OBSERVATION III
La troisième Observation a été recueillie par nous dans le service de M. le Professeur Patel.
B... Louis 35 ans.
Entre à l’hôpital pour des douleurs « au fondement » et
parce qu’il a remarqué une sorte de petite tumeur qui appa-° raît à l’anus.
Opéré il y a un an et demi d’hémorroïdes, il éprouve depuis lors une sorte de pesanteur dans le sacrum qui dure nuit et jour, en augmentant sans cesse. I1 y a un an que le malade remarqua une sorte de petit bouton apparaissant à
l’anus sur la cicatrice de l’opération faite antérieurement. Pris d’abord pour une récidive d’hémorroïdes, il augmente sans cesse de volume, devient complètement irréductible et constitue bientôt une tumeur saillante.
La constipation est opiniâtre : le malade ne peut aller à la selle sans purgation et ne fait que des matières dures et ovillées. A la fin de la selle, il fait un peu de sang, et le tout est recouvert de glaires, analogues à du blanc d’œuf.
Depuis un mois, pollakiurie : le malade dit se lever vingt fois par nuit pour uriner et ne peut retenir son urine quand il a besoin. Urines troubles, jamais d’hématuries.
Etat général très affaibli. Teint jaune paille. Le malade a maigri de 19 kilogs.
A l’examen. — Enorme masse bourgeonnante occupant la partie droite de la région ano-rectale formant une tumeur autour de laquelle on voit un disque lymphangitique et qui repose sur un placard dur que l’on perçoit facilement en mobilisant les masses charnues de la fesse. Masse saignant facilement, recouverte de membranes blanc-jaunâtre. Ganglions inguinaux. Tumeur inopérable.
On fait au malade un anus iliaque gauche définitif avec un tube de caoutchouc passé dans le mésentère. A la palpation de l’abdomen par l’ouverture opératoire, on constate la présence de très nombreux ganglions.
Deux mois après, on fait au malade des applications de radium, et on constate que la tumeur diminue. Au bout de quinze jours, le néoplasme a diminué d’un bon tiers de son volume, et, peu après, satisfait, le malade sort du service.