‹ Le Népal: étude historique d'un royaume hindouChapitre 15 sur 85 · ANC · texte numérisé non relu

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Le Népal et lei pays voitins sur la carie de rinde de Nicolas Visscher.

occupent les vallées à l'E. de Katraandu. Caor, placé eutre Lassa et Cutlu (Cuthi, Kuti), vient également des géographes antérieurs.

Peu de temps après le voyage de Grueberàtraversl'Asie,

I. B Vdezà, che rîconosce per luugo plu célèbre lekanar ». Tosi, Delte India Orientale dexcriltione... Roma, 1669, L. I, p. 45. — lekanar n'est autre que le célèbre temple de Jagannath ; Udezà, comme Vdessa, est la reproduction approximative de Udadeça. Udesxa ut trouve ici, comme il arrive fréquemment à la même époque, distingué de rOrixa, autre désignation du même pays.

le Français Tavernier prenait pour la sixième fois la route de rOrient. Joaillier du Grand-Mogol et de ses principaux officiers, déjà familier avec les langues, les mœurs, le climat de THindoustan, il pul atteindre les derniers confins deTInde orientale. Il eut Theureuse fortune de descendre le cours du Gange en compagnie d'un autre Français, également illustre, Bernier, qui ^tait depuis cinq ans engagé à la solde d'Aureng-Zeb en qualité de médecin. Le 1 3 décembre 1 665, ils étaient à Benarès ; le 20, à Patna ; le 4 janvier 1666, àRajmahal. Au cours de ce long et lent voyage, Tavernier ne négligeait pas de se renseigner sur le pays; observateur judicieux et commerçant avisé, il arrêtait de préférence son attention sur les questions d'affaires. 11 fut ainsi le premier à recueillir des détails précis et minutieux sur le commerce entre Tlnde et le Tibet par la voie du Népal. « A cinq ou six lieues au delà de Gonochepour (Gorakhpur) on entre sur les terres du Raja de Nupal qui vont jusqu'aux frontières du royaume de Boutan (Tibet). Ce prince est vassal du Grand-Mogol et lui envoyé tous les ans un éléphant pour tribut. 11 fait sa résidence dans la ville de Nupal de laquelle il prend le nom et il y a fort peu de négoce et d'argent dans son païs qui n'est que bois el de montagnes*. » Les informateurs indigènes de Tavernier n'avaient pas manqué de lui signaler comme une abomination les croyances religieuses qui distinguaient ces populations montagnardes des gens de la plaine. « Au delà du Gange, en tirant au Nord vers les montagnes de Naugrocot, il y a deux ou trois Rajas qui comme leurs peuples ne croyent ni Dieu ni diable. Leurs Bramins ont un certain livre qui contient leur créance et qui n'est rempli que de sottise, don! Fauteur qui s'appelle Baudou ne donne point de

l. Les six Voyages de Jean-Baptiste Taver?jier... A Paris, MOGXCll, 2« partie, ch. xv.

raison*. » Telle est la première notion qui parvint en Europe sur le bouddhisme népalais.

La description tracée par Tavernier du trafic entre l'Inde et le Tibet par le Népal est à la fois si pittoresque, si exacte, et si peu différente des conditions actuelles du même trafic qu'il est utile de la reproduire presque tout entière.

« Le royaume de Bouton (Tibet) est de fort grande étendue, mais nous n'avons pu encore en avoir une exacte connaissance. Voicy ce que j'en ay pu apprendre dans plusieurs voyages que j'ay faits aux Indes de quelques gens du pais qui en sortent pour trafiquer ; mais je m'en suis mieux instruit cette dernière fois que je n'avais fait auparavant, m'étant trouvé à Palna, la plus grande ville de Bengala et la plus fameuse pour le négoce, dans le temps que les marchands de Boutan y viennent pour vendre leur musc. Pendant les deux mois que j'y demeuray, je leur en achetay pour vingt-six mille roupies... et n'était les douanes qu'il faut payer des Indes jusqu'en Europe, il y aurait un grand profit sur le musc... Pour ce qui est du musc, pendant les chaleurs le marchand n'y trouve pas son compte parce qu'il devient trop sec et qu'il perd de son poids. Comme cette marchandise paye d'ordinaire vingt-cinq pour cent de douane à Go;TOcA^yjowr(Gorakhpur), dernière ville des eslats du Grand-Mogol du côté du royaume de Boutan, bien qu'il s'étende encore cinq ou six lieues plus loin, quand les marchands indiens sont en cette ville, ils vont trouver d'abord le douanier et lui disent qu'ils vont au royaume de Boutan, l'un pour acheter du musc, l'autre de

