ORIGINE DES DEUX VERSIONS
texte damasien (première partie), mais encore l’influence qu’il semble exercer en Espagne.
11 faut donc conclure que le texte primitif , rédigé ail temps du pape Damase , comprenait deux paragraphes seulement : sans rien dire du Christ , il traitait de l'Esprit Septiforme , énumérait les sept dons qu'il envoie et citait les sept patriarches , symboles de chacun d’eux (1) ; ce texte primitif a subi deux interpolations : la première a introduit tout notre second paragraphe touchant les divers noms du Christ (2); la seconde a modifié les deux sections de la version originelle : d’une part, en ajoutant à la première les mots qui in Christo requiescit) d’autre part, en remplaçant le passage relatif aux sept patriarches par un texte relatif à V ut roque (3).
On remarquera l’harmonie interne des deux interpolations : elles convergent toutes deux vers un même résultat qui est de substituer le Verbe à l'Esprit comme objet du développement.
Dès lors une question se pose: les deux interpolations ne sontelles pas le fait du même rédacteur et ne font-elles qu’une? Comme fauteur de la seconde écrivait sans doute après Chalcédoine (4), est-ce de cette époque qu’il faut dater la première aussi ?
(1) Faire abstraction, dans le texte cité p. 168, du passage multiformis
— ad inicium.
(2) Ce passage multiformis — ad inicium.
(3) Voir p. 213.
(4) Voir p. 221. — L’interpolateur est peut-être à chercher dans le groupe d’où émane un traité de la Trinité dont on n’a pas encore parlé.
Les anciennes éditions de saint Ambroise ont imprimé un traité qu’elles intitulent in Symbolum Apostolorum Tractatus et que Migne, dans la reproduction qu'il en donne, appelle de Trinitate , P. L. 17, 509 : le texte commence par les mots nullus igitur qui sanum sapit, omnipotentem Deum qui Trinitas et spiritus est corpus aliquod visibile aut palpabile arbitretur ; le dernier de ses 35 chapitres se clôt ainsi : Inseparabilis Trinitas quae tota nobis fide coleris algue adoraris , tuum est hoc opus, quod ego ex Patrum famulorum luorum libris... ad aedificationem meam excerpsi , tuaque perfectio ad gloriam et laudem nominis lui per omnia saecula saeculoi uni. Amen. L’anonyme traite d’abord de la Trinité, 1-9, puis de l’Incarnation, 9-15, enfin 16-35 de l’origine de l’âme et surtout de la réalité de la résurrection ; mais l’homogénéité du texte est faible (quel contraste avec Syagrius !) : l'auteur se présente lui-même comme un simple compilateur (conclusion citée) ; il multiplie les digressions et les souligne lui-même [§ 8, col. 518, B. « Haec... sufficiant ; nunc autem ad ordinem revertamur » ;
— g 17, col. 530, A. « Haec... sufficiant ; nunc autem ad ordinem revertamur ; § 19, col. 532 C. Sed nunc iam ad ordinem revertamur ; — § 34, col. 544, G. « Haec licet extrinsecus dicta uideantur... »] Quand on songe à ce que l’on aperçoit de l’histoire du de Trinitate de pseudo-Athanase, on se demande
LE CONCILE PSEUDO-DAMASIEN
Le lexte de Spirilu Septiformi a revêtu peut-être une troisième forme, intermédiaire entre la version de Munich et la version de
si notre version du de Trinitale de pseudo- Ambroise n’est pas un remaniement.
Le livre vise les Priscillianistes en même temps que les Ariens. La théorie de la Trinité est tout entière dirigée contre les Ariens :
« Quanta temeritate... Censentur Ariani qui dicunt : Erat tempus quandonon erat Filius », § 2, col. 510-511.
C’est à peine si un ou deux traits y visent les Priscillianistes : « Trinitas in se nihil recipit externum », g 1, col. 509 ; — « Haec tria unus est Deus, non tamen in unius singularitate personae », § 1, col. 510; — « Pariter abjicienda est et stulti Sabelli commixtio et impii Arii separatio », g 2, col. 511, C.
Mais voici de nombreux textes qui affirment les droits de notre corps terrestre à la vie éternelle : d’abord, on affirme la vérité du corps de Jésus, de sa résurrection, etc... :
« Vera... caro ex Virgine suscepta, vera crucifîxa, vera sepulta, vera est... resuscitata », § 12, col. 524, B.
'< Erubescant... haeretici qui aérium aut phantasticum corpus aut Domini fuisse, aut nostrum futurum esse, aut metempsychosim mentiuntur », g 23, col. 535, A.
« Sicut veram carnem Dns suscepit et vere passus est et vere resurrexit..., ita et vere manducavit... », g 29, 540, B.
« Et quomodo, inquit, non cognoscebant eum in itinere, si ipsum habebat corpus quod ante habuit ? », g 30, 541, B... « Unus atque idem erat. »
Ensuite, et en conséquence, on affirme la réalité de la future résurrection de tous les corps :
« Non perire carnis istius substantiam resurgendo perdocuit..., g 15, 527, C ; ... et ideo non est despicienda carnis humanae natura quae in s. Trinitatis substantiam atque consortium per Dn. C. ingredi meruit... ; verum quoniam in fine dogmatis nostri carnis nostrae ponitur resurrectio, eadem a nobis sunt firmius propter haereticos ac saepius repetenda », l 15, 528, A. B.
« In ipsis corporibus quibus nati sumus..., in ipsis post resurrectio nem animae nostrae Deo jubente introeunt et resurgunt », g 18, 531 C.
« Soient... nobis haeretici qui carnis negant resurrectionem, illud beati Apostoli testimonium opponere, quo dicit : Caro et sanguis regnum Dei non possidebunt » (I Cor., 15, 50). « ... Veram ergo resurrectionem futuram in semet ipso nobis Dns. J. manifestavit... Non ergo contemnamus carnem nostram », § 20-21, 532-533.
<« Quomodo... resurrectio carnis negatur..., cum... », g 22, 533, C. «... Résurgent corpora nostra in aeternum... », § 23, 534, C. D... (Elie, Henoch).
« Quaeritur... illusorie a nobis ab haereticis utrum in resurrectione diversitas sexus sit... », g 24, 535, A. « ... Catholicum ergo et rectum est utrumque sexum in carnis resurrectione sine sexus operibus confiteri... Sed contra hanc... doctrinam..., soient nobis haeretici illud Apostoli op-