Relazione del principio... y etc
La mission de Baf lia fut, en effet, fondée en 1 743 etconfiée au V, Joseph Marie di Bernini da Garignano, qui la dirigea jusqu'à sa mort, en 1761 \ La nouvelle mission allait bientôt servir de refuge à ses aînées. En 1745 " les Chinois
1. Les faits qui en amenèrent la fondation sont racontés en détail par le P. Marco délia Tomba. V. Gll Scrltti del Padre Marco della Tomba, missionario nelle Indie Orientali, raccolti ordinati ed llluslrail sopra gli aulografi del Museo Borgiano da Angelo de Guberxatis. Firenze, 1878, p. 14 sqq. — Sur le chef de la mission, v. l'ouvrage du P. Cassien que j'ai déjà cité sous le titre abrégé de Mernorie isloriche. Le litre plein est : Memorle isloriche délie Virlùy Vitiggj, e faliche del P. Giuseppe Maria de* Bernini da Gargnano, Cappuccino della provincia di Brescia e Vice-prefetlo délie missioni del Thibet, scritte ad un amico dal P. (I^ssiano da Macerata, slalo suo compagno e data alla luce con una Pvefazione... del P. Silvio da Brescia del medesimo ordine. In Verona. MDCCLXVii, xxxi et 277 pages. C'est également à l'extrême obligeance de M. Cordier que je dois la communication de cet ouvrage si difficile à trouver. — Le P. Giuseppe-Maria da Gargnano était arrivé dans l'Inde avec le P. (Cassien en 1739. 11 résida six mois au Népal, au cours de l'année 1745, en descendant du Tibet, mais sans apprendre la langue indigène. 11 mourut à Bettia le 17 janvier 1761. C'est le P. Marco della Tomba qui lui ferma les yeux. Le P. da Gargnano avait désiré traduire les quatre « Bed » (Védas), mais il ne put se les procui*er. Il traduisit doncl'Adi adnià Hamahen (Adhyâtma Ràmàyana), le Lhalecc (? qui décrit la huitième incarnation de Visenù) ; le Visenù Purana(Visnu Puràna), et le Ghian Sagher (Jnàna Sàgara).
2. Le P. (ÎASSiEN (Relazione inedila) donne des dates précises : le 13 août 17V2, en présence des mauvaises dispositions du roi du Tibet, le Préfet de la mission se décide à renvoyer quelques Pères; trois missionnaires, avec le P. Cassien, retournèrent au Népal. De nouvelles exigences obligèrent le reste de la mission à quitter Lhasa le 20 avril 1745 ; les voyageurs atteignirent Patan le 4 juin 1745. Le P. Cassien répète les mêmes dates dans ses Memorie Istoric/te, p. 43. — Marco della Tomba donne une date très légèrement différente : « Prima avevamo un ospizio apertu in Lassa, dopo il 1744 non l'abbianio piu. Nell' anno dunque sopradetto il Re del Gran Tibet, vicino alla sua morte, voile rimettere la corona al primo de' suoi figli, etc. » En dehors de la date, tous les détails rapportés par della Tomba sont parfaitement exacts. Le roi dont il s'agit est P'o-lo-nai, nommé aussi Mi-Wang, qui mourut en 1746, et qui eut en effet pour héritier son second fils à défaut de l'ainé qui s'était récusé comme le raconte della Tomba. D'après M. Markham {loc. laud., p. Lxvi) les Capucins furent expulsés de Lhasa, « in about 1760 ». (Cependant la Relation de Bogle, éditée par M. Markham lui-même, rapporte que le Teshu Lama, dans une conversation avec Bogie en avril 1775 : a lold that the missionaries were expelled Tibet about forty years ago, ou account of some disputes with the fakirs. » (p. 167). 11 est vrai que
inslallés en maîtres à Lhasa après avoir écrasé le soulèvement de 1736 inauguraient leur politique d'exclusion systématique àTégard de tous les étrangers. Les missionnaires durent se retirer au Népal, et la route de Lhasa à Katmandou par Kuti vit passer pour la dernière fois des Européens. Les voyageurs de cette triste caravane étaient le P. Horace, préfet de la mission, le P. Tranquillo d'Apecchio \ le P. da Gargnano (qui avait temporairement quitté Bettia), et le F. Paolo de Florence ^ On ne permit pas même aux malheureux Pères d'emmener avec eux les indigènes qu'ils avaient convertis. Aussitôt après leur départ, leur maison fut démolie de fond en comble. Le vénérable P. Horace de Penna, qui était depuis tant d'années l'âme de la mission tibétaine, vécut assez pour assister à l'avortement douloureux de ses pieux et patients efforts. Sorti de Lhasa malade et déjà moribond, transporté à dos d'homme, et souvent par ses compagnons mêmes, au travers des montagnes, il arriva le 4 juin au Népal, et quarante-cinq jours après ^ il expira à Patan, le 20 juillet 1745, à l'âge de
les Capucins durent tenter plus d'un effort pour rentrer au Tibet. Georgi (p. 44i) semble l'impliquer clairement: « Kal. novembris i754, quo anno Lhasam adibant Pater Cassianus aliique missionarii ex ordine Capuccinorum... »
1. Le P. Tranquillo avait rédigé un itinéraire du Népal et du Tibet que Marco délia Tomba a utilisé (« P. Tranquillo cbe molto a percorse quelle parti da Népal al Tibet... », p. 55). Après son expulsion de Lbasa, il resta dix-huit ans au Népal, et ne quitta ce pays qu'en 1763 pour rentrer en Europe (Marco della Tomba, p. 19).