Mph. Tibet. i25-'i3'i
et un mois après cinq autres. Elalorsces 12 hommes seuls firent une sortie de nuit, tombèrent sur les postes des Musulmans, tuèrent mille personnes ; les autres se précipitèrent par les roches, tant que l'armée de Casmalican perdit cette nuit-là 6000 personnes, des plus braves, et fut obligée de se retirer le jour après, sans que ces gens leur fissent aucun mal : ils leur avaient promis que s'ils sortaient des montagnes dans le délai de trois jours ils ne les molesteraient pas, mais que s'ils tardaient davantage, personne ne sortirait, car ils fermeraient les passes et les massacreraient tous.
(( De Bettia au Népal, le chemin est de huit journées. [Le P. Marc décrit en détail les dangers de la malaria qui rend la traversée du Téraï impossible de la mi-mars à la minovembre.] h'Elondà, qui consiste en quelques pailloftes pour la garde dudit lieu et d'où commence le royaume de Népal, en poursuivant le voyage il n'y a pas d'autre chemin que par le lit d'un ruisseau qui vient du Nord et s'écoule vers rOccident ; ce ruisseau, ou plutôt ce fossé, qui se creuse entre des escarpements très élevés, roule deux pieds d'eau en saison sèche ; aux autres saisons il est impraticable. Il est rempli de rocs et de grosses pierres qui s'éboulent journellement d'en haut; l'eau est très rapide. Il faut passer une journée entière dans ce lit de ruisseau en le passant et le repassant trente-cinq fois. Au bout du ruisseau, on monte une montagne vers le milieu de laquelle se trouve le premier lieu du Népal, appelé Bimpedi, et à la cime dudit mont se trouve un autre fort appelé Sisapani où se trouve une eau très limpide et froide, que les gens appellent « eau de plomb » ; puis montant et descendant pendant deux jours on arrive au dernier lieu des montagnes, nommées Tamhacani (mines de cuivre considérables), lieu fort difficile à passer et bien fortifié pour observer attentivement les voyageurs ; la situation en est
telle que dix hommes peuvent facilement en repousser 20 000 avec des pierres seulement. En passant encore d'autres petites montagnes bien couvertes d'arbres, on découvre la vallée du Népal*. »
La route de THindoustan au Népal a, depuis le temps des Capucins, été parcourue assez fréquemment par des Européens ; la route du Népal au Tibet est demeurée, au contraire, obstinément fermée aux Européens depuis le passage des missionnaires. Les informations qu'ils ont laissées sur cette partie du chemin sont donc particulièrement précieuses et méritent d'être recueillies avec soin. C'est la compilation de Georgi qui en a préservé l'essentiel * ; les détails empruntés par le P. Marc au Journal du P. Tranquille n'ont qu'un médiocre intérêt.
De Katmandù à Sankù, XII Mille Pas. Tous ceux qui veulent aller de l'Hindoustan au Tibet doivent nécessairement passer par Sankù. [« Aussi Sankù est la pomme de discorde entre les rois du Népal », dit le P. Cassien.] De Sankù à Langur (une ferme) VIII M. P. Le chemin, orienté vers le N.-E., est très difficile ; il faut passer la rivière de Koskà en bateau [évidemment la Malamcha ou Indra vati, la plus occidentale des sept Kusis ; Koskà est peut-être Kuçika ou Kauçika]. De Langur à Sipa (une ferme), XVIII M. P. ; d'où à Ciopra (une ferme) XVIII M. P. [Ciopra est certainement une erreur d'écriture pour Ciotra, c'est-à-dire Chautara ou Chaulariya, première étape après Sipa] ; on passe la rivière de Kiizhik [Miangdia Kola de la carte de Kirkpatrick] et on arrive au bangalow de Nogliakot, XX M. P. ; on y voit beaucoup de caityas, beaucoup de pierres