Vatnçdv.y 209 et
Le trafic devint si actif que vers 1650 le pieux Siddhi Narasimha Malla, roi de Patan, se préoccupa d'assurer par un règlement spécial la purification des marchands indigènes qui revenaient du Tibet souillés par un voyage hors des pays orthodoxes et par le contact d'une
^^vT^
iu««»-«*
K^HU^HBl^' i^^^i^ ^S^^^^^
ft^^
rW "îj • ;
EHlI^ ^
Stûpa de Svayambbû Nâtba. Entrée de la lerrasie.
race que les brahmanes déclaraient impure'- Le .Népal devint le monnayeur du Tibet : Maheiidra Malla, roi de Katmandou, avait obtenu des Mogols de Delhi (vers 1 550- 1560)raulorisatioD de battre monnaie enargonl ; les pièces frappées à son effigie ou copiées sur ce type devinrent,
SOUS le nom de Mahendra-mallî , la seule monnaie en cours au Tibet. Le Népal échangeai t sa monnaie contre des espèces brutes, et y gagnait gros. Le dernier roi de Bhatgaon, Ranajita Malla, « qui était prudent et entendu, envoyait à Lhasa de grandes quantités d'argent monnayé, et recevait en échange de grandes quantités d'or et d'argent * ». Tenté par Tappât d'un gain facile, il ne craignit pas d'altérer le titre de ses monnaies.
La conquête du Népal par les Gourkhas (1765-1768) interrompit tout à coup ce commerce lucratif. Les nouveaux maîtres du royaume se méfiaient de leurs sujets autant que des étrangers ; il leur fallait rester sous les armes, et les ressources naturelles du pays ne suffisaient pas à entretenir une multitude de soldats. Prilhi Narayan établit des taxes écrasantes sur les transactions ; sous les prétextes les plus frivoles, les marchands étaient frappés de lourdes amendes. Les religieux errants {Gosâins) qui colportaient les marchandises entre FHindoustan et le Tibet furent chassés du royaume ; les plus gros trafiquants du Népal s'empressèrent de chercher ailleurs une patriejplus accommodante. Il ne restait plus en 1774 au Népal, pour commercer avec le Tibet, que deux maisons tenues par des Cachemiriens ; pour les empêcher de déserter à leur tour, le roi Gourkha ne les laissait sortir du pays que sous caution. Les rares marchands qui osèrent se risquer désormais au Népal en pâtirent : Pritlii Narayan leur fit couper les oreilles ; puis, il les expulsa. Le Teshu-Lama de Ta-chiloun-po, le second du Dalai-Lama, pouvait écrire au roi du Népal : « Tous les marchands, Hindous aussi bien que Musulmans, ont peur de toi ; personne ne veut entrer dans ton pays ». On chercha d'autres voies entre l'Inde et le Tibet ; on en revint à la route du Sikkim, que le commerce