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CHAPITRE II

Anatomie Pathologiqué

Le cancer du rectum peut occuper toute la partie

terminale du gros intestin, depuis la fin de l’anse,

omesa jusqu’au sphincter et à l’anus.

Suivant qu'il est haut placé, ayant son extrémité inférieure au niveau du cul de sac péritonéal, en situation moyenne, entre le péritoine et le releveur de l'anus, il est dit sus-ampullaire, ampullaire ou sphinctérien.

Curling prétend qu’il est généralement situé à sept centimètres de l’anus. En fait, il peut occuper toute la surface rectale. |

Sur les malades que nous étudions, il est situé une fois à l’anus même, sur la cicatrice d’hémorroïdes opérées (Obs. IT), deux fois immédiatement au-dessus du sphincter (Obs. VI et VID), sept fois dans l’ampoule (Obs. I, IH, V, IX, X, XI) que dans deux cas il occupe complètement sur une hauteur de quatorze centimètres, et deux fois dans la région recto-sigmoïde (Obs. VIIT et XI). Sur douze malades, nous avons donc trois

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cas de cancer sphinctérien, sept de néoplasme ampullaire et deux de sus-ampullaire, soit les proportions relatives de 25 0/0, 38 0/0 et 17 0/0, proportions analogues à celles qu’on déduit des statistiques de Kocher, Funke, Zinner, Braïtsef, de Quénu et Hartmann et de nos chirurgiens lyonnais.

Les auteurs sont à peu près tous d'accord pour désigner la face antérieure du rectum comme étant la plus souvent atteinte de néoplasme (dans 75 0/0 des eas) et Zinner explique cette localisation en disant que c’est en ce point que l’irritation mécanique exercée par les matières fécales est à son maximum.

Dans les cas que nous citons, nous ne trouvons qu'une seule fois la tumeur localisée sur cette région (Obs. VI). Par contre, quatre fois (Obs. VIL ‘IX, X et XIT) nous la voyons occupant la face postérieure du rectum, une fois occupant la partie latérale droite de la région ano-rectale (Obs. IT) et six fois ayant envahi la totalité du rectum (Obs. I, IL, IV, V, VIII et XD).

En admettant même que, dans les six cas où le cancer a envahi tout le rectum, il ait débuté par la face antérieure — ce qui a fort bien pu ne pas être — nous ne trouvons donc qu’une proportion de 58 0/0 de cancers localisés à la face antérieure du rectum. Cette proportion est ainsi plus faible que celle indiquée par les classiques; mais nous pouvons peut-être l'expliquer par ce fait que, en raison de leur âge, l'irritation mécanique fécale a duré moins longtemps chez nos malades.

Dans six de nos observations, il s’agit d’une tumeur

volumineuse, à bords surélevés, végétante, irrégulière,

parfois pédiculée, faisant saillie dans la lumière intestinale, arrivant même à l’obstruer complètement, au point d'empêcher toute vue plus élevée à la rectoscopie.

Dans trois cas, elle était circulaire et sténosante, arrêtant complètement tout examen digital et donnant même l’impression (Obs. Il) d’un véritable tuyau de zinc. .

Dans les trois derniers cas, enfin, il s’agissait d’une ulcération du diamètre d’une pièce de cinq francs, existant au centre d’une plaque surélevée.

Nous trouvons donc chez les malades jeunes les trois variétés de cancer rectal généralement décrites avec une prédominance nette de la forme exubérante, bourgeonnante. Il n’est pas dit, d’ailleurs, que ces formes ne se modifient pas et qu’un cancer primitivement exubérant et bourgeonnant ne s’ulcère pas ou ne finisse pas par prendre une allure sténosante.

Dans neuf de nos observations, le néoplasme constaté s’était étendu considérablement en largeur. Dans un cas (Obs. XT) il avait gagné le ligament large droit. Deux fois, nous l’avons vu adhérer à l’utérus et commencer à l'infiltrer, deux autres fois adhérer au sacrum et dans ces deux cas, on a trouvé contre la tumeur un gros paquet ganglionnaire néoplasique.

Chez une malade (Obs. I), la tumeur était adhérente à tous les organes du petit bassin. Chez un dernier malade, enfin (Obs. IT), au niveau du pédicule hémorroïdal supérieur se trouvaient de gros ganglions néoplasiques ; la chaîne mésentérique était envahie et le foie, très augmenté de volume, était

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farci de cicatrices ombiliquées blanchâtres, recouvrant de nombreux noyaux métastatiques. Chez ce malade, le cancer avait infiltré toute l'épaisseur des tuniques musculaires intestinales.

L'extension en hauteur du cancer est moins fréquente. Dans cinq cas (Obs. II, V, VII, XI, XII), le néoplasme n’avait que six centimètres de haut au maximum : « néoplasme circulaire de quelques centimètres de hauteur » ou « hauteur d’une pièce de cinq francs ». ;

Dans deux autres cas, la tumeur était étroite, aussi, puisque « le doigt en dépasse la limite supérieure ». d’une part, et que, d’autre part, « elle reste sous le plan du périné ». Ce n’est qu’une seule fois que nous rencontrons un néoplasme occupant la totalité de l’ampoule rectale sur une hauteur de douze centimètres (Obs. IV). Dans tous les cas, il s’agissait d’un épithéHoma cylindrique typique malin (Obs. IX, VII et X), métatypique (Obs. V) ou atypique à type carcinome (Obs. IV) ou à forme colloïde (Obs. VII). Il n’est d’ailleurs presque jamais vu de sarcome du rectum chez les jeunes.

Quoi qu’il en soit, sa gravité est toujours grande. Aussi faut-il le dépister le plus tôt possible pour pouvoir l’enlever dans les meilleures conditions possibles: et c’est pour le reconnaître plus vite que nous

allons en étudier la symptomatologie.

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