XX. JVLXX MDCCXLVIX
SVPERSTXTES MXSSIONARXS
Sambac 96f. Akhi $• badi 6. Agan
Caikanha Padti Pbrancefco Vocaclo
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Dajainhaii Pbsînghi
Tttoi barc kabnufa fiijii fuoidatd Bh iabjaBihan
Pacmeluor ja Marg bakhalha
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danlî Helà Des (ciû.
Épitaphe du P. Horace de Penna (d'après VAlphahelum Tihelanum).
situé en dehors des murs de la ville, au Nord, et qui a com-
lieu de : âsâ^8. La lettre dha a pu très facilement être prise pour le chiffre 8 qui lui ressemble beaucoup dans récriture devanàgari du Népal. La date doit alors être traduite : An 865, mois âsâdha, 6« tithi de la quin-
plètemeut disparu sans laisser même un souvenir local. Les Pères de la Mission firent graver sur sa tombe une double épitaphe, en latin et en névare; le brahmane Bâlagovinda, qui était attaché h la mission comme professeur de langue indigène, rédigea l'inscription névari. V Alphabetiim Tihetanum reproduit une copie de ce double texte, digne de figurer au premier rang des curiosités du Corpus népalais. Malgré leur prédilection pour Patan, les Pères n'y avaient pas encore obtenu le droit de propriété quand le P. Horace y mourut. A Katmandou*, ils occupaient depuis 1742 « un beau jardin et un immeuble grand comme quatre maisons moyennes, avec une cour centrale ». La charte de concession rédigée en névari, mais toute farcie de sanscrit, vaut d'être reproduite ici pour son intérêt particulier et
zaine noire. Or le mois d'âsàdba répond en gros à juillet. L'indication du mois concorde bien de part et d'autre. Mais Samvat 865 du Népal ne peut pas correspondre à l'an MDCCXLVll ; il y a là une contradiction formelle; 865 écoulé (les années, en ère népalaise, étant régulièrement comptées comme telles^ répond à l'année comprise entre octobre 1744 et octobre 1745 ; àsàdha 865 répond, en gros, à juillet 1745. L'erreur, a priori^ semble plutôt imputable au texte latin qu'au texte névari, car le copiste était plus apte à modifier les signes qui lui étaient le plus familiers; mais nous pouvons atteindre ici mieux qu'une probabilité. Le texte latin dit formellement que le P. Horace était né en 1680 (MDCLXXX natus) et qu'il mourut dans le cours de sa 65» année (LXV an. agens) ; 65 ans ajoutés à 1680 font 1745 de J.-C. Il n'est donc pas douteux qu'il faut lire MDCCXLV au lieu de MDCCXLVll. — Au reste le P. Cassien (Relazione inediia et Memorie Istorichc) donne comme date le 20 juillet 1745. Cependant cette date du 20 juillet soulève elle aussi une difficulté; en 1745, le 20 juillet correspond à samedi, 3« tithi de la quinzaine claire du mois de çràvana, tandis que le 6 âsàdha badi répond au 8 juillet. 1. D'après le récit du P. Cassien (Memorie Istoriche, p. 20), le roi de Katmandou avait sollicité l'établissement d'un « hospice » quand le P. Joachim da Santa Naloglia avait traversé la ville en descendant de Lhasa pour porter au Saint- Père une réponse du roi et du Grand-Lama. « Le P. Joachim n'osa pas refuser, par crainte d'exposer à des périls certains les missionnaires du Tibet, car les Pères de la mission devaient passer par le Népal, comme aussi le vin nécessaire à la messe, et bien d'autres choses indispensables. 11 assigna donc cet hospice au P. Innocent d'Ascoli; et le roi du pays donna aux Pères une maison, un puits, et un jardin, et il fit graver sa donation sur cuivre pour la rendre irrévocable. »
aussi comme un excellent spécimen de la précision méticuleuse réalisée par les arpenteurs népalais :
