‹ Le Népal: étude historique d'un royaume hindouChapitre 20 sur 85 · Della Tomba, p · texte numérisé non relu

Della Tomba, p

missionnaires ; il confondit dans la môme suspicion tous les Européens, commença par intercepter les lettres destinées aux Pères *, et quand il fut devenu le maître du Népal tout entier, en 1769, il enjoignit aux Capucins de quitter le pays avec leurs convertis. Ce suprême exode conduisit les derniers débris de la mission tibétaine à Bettia, par delà le Téraï, sur le seuil de l'Hindoustan. La montagne se fermait à jamais derrière eux ^ Après tant d'efforts poursuivis pendant soixante ans, les pasteurs ne ramenaient qu'un nombre dérisoire d'ouailles. Le capitaine Alexandre Rose qui visita la mission de Bettia vers le milieu de Tannée 1 769 , y trouva le préfet de la mission entouré a de deux misérables familles qu'il appelait ses convertis ' ».

Pour soixante ans de prédications, de dépenses, de voyages entre Rome et l'Himalaya, le résultat était au moins médiocre. La science n'y avait pas gagné beaucoup plus que la religion. Les Capucins avaient trouvé sous la dynastie des Mallas une situation exceptionnellement favorable, la route de Lhasa ouverte, le Népal accueillant, le bouddhisme florissant, le pays prospère, la science et l'art en honneur, les lettres en faveur. Tant d'avantages demeurèrent pourtant stériles. Pour mesurer ce que coûte à la science l'impéritie ou l'incurie des Capucins, qu'on se rappelle les circonstances où, vers 1820, l'Anglais Hodgson

Page 1