188. La conclusion [onze vers disant les noms du Christ], moins 4 vers, se retrouve aussi ailleurs [Ihm. 67]. Le texte est une courte profession de foi trinitaire suivie d’une page farcie des appellations diverses données à Jésus.

(3) Künstle, Bibliothek , p. 178, ou P. L. 74, 1243.

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