(( Salut ! Le roi Jaya PrakâçaMalla — sa tête est poussiéreuse du pollen des lotus qui sont les pieds du divin Paçupati ; la sainte Mâneçvarî, sa divinité favorite, lui a octroyé la faveur de ses grâces qui portent au plus haut point de splendeur sa dignité ; il descend de la race de Râma ; il est le grain de beauté de la dynastie solaire ; il porte Hanumat comme étendard ; il est souverain du Népal, roi suzerain des grands rois, empereur et triomphateur — consent à assigner pour rétablissement des Pâdris Kâpûcinis (Capucins) un beau jardin situé dans le Çromtu Toi, à Sithali, dans un endroit inoccupé, et de plus une maison quadrangulaire à deux étages. Les limites du terrain sont Ouest de la maison de Jaya Dharma Simha, Sud des maisons de Dhumju et de Çûryadhana et de Pûrneçvara, Est et Nord du grand chemin. Et voici Tétendue du terrain assigné: pour la maison elle-même, la mesure fixée pour quatre maisons plus 16 coudées 7 doigts en largeur, et pour la couràrintérieur de la maison, trois quarts du terrain régulier d'une maison, plus 12 coudées et demie, sans compter un chemin d'accès, privé, qui mesure les trois quarts d'un terrain de maison en superficie, plus 22 coudées. Pour le jardin, la superficie allouée équivaut h celle de 13 maisons trois quarts, plus 3 coudées et 4 doigts de largeur. Telles sont les limites. Etait témoin Râjya Prakâça Malla Deva, Tan 862, mois mârgaçira, quinzaine claire, 10* jour. »
C'est seulement douze ans plus tard, en 1754, que les Pères purent obtenir la même faveur à Patan, sous le règne éphémère du malheureux Hâjya Prakâça Malla, qui avait justement servi de témoin dans l'acte précédent. Par une charte datée de Tan 874, au mois de caitra, rédigée par l'astrologue Kotirâja, avec (faudra çekhara Malla Thâkura comme témoin, le roi Hàjya Prakâça (aux mêmes titres que
ci-dessus) « donne pour rétablissement des Pâdris Kâpûcinis un beau jardin situé dans un terrain libre en dehors et au-dessus de la fontaine de Tânigra Toi, et aussi une maison quadrangulaire de quatre étages. Les limites sont: Ouest de la Route du char (de Matsyendra Nâtha), Nord du chemin de Tava Bahâl, Est du terrain du Kâyastha Kaciingla, Sud de la maison et du terrain d'Amvarasim Bâbû. En tout, pour la maison, la superficie régulière de 6 maisons plus 38 coudées carrées, et pour le jardin la superficie de 14 maisons plus 21 coudées* ».
I . C*est Hodgson qui a découvert ces deux chartes chez le D' Hartmann, évéque catholique de Patna, et qui les a publiées dans le Journ. ofthe Bengal As. Soc. XVU, 1848, p. 228. Comme ce volume est assez difficile à trouver, on me saura peut-être gré de reproduire ici le texte des deux chartes, tel quMl est donné par Hodgson.
L — Svasti çrïmat Paçupati carapa kamala dholi dhûsarita çiroruha çrîraan Mâneçvarîstadevatâvara labdhaprasâda dedivyamâna mânonnata çrl Raghu vaipçâvatâra ravikulatilaka Hanumaddhvaja Nepâleçvara mahârâjâdhirâjarâjendra sakalarâjacakrâdhiçvaranijestadevadeveçvarlkrpâkatâksabalitavikramopârjita pâlanakarasamudbhQta gajendrapati çrl çrï çn jaya Jaya Prakâça Malla deva parama bhattàrakânâip samaravijayinâip pramûthâkulasana vanarayata sacodaip Pâdri kâpQcini âkràktatrocibane nâma prasâdikrtatp çrotptutolasithalilanattàjâbagrhanâma satpjf^akam Jayadharma sitphayâgahanapaçcimatab Dhutpju Çûryadhana Pûrneçvarathva patisyahnasyâgrhana daksinatab màrganr pQrva uttaratali etesâiTi madhye thvatecâtrâghàtanadusaptârpgulisârdhasodaçahastâdhika catub khàparimitaiTi cûkâpàtàla sârdhadvàdaçahastâdhikatripàdaparamita lavopâtâla dvâvitpçati hastâdhika tripâdaparimita puspavâtikâ caturamguli trihastatripâdâdhika trayodaçakhâparimitat]i atpkato vicchakâ 4 ku i6 atpgula 7 cûkapâtâla cQla 3 ku 12 lavopâtâla cOla 3 ku 22 kavakhâ 13 cûla 3 ku 3 aipgu 4 tuthiso* vogulo II prattaita çrTçrï navakasTsaprasannajuyâtatra patrârthe drstasâksi çrl çrï Râjya Prakâça Malla Deva Saipvat 862 mârgaçira çudî 10 çubham | .
