‹ Le Néo-Syndicalisme et Le Mythe de La Grève GénéraleChapitre 12 sur 29 · APE · texte numérisé non relu

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Parlement peu à peu. Tant qu’ils ne constitueront pas la majorité, leur rôle sera inefficace. Lorsqu'ils la constitueront, par suile d’une révolution à la manière de Kautsky, n'est-il pas à craindre qu’ils ne fassent encore des concessions à une minorité bourgeoise révoltée et menaçante? Et même s'ils forment alors l’unanimité, n'est-il pas à craindre encore que, maîtres de l'Etat et chargés de la rénovation, ils ne prennent trop conscience de leur rôle et :ne construisent des plans qui répondront beaucoup plus à leurs chimères qu'aux intérêts ouvriers ? Théoriquement, ce n’est pas certain; en fait. c’est probable. Et voilà pourquoi, étant donnée l'influence altérante de la voie politique, on peut trouver que M. Sorel a été sage en l’abandonnant. Il veut que les socialistes s'engagent dans la voie syndicaliste et révolutionnaire parce que le syndicat est une institution prolétarienne à laquelle tout le monde, étant en contact permanent de l'esprit ouvrier, ne peut que s'adapter de plus en plus. L’absence de tout pouvoir public, de tout commandement, quel qu'il soil, considérés comme des récompenses, est une garaniie de désintéressement. La suppression de ces lauriers lucratifs, qui sont la raison d’être des intellectuels, amène l’homogénéité parfaite des aspirations. La seule récompense compatible avec le syndicalisme, c’est la gloire, c'est le souvenir reconnaissant de la postérité, c’est l’enivrement du devoir accompli, et rien plus que ces idées ne stimule l’esprit créateur et ne pousse à la réalisation de cette chose nouvelle : le socialisme.

$ III. LE PRINCIPE RÉVOLUTIONNAIRE ET M. SOREL. — M, Sorel ne s’est pas borné à critiquer le réformisme évolutionniste. Il s’est nettement prononcé pour la thèse révolutionnaire, pour la suppression brusque et brutale de l’ordre bourgeois, des cendres duquel surgira fatalement le socialisme. |

Quelques auteurs, M. Bourguin notamment, reprochent à cette thèse de n'être pas scientifique. « L'idée de Révo-

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