1. II)., ch. XIV, fin. — Les monts de Naugrocot sont l'Himalaya. Naugrocot, sous la forme moderne : Nagarkot, est un temple et un pèlerinage célèbre du pays de Kangra, qui est situé à l'Ouest de Simla, au Sud- Est du Cachemire. Au xvii« siècle, on étend ce nom à toute la chaîne qui sépare Tlnde du Tibet.

la rhubarbe, chacun déclarant la somme qu'il veut employer, ce que le douanier met sur son registre avec le nom du marchand. Alors les marchands au lieu de vingt-cinq pour cent que l'on devrait donner accordent à sept ou huit et prennent un certificat du douanier ou du cadi afin qu'à leur retour on ne leur demande pas davantage. S'il arrive qu'ils ne puissent obtenir du douanier une honneste composition ils prennent un autre chemin qui est véritablement bien long et bien incommode, à cause des montagnes qui sont presque toujours couvertes de neiges, et que dans le païs plat il y a de grands déserts à traverser. Il faut qu'ils aillent jusqu'à la hauteur de soixante degrez, puis qu'ils tournent vers le couchant jusques à Caboul qui est au quarantième, et c'est en cette ville-là que la caravane se sépare, une partie allant à Balch, et l'autre dans la grande Tartarie. C'est oîi ceux qui viennent de Boutan troquent leurs marchandises contre des chevaux, des mulets et des chameaux ; car il y a peu d'argent en ces païs-là. Puis ces Tartares apportent ces marchandises dans la Perse jusqu'à Ardeuil et à Tauris... Une partie des marchands qui viennent de Boutan et de Caboul va à Candahar et de là à Ispahariy et ceux-cy d'ordinaire remportent du corail en grains, de l'ambre jaune et du lapis travaillé en grains quand ils en peuvent trouver. Les autres marchands qui vont du côté de Multariy de Lahor et à'Agra remportent des toiles, de l'indigo et quantité de grains de cornaline et de crystal. Enfin ceux qui retournent par Gorrochepour et qui sont d'accord avec le douanier remportent de Patna et de Daca du corail, de l'ambre jaune, des brasselets d'écaillé de tortue et d'autres de coquilles de mer, avec quantité de pièces rondes et carrées de la grandeur de nos pièces de quinze sols qui sont aussi d'écaillé de tortue et de ces mêmes coquilles. Comme j'estois à Paina, quatre Arméniens qui avaient déjà fait un voyage au Hoyaume de Boutan venaient

de Dantzic où ils avaient fait faire quantité de figures d'ambre jaune qui représentaient toutes sortes d'animaux et de monstres qu'ils allaient porter au Roy de Boutan, qui de mesme que son peuple est grandement idolâtre, pour mettre dans ses pagodes. Où les Arméniens trouvent quelque chose à gagner, ils ne font point de scrupule de fournir de matière à Tidolâtrie et ils me dirent que s'ils avaient pu faire l'idole que le Roy leur avait recommandé ils se seraient enrichis. C'estait faire faire une teste en forme de monstre qui eût six cornes, quatre oreilles, et quatre bras avec six doigts à chaque main, le tout d'ambre jaune, mais qu'ils n'avaient pas trouvé des pièces assez grosses pour cela*. Je crus plutôt que l'argent leur avait manqué, car il ne paraissait pas qu'ils en eussent beaucoup, et d'ailleurs c'est un infâme commerce de fournir des instruments d'idolâtrie à ce pauvre peuple.

