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de la classe ouvrière et qui ont le plus conscience de leur position de combattants, fassent de la propagande en faveur de leurs conceptions. La première occupation d'un parti
qui veut se battre, n’est-elle pas de recruter des soldats ?
7) Mobiliser, c’est entrer déjà en campagne. « Il n’y a qu’une seule force, écrit M. Sorel, qui puisse aujourd'hui produire cet enthousiasme sans le concours duquel il n’y a point de morale possible, c’est la force qui résulle de la propagande en faveur de Ia Grève générale. » (1). Il faut donc amener les ouvriers «.à participer » à la lutte; une fois descendus dans l'arène, ils y trouveront les armes indispensables, le mythe et la morale. C’est en effet le combat et les violences prolétariennes qui créent et vivifient l’idée de Grève générale.
Luttes et violences d’un côté, morale et mythe d’un autre, autant d'éléments qui se tiennent et se fortifient les uns les autres. Les seconds viennent des premiers. M. Sorel tient la violence en très haute estime et il lui a consacré un beau livre. Il a horreur de cette maladie moderne, qu'il appelle « le fanatisme de pacifisme » et qui explique le retard économique de l'Italie (2). D'ailleurs, la morale de la violence, qui, comme le prouvent les guerres de la Liberté, tend à l’héroïque, paraît devoir s'imposer aujourd'hui comme un remède indispensable. Tout le monde, dit M. Sorel, Kant, Proudhon et même M. Durkheim, sentent que « la morale de l’avenir présente le caractère du sublime. ». (3).
$ IV. — LE MYTHE ET SA VALEUR ÉDUCATIVE AU POINT DE VUE PROFESSIONNEL. -- Outre son rôle guerrier, le mythe
de la Grève générale a une mission éducative et professionnelle. C'était nécessaire. Le socialisme doit s'organiser nalurellement après la défaite du capitalisme. Il s’organiséra
(1) Réflexions sur la violence, p. 388.
(2) Ruine du Monde Antique, p.211.
(3) Réflexions sur la violence, p. 315.
ESQUERRÉ 6