‹ Le Néoplasme Rectal Chez les JeunesChapitre 29 sur 36 · ARE · texte numérisé non relu

ARE

et certaine. C’est ainsi que par le toucher rectal, on se rend compte chez la malade de l’observation XI que la tumeur infiltre complètement le ligament large droit, et se trouve fixée coutre la paroi pelvienne « rendant toute opération radicale inutile. »

De même, il permet de constater l’existence de ganglions rétro-rectaux. Chez Mme D... (Obs. VII), le doigt au-dessus de la tumeur perçoit une muqueuse saine, mais à travers la paroi rectale sent dans l’ex-

cavation sacrée, un gros ganglion dur et mobile, qu’il

fait rouler.

Enfin, grâce à lui, le médecin est renseigné sur l’intégrité du sphincter, appréciant la facilité avec laquelle il se contracte volontairement autour de son doigt ou au contraire son degré d'inertie. |

Quoi qu'il en soit, même dans les cas où le toucher aura été facile et nettement positif, il ne faudra pas s’en contenter. Il faudra de plus, chaque fois que faire se pourra, rectoscoper aussi bien les néoplasiques rectaux avérés que tous les malades, surtout les tout jeunes, dont les symptômes plus ou moins semblables à ceux que nous avons décrits, pourront laisser entrevoir, chez eux, la possibilité d’un cancer rectal.

Et c’est ainsi, grâce à cette pratique inoffensive, trop souvent négligée actuellement, qu’il sera possible de dépister des cancers à leur début, que le toucher n’aurait pu signaler et qui n'auraient pas été visibles à la radioscopie. C’est ainsi qu’où aura des notions nettes sur les cancers haut placés, inaccessibles au doigt.

Grâce à la rectoscopie (Obs. IF), le chirurgien pourra

& voir » la position et là forme de la tuimetr qu’il voudra opérer. Dans certains, cas, elle lui montrera la non existence du cancer qu’il s’apprêtait à enlever, se basant sur les symptômes présentés par son malade. Dans d’autres cas, au contraire, elle révèlera au médecin la vraie cause de prétendues manifestations entérocolitiques, comme cela est malheureusement arrivé.

Un de ses plus grands mérites, à notre avis, est de permettre, sous le contrôle de Ia vue une facile biopsie. Celle-ci, en effet, est souvent nécessaire pour pouvoir poser un diagnostic absolument ferme, d’où dépendra peut-être la nécessité d’une grave intervention chirurgicale. Comment se prononcer parfois en se contentant du toucher et de la rectoscopie, entre un cancer, un polype ou des manifestations tuberculeuses ou syphilitiques. L’examen histologique seul peut trancher la question et permettre l’exactitude absolue du diagnostic. Nous citons l’observation d’un malade de 20 ans (Obs. IV) chez lequel l’âge et les antécédents bacillaires avaient fait penser à une tuberculose rectale et pour lequel le diagnostic de cancer du rectum ne put être fait, trop tard, que grâce à une biopsie.

Nous ne décrirons pas ici l’instrumentation et la technique de la rectoscopie, pas plus que celle de la biopsie. Nous tenons seulement à montrer les services qu’elles peuvent rendre et ce qu’on peut en attendre pour le plus prompt diagnostic, de primordiale importance, du cancer rectal, surtout chez les jeunes. C’est pour cela que nous parlerons aussi de la radioscopie du rectum.

On peut en obtenir (Obs. Il) après injection d’un lavement baryté ou bismuthé ou dans d’autres cas, vingt-quatre heures après l’ingestion d’une bouillie de même composition, de très utiles renseignements sur le siège exact ou la limite supérieure de cancers recto-sigmoiïdiens, difficilement perceptibles au doigt ou impossibles à voir avec le rectoscope à long tube, dans les cas où il ne peut passer. Dans ces cas, c’est l'examen après lavement opaque qui nous paraît fournir les plus utiles renseignements.

\ II. — Signes généraux

Ils sont en rapport avec la marche de l’infiltration néoplasique. Nous n’insisterons pas, nous contentant de citer l’amaigrissement parfois considérable des malades (Obs. IE, IV, V et XI), d’autres fois, au contraire, léger, avec conservation d’un état général pendant longtemps assez bon (Obs. I, X et XI), l’anémie, la cachexie progressive avec anorexie, et cette pâleur jaune paille ou cireuse trop bien connue.

Page 1