« Venons maintenant au chemin qu'il faut tenir pour se rendre de Patna au royaume de Boutan à quoy la caravane employé trois mois. Elle part d'ordinaire de Patna sur la fin de décembre et arrive le huitième jour à Gorrochepour. C'est comme j'ay dit la dernière ville de ce costé~là des estats du Grand-Mogol, et où les marchands font leurs provisions pour une partie du voyage. De Gorrochepour jusques au pied des hautes montagnes il y a encore huit ou neuf journées pendant lesquelles la caravane souffre beaucoup parce que le pais est plein de forests où il y a quantité d'éléphants sauvages, et il faut que les marchands au lieu de se reposer la nuit se tiennent sur leurs gardes en faisant de grands feux et tirant leurs mousquets pour épouvanter ces animaux. Comme l'Eléfant marche sans bruit, il surprend le monde et est auprès de la caravane

1. Tout récemment (1902), un joaillier de Paris a fabriqué un objet de culte destiné au grand-lama du Tibet et fait en corail de Naples. La pièce a été exposée au Musée Gui met.

avant qu'on s'en soit aperçu. Ce n'est pas qu'il vienne pour faire du mal à l'homme, et il se contente d'emporter les vivres dont il se peut saisir, comme un sac de ris ou de farine, ou un pot de beurre dont il y a toujours grande provision. On peut aller de Patna jusqu'au pied de ces montagnes dans les carrosses des Indes ou en Pallekis ; mais on se sert ordinairement de bœufs, de chameaux et de chevaux du païs. Ces chevaux de leur nature sont si petits que quand un homme est dessus il s'en faut de peu que ses pieds n'aillent à terre, mais d'ailleurs ils sont forts et vont tous l'amble, faisant jusqu'à vingt lieues d'une traite et ne mangeant et ne buvant que fort peu. Il y a de ces chevaux qui coûtent jusques à deux cents écus, et quand on entre dans les montagnes, on ne peut plus se servir que de cette seule voiture, et il faut quitter toutes les autres qui y seraient inutiles à cause de quantité de passages qui sont trop étroits. Les chevaux mesmes, quoy que forts et petits, ont souvent de la peine à en sortir, et c'est pour cette raison, comme je diray bien tost, qu'on a ordinairement recours à d'autres expédiens pour traverser ces hautes montagnes.

« [On traverse le « Napal », puis] la caravane estant donc arrivée au pied des hautes montagnes connues aujourd'hui sous le nom de Naugrocot et que Ton ne peut passer en moins de neuf ou dix jours, comme elles sont fort hautes et fort étroites avec de grands précipices, quantité de gens descendent de divers lieux, et la plus grande partie est de femmes et de filles qui viennent faire marché avec ceux de la caravane pour porter les hommes, les marchandises et les provisions au delà de ces montagnes. Voicy la manière dont elles s'y prennent. Ces femmes ont un bourlet sur les deux épaules, auquel est attaché un gros coussin pendant sur le dos sur lequel l'homme est assis. Elles sont trois femmes qui se relayent pour porter un homme tour à

tour, et pour ce qui est du bagaf(e et des provisions on les charge sur des boucs qui portent jusqu'à cent cinquante livres. Ceux qui veulent mener des chevaux dans ces montagnes sont souvent obligés dans des passages étroits et dangereux de les faire guinder avec des cordes ; c'est comme j'ay dit pour cette difficulté qu'on ne se sert mesme guère de chevaux dans ce païs-là. On ne leur donne à manger que le matin et le soir. Le matin on prend une livre de farine avec demi-livre de sucre noir et demi-livre de beurre, et on pétrit tout cela ensemble avec de Teau pour le donner au cheval. Le soir, il faut qu'il se contente d'un peu de poids cornus cassez et trempez demi-heure dans l'eau ; et voilà en quoy consiste toute leur nourriture en vingt-quatre heures. Ces femmes qui portent les hommes ne gagnent chacune que deux roupies en ces dix jours de traverse, et l'on en paye autant pour chaque quintal que portent les boucs ou les chèvres et pour chaque cheval que l'on veut faire mener.

a Après qu'on a passé ces montagnes on a pour voitures jusques à Boutait des bœufs, des chameaux et des chevaux, et mesme des Pallekis pour ceux qui veulent aller plus à leur aise. »

On ne sait en vérité ce qu'il convient d'admirer le plus dans cette longue notice, de l'art et de l'adresse de Tavernier à s'enquérir, de l'exactitude et de la précision de ses informations, et de sa fidélité scrupuleuse à reproduire les informations obtenues. La véracité parfois contestée du grand voyageur français sort triomphante de cette épreuve.

