GliScritti, p
3. L'auteur de la Description dit qu'il a fait à Patan « un séjour d'environ quatre ans » et que « Delmerden Sâh » gouvernait la ville quand il arriva au Népal. Dala Mardana Sâh règne à Patan de 1761 à 1765 : or le P. Marc (Gli Scritti, p. 19) nous apprend que, en décembre 1763, le P. Michel-Ange partit de Bettia pour le Népal avec le Père Préfet (P. Tranquillo d'Apecchio?) et le P. Joseph de Rovato. La mission dut évacuer Patan pendant le siège de cette ville pour se retirer à Katmandou au cours de l'année 1767 (avant l'intervention désastreuse du capitaine Kinloch, octobre-décembre 1767). Le nombre des années écoulées correspond bien au temps indiqué par l'auteur de la Description, Les « douze années de séjour » mentionnées par le capitaine
quatre missionnaires qui assistèrent au désastre final et ramenèrent dans linde les débris de lamission. LeP. Joseph n'était pas homme à s'intéresser aux antiquités du pays; il n'entendait pas pactiser avec le démon. Le capitaine Rose en a tracé un portrait cruel : « Je rencontrai par hasard les quelques missionnaires italiens qu'on avait récemment chassés du Népal ; je me flattais d'en tirer des renseignements utiles ; je fus bien déçu. Leur préfet, qui semblait être le plus intelligent, ne put pas me donner la moindre information sur une localité ou un objet situés en dehors de la ville où il demeurait. Et pourtant il y avait douze ans qu'il vivait dans le pays ! Mais, pour me montrer son zèle missionnaire, il me raconta qu'il avait brûlé 3 000 manuscrits pendant son séjour là-bas \ » C'est une heureuse fortune que le pauvre Capucin n'ait pas eu l'occasion d'exercer plus longtemps sur les collections népalaises ses pieux ravages. La rencontre du P. Joseph et du capitaine Rose, sur ce coin de terre perdu, opposait dans un épisode piquant les deux tendances du xviu* siècle. Rose représentait l'Encyclopédie et annonçait la génération, déjà prochaine, des premiers indianistes. Chargé d'un relevé topographique du Téraï, il avait aussitôt cherché à arracher au passé encore mystérieux de l'Inde une part de son secret. « J'ai trouvé chez les montagnards, mandait-il à un ami, divers manuscrits, entre autres une histoire vieille de 3 000 ans. Je suis convaincu que pour arriver à la véritable histoire ancienne de ce pays, il faut résolument s'adresser aux livres qui sont écrits dans la langue du pays. Je m'efiTorce en ce moment de m'en faire traduire plusieurs. » Le P. Joseph aurait condamné ces paroles, mais William Jones les eût volontiers contresignées.
Rose comprennent probablement le temps passé par le P. Joseph de Rovato à Bettia.