‹ Le Néoplasme Rectal Chez les JeunesChapitre 30 sur 36 · C. — EVOLUTION ET PÉRIODE TERMINALE · texte numérisé non relu

C. — EVOLUTION ET PÉRIODE TERMINALE

Nous pouvons tout d’abord affirmer que s’il n’est pas soigné, tout cancer s'aggrave sans cesse, se développe sans arrêt et tue bientôt son porteur.

Le néoplasme rectal n'échappe pas à la loi générale. Après être resté plus ou moins longtemps latent, puis dans une période d'état bien caractérisée, avoir présenté tous ses caractères, et avoir fait subir au malheureux qui en était porteur tous les ennuis, la gêne et les douleurs que nous avons décrits plus haut,

il devient tous les jours plus envahissant. Son extension aggrave les symptômes précédemment observés. 1es douleurs deviennent déchirantes, abominables, la gêne locale est atroce, la constipation absolue allant jusqu’à la sub-occlusion. Un ichor fétide s’écoule de l'anus, entrecoupé d’hémorragies. Des abcès torpides peuvent se constituer tout autour. Souvent, le sphincter ne fonctionne plus et le malade, se salissant sans cesse, reste continuellement souillé, mouillé, d’où production rapide d’érythème, d’intertrigo et de placards ulcérés. L’anorexie est complète ; l’amaigrissement énorme et la cachexie intense. Le malade s’affaiblit de plus en plus et meurt d’anémie séreuse. D’autres fois, à la suite de métastases, il prend de l’ictère, de l’ascite ou un épanchement pleural et meurt de généralisation cancéreuse. Il peut enfin avoir des complications : occlusion, perforation intestinale, accidents urinaires, phlébite le plus souvent double, toutes complications ou métastases qui lui éviteront de trop longues souffrances...

De quelque manière que ce soit, la règle est formelle : « il mourra ».… et vite. La durée moyenne de la maladie est d'environ un an, souvent quelques mois seulement. Pour les classiques, elle ne dépasse pas dix-huit mois. À

Nous ne décrirons pas davantage l’évolution terminale et leg complications tardives du cancer du rectum. Ce qu’il faut, c’est en bien posséder le mode de début habituel et ses formes anormales pour pouvoir le découvrir tôt, très tôt, lorsqu'il sera encore opérable, c’est-à-dire avant que des cellules cancéreuses

n'aient envahi le voisinage, rendant inefficace toute intervention. Ce qu’il faut, c’est ne pas prendre une diarrhée ou une hémorragie symptômatiques pour des manifestations entérocolitiques ou hémorroidaires et ne s’apercevoir de son erreur que lorsqu'il sera trop tard.

Et nous voyons d’ailleurs qu’il n’y a pas de différences marquées entre la symptomatologie du néoplasme chez le jeune et celle qu’on constate chez les sujets plus âgés, sauf peut-être un mode de début plus discret, moins caractéristique et une évolution plus rapide, d’où la nécessité encore plus grande d’en faire un diagnostic très précoce, que nous allons maintenant étudier.

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