Le commerce français ne sut pas profiter des roules que Tavernier lui avait en partie frayées, en partie indiquées vers l'Extrême-Orienl et l'Asie centrale. Les missionnaires du Christ, plus entreprenants, et mieux dirigés, ne perdirent point de vue les régions ouvertes à la foi par le zèle du P. d'Andrada, et que le voyage du F. Grueber avait

rendues plus aisément accessibles. Le Tibet, avec ses dépendances, n'offrait pas seulement un nouveau domaine à l'activité des missions. Les notions acquises sur la religion des lamas, et qui se précisaient sans cesse par les recherches des Jésuites de Chine, représentaient le Lama de Lhasa comme une figure de FAntéchrist ; la ressemblance des rites, des pratiques, des offices s'expliquait comme une contrefaçon de l'Église catholique inspirée par le démon même. Chacun des ordres aspirait à l'honneur de remporter sur Satan une victoire difficile ; c'est aux Capucins qu'échut cette lourde charge.

En 1703 la Congrégation de la Propagande confia le Tibet aux Capucins. Sur les six religieux qui furent expédiés, deux seulement atteignirent le but: le P. Joseph d'Ascoli et le P. François Marie de Tours*. Ils débarquèrent à Chandernagoren juin 1707 et s'acheminèrent vers Lhasa. Les circonstances étaient particulièrement défavorables ; le Tibet était travaillé par des luttes intestines, des rivalités

1. A défaut d'indication spéciale, les renseignements sur la mission des Capucins au Tibet sont empruntés à l'ouvrage suivant: Missio Aposiolica thibetano-seraphicay dus ist Neue durch Pàhstlichen Gewalt in dem Grossen Thibetanischen Reich von denen P. P. Capucinern aufgerichtete Mission und ûber solche von R. P. Francisco Horatio délia Penna prœfecto missionis dev heil. Congrégation de Propaganda Fido anno 1738 beschehene Vorstellung von Rev"'^ et Illust^° D. P. Philippo de Montibus damahligen S. Congregat. Secretario in Rom zum off'entlichen Druck beforderet... ans dem Welschen in das Teutsche und dise Geschichts-Form, ilbersetzt. Miinchen, 1740. — Je dois la communication de ce volume très rare à l'obligeance amicale de M. Gordier, professeur à l'Ecole des Langues Orientales. — Le texte allemand est la traduction d'un original italien qui a pour titre: Alla sagra Congregazione de Propaganda Fide, deputata sop7*a la missione del Gran Thibet, rapprezentanza de' Padri Capuccini 7nissionari, dello stato présente délia medesima e de' provedimenti per m,antenerla ed accrescerla, 1738, gr. in-4, s. I. ni nom d'imprimeur ni d'éditeur. — Mon ami, M. Félix Mathieu, a bien voulu examiner pour moi l'exemplaire de cet ouvrage qui se trouve à Grenoble, Bibl. de la ville, G 1491 (Gâtai., 2* vol., n" 20438) et constater l'accord des deux rédactions sur les points qui m'intéressent.

LES DOCUMENTS EUROPÉENS 9î)