II. — Svasti (Protocole comme ci-dessus jusqu'à) Hanumaddhvaja Nepâleçvara sakala râjacakrâdhlçvara mahârâjâdhirâja çrï çrl jaya Râja Prakâça Malla Deva paramabhattârakânâip sadâ samara vijayinâm | pramûthakurasana banarayata sacodatp Pâdri kâpQcini çvâkrâkvatpgre gochibane nâmne prasâdlkftaip Tânigratola Iti phusacâkalatpcautâjâvagrhasatpjfiakatp rathamârgana paçciraatali tabavâhâra one mârgana uttaratab kaciipgla kâyaçtyayâ bhQmyâ pQrvatab amvarasiip vâvuyâ grhabhOmyâ daksinatab etesâtp madhye thvate câtrâ ghâtana du astatritpsahastâdhika sasthikhâparimitaip puspavâtikâ ekaviipçati hastâdhikacaturdaçakhâparimitam | aipkato pi chekhâsu 6 kusuyacmâ 38 kevakhâçlaram api 14 kun'iyâche 21 bâte yulo | pratîtaçrîçrînavakaslsaprasanaajuyS atra patrârthe drstasâksi çrT Candra Çekhara Malla Thâkura saip 874 caitra badi daivajfia kotirâjena likhitaip | çubham | .
La fortune semblait sourire aux Capucins ; la catastrophe cependant était prochaine. La révolution politique de 1768 qui renversa les petites dynasties des trois capitales et qui fît passer le pouvoir aux mains desGourkhas entraîna pour la mission népalaise les mêmes conséquences que la révolution du Tibet pour la mission de Lhasa, par l'application du même système de politique. Quand le roi des Gourkhas Prithi Narayan vint mettre le siège devant Katmandou, les Pères de la Mission étaient : le P. Séraphin de Côme, le P. Michel-Ange de Tabiago, le P. Jean-Albert de Massa et le P. Joseph de Rovato *. Ils avaient déjà dû évacuer Patan, où leur maison était trop exposée au feu des assiégeants *. Réfugiés à Katmandou, les Pères et leurs chrétiens n'y eurent pointa souffrir des rigueurs d'un blocus rigoureux ; Prithi Narayan leur permit de faire entrer dans la ville les subsistances nécessaires à leur entretien; il récompensait par ce privilège les services médicaux rendus par les missionnaires. Le P. Michel-Ange avait réussi à guérir le frère même de Prithi Narayan, Surûparatna, d'une blessure reçue à l'assaut de Kirtipur' ; ce Père était en outre lié d'amitié avec un fils de Prithi Narayan*. Il avait essayé, mais sans succès, d'intervenir en faveur des habitants de Kirtipur, quand le farouche conquérant eut donné l'ordre de couper le nez et les lèvres h toute la population de la ville, sans distinction d'âge ni de sexe ; il dut se borner, avec ses confrères, à soigner les lamentables victimes de cette vengeance barbare.
L'intervention des Anglais dans les affaires du Népal, l'envoi d'une colonne sous les ordres du major Kinloch changèrent les dispositions du roi Gourkha à l'égard des