religieuses et des compétitions politiques. Un régent ambitieux, installé à côté du Grand-Lama, avait confisqué le pouvoir ; menacé par les empereurs mandchous et par les chefs des hordes mongoles, qui tous entendaient mettre au service de leurs intérêts particuliers la puissance spirituelle du Grand-Lama, il les avait tous subtilement joués, et longtemps il avait réussi à lancer ses adversaires les uns sur les autres. Cependant, en 1706, La-tsan Khan, chef de lahorde mongole des Khoskhotes, s'empara par une attaque soudaine de Lhasa, tua l'usurpateur, et fit élire un nouveau Grand-Lama pour remplacer celui que le régent avait imposé et qu'il refusait de reconnaître. Mais le protégé du vainqueur se heurta aux résistances d'une partie de TÉgUse ; le Lama dépossédé vit se grouper autour de lui les adversaires des Khoskhotes, et des Chinois leurs alliés. Le pays fut bouleversé ; à Lhasa, la vie était si précaire que les deux Capucins durent quitter la ville, où les vivres manquaient, et retourner dans Tlnde. Ils passèrent à Patna, et de là au Bengale. Isolés, réduits à l'impuissance, ils adressèrent à Rome un appel de secours, en 1 71 2. La Propagande décida d'affecter douze religieux à la mission tibétaine, avec une allocation annuelle de 1 000 écus, et de leur attribuer cinq paroisses: « Chandernagor au Bengale, Paf/inaen Béhar, NeApaly capitale du royaume ainsi nommé, Lhasa, et Trogn-gne en Tak-po. » Chaque paroisse recevait deux capucins, sauf Lhasa qui en recevait quatre. Les prêtres désignés pour prêcher l'Évangile « à Katmandù, dans le royaume de Nekpal », étaientlc P. François Félix deMoro et le P. Antoine Marie de Jesi. Des six Pères destinés au Tibet, un, le P. Grégoire de Pedona, mourut en chemin à Katmandou. Les cinq autres étaient : le P. Dominique de Fano, préfet de la mission; le P. Joseph d'Ascoli, le P. François Marie de Tours, le P. François Horace de Penna, le P. Jean François de Fossenbrun.

Les Capucins, à peine installés, eurent à lutter contre des rivaux'. Deux Jésuites, le P. Desideri et le P. Freyre, gagnaient Lhasa en 1 715-1716 par le Ladakh et la passe de Mariam-la. La pieuse éaiulation des deux ordres ne profita guère à la foi. Jésuites et Capucins se targuent à Tenvi d'être accueillis en amis et se promettent à brève échéance de splendides triomphes ; en fait leur zèle se brisait devant rindifférence rieuse des Tibétains. Après de longs et rudes efforts, ils n'avaient converti qu'un petit nombre de Népalais, établis à Lhasa pour y faire le commerce ^ Les Capucins s'en prirent aux Jésuites de leur échec, réclamèrent à Rome. Les Jésuites, à la suite des affaires de Chine, étaient alors mal en cour. Desideri reçut en 1721 un ordre de rappel. Il prit pour redescendre dans Tlude le chemin du Népal, que les Capucins lui avaient enseigné, passa par Katmandou et Bhatgaon, visita longuement Tlnde et rentra dans sa patrie en 1727 l Débarrassés de leurs concurrents, les Capucins n'en continuèrent pas moins h végéter misérablement ; le pouvoir temporel leur refusait, même le

1. Plusieurs des dates que j'indique diffèrent de celles que donne M. Markham dans l'excellente introduction de son volume sur le Tibet. D'après M. Markham, Desideri serait resté à Lhasa jusqu'en 1729. C'est certainement une erreur, car l'extrait de son journal, cité par M. de Gubernatis (Gli Scritti del Padre Marco della Tomba, p. xvni, note) marque qu'il partit de Katmandou, en revenant du Tibet pour rentrer définitivement dans l'Inde, le 14 janvier 1722, ce qui concorde bien avec toutes les autres données (V. Carlo Puini, dans Bolletino italiano degli sludi orientait, 1876, p. 33). — D'autre part, M. Markham place l'arrivée du P. Horace de Penna et de ses compagnons à Lhasa en 1719, parla voie du Népal. J'ignore d'où cette date est tirée ; mais je constate que l'épitaphe d'Horace de Penna porte qu'il mourut en 1747, « après 33 ans de séjour en ces contrées »; ce qui fixe son arrivée à 1714. De même la Missio Apostolica... mentionne le retour du même Père à Rome en 1738, après vingt-quatre ans de pratique apostolique, ce qui ramène au même point de départ: 1714. Enfin d'après le même ouvrage, l'hospice de Katmandou avait été fondé parles Capucins en 1715.

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