‹ Le Népal: étude historique d'un royaume hindouChapitre 40 sur 85 · V. sup., p. 172, note · texte numérisé non relu

V. sup., p. 172, note

4. M. H ockhi il rapproche à tort cette désignation du nom de « Parbatiya », et le nom de Pie-pang du nom de la ville de Patan.

atteindre » [Cheng-oii ki). Il est situé au Sud-Ouest du Tibet et touche par le Sud-Ouest aux cinq Indes. Il est à deux mois de route de Lhasa ; la frontière passe par Ni-lam (Kuti) et par le pont de fer de KiAong (Kirong), lequel est à sept ou huit jours de marche de la capitale Gourkha. La longueur du royaume, de TEsl à TOuest, est de plusieurs centaines de lieues; sa largeur, du Nord au Sud, est de cent lieues environ. La population s'élève à cinquantequatre mille familles. Jadis il portait le nom de Pa-le-pou^ et il était divisé en trois tribus: Ye-leng, Pou-yen, Kou- [kou-] mou\ mais les Gourkhas ont réuni toutes les tribus sous leur autorité. La capitale s'appelle Kia-te-man-tou (*P ^ 5 IP) ou Yang-pou (p^ %),

Il y a dans cette contrée des empreintes du Bouddha ; aussi les habitants du Tong-kou-to (Tangut) y vont chaque année visiter les pagodes. Les gens y sont d'un naturel intraitable. Ils se rasent la tête, et tressent leur chevelure d'une tempe à Tautre en une petite queue. Ils ont des barbes courtes comme les Mahomélans de Si-ning. Ils tracent avec de l'argile blanche deux traits verticaux sur leur front et font un cercle rouge entre leurs sourcils {tilaka). Ils ont aussi des pendants d'oreille de perles ou d'or. Ils portent des turbans de coton, blancs s'ils sont pauvres, rouges s'ils sont riches ; leur tunique est bleu sombre ou blanche, avec des manches étroites ; ils mettent des ceintures de coton et des chaussures de cuir en pointe. Ils ont toujours sur eux un petit couteau dans une gaine (kiikri), en forme de corne de bœuf. Les soldats marchent nu-pieds ; ils fixent d'avance un jour (propice) pour se rencontrer avec leurs ennemis; nos soldats, qui n'agissaient pas ainsi, tombaient toujours sur eux à l'improviste. Les femmes laissent pousser leur chevelure, vont pieds nus, portent des anneaux d'or et d'argent au nez. Elles se peignent, se baignent, et sont fort propres. Les chemins dans

le pays sont si étroits que trois personnes peuvent difficilement y cheminer de front. Le roi envoie tous les cinq ans un tribut qui consiste en éléphants, chevaux, paons, lapis, ivoire, cornes de rhinocéros, plumes de paon et autres objets indéterminés.

Les Annales énuméreront à la suite de cette description les ambassades qui ont paru à la Cour depuis 1 732 (ambassade des trois Khans) ; 1 790 (Ran Bahâdur demande et reçoit l'investiture); 1793 (un envoyé du nom de Ma-moii-sa-yeh apporte le tribut après la conclusion de la paix); 1799 (Ran Bahâdur demande et obtient le rang royal pour son fils Gîrvân Yuddha Vikram Sâh) ; 1813 (tribut de Gîrvân) ; 1818 (tribut de Surendra Vikram Sâh, à qui l'empereur envoie « un aimable message » en 1821) ; 1822 (Bhîm Sen ïhâpâ annonce sa régence); 1837 (le tribut, adressé de la part de la Rânî, est refusé comme venant d'une femme) , etc. \

1. M. l.MBAULT-HuART (v. sup.^ p. 186, nolc 2) a étudié, à Taide des rapports et mémoires de Meng Pao, l'ambassade népalaise de 18'i2. EUe se place au moment où l'Angleterre venait de faire la guerre à la Chine. C'est à la fois un spécimen excellent du cérémonial de Tambassade, du style des placets adressés par le vassal au suzerain, comme aussi des manœuvres ordinaires aux Gourkhas. J'en reproduis ici les documents essentiels. On trouvera de plus, dans l'excellent article de M. Imbaultlluart, une pétition adressée en IS'iO parle roi Vikram Sâh: sur le faux bruit que les Anglais auraient été battus, il offre de partir en guerre contre eux. Les commissaires impériaux du Tibet jouent au plus rusé : ils refusent officiellement la pétition comme inutile, mais ils la communiquent officieusement à Pékin. Le conseil impérial ne se laisse pas prendre aux avances intéressées du Gourkha et charge les commissaires de communiquer à Vikram Sâh cette instruction pacifique : a Restez sur la défensive, vivez en bonne harmonie avec vos voisins, et vous jouirez éternellement des bienfaits de la cour céleste (de Pékin). »

Placet du roi des Gourkhas a l'empereur de la Chine

Moi, le roi Erdeni des Gourkhas, Jo-lsoun-la-eul-pi-ko-eul-ma-sa-ye (Surendra Vlkrama Sâh) je présente à genoux et en faisant les neuf prosternations le placet suivant: Votre empire est comme le Ciel, il nous élève et nous nourrit ; votre intelligence nous éclaire aussi brii-

lammenl que le Soleil et la Lune ; votre sollicitude s'étend à tous les États ; votre âge est aussi durable que la montagne Siu-mi (Sumeru).

très grand et très vénéré Wen-chou P'ou-sa (Manjuçrl Bodhisattva), nous nous présentons avec respect devant le trône de Votre Majesté et nous demandons de vos saintes nouvelles.

En conformité des règlements, je devais déléguer spécialement cette année-ci des ko-tsi (kàji) pour aller à la cour vous offrir mes hommages. En me reportant aux précédents, je viens donc de faire préparer les objets destinés à être offerts en tribut et de déléguer le kolsi Tso-kolo-pa-7nou7igpang-tcho, petit-fils du ko-tsi Ta-ynou-ta-jo-pang-lcho (Dàmodar Pànde) qui possède toute ma confiance, et Sa-eul-ta-eul (Sardâr) Pi-jo-pa-ta-jo-kchjoko, ainsi que divers officiers de tous grades, pour porter avec respect le placetet le tribut, et aller à la capitale demander audience à Votre Majesté.

Je me suis rappelé avec respect que Tun de nos prédécesseurs, après sa soumission, avait reçu un décret impérial ainsi conçu :

« Vous êtes souverain d'un petit État ; vous viendrez à la cour une fois tous les cinq ans. S'il y a des gens du dehore qui vous troublent ou envahissent votre territoire, vous pourrez rédiger un placel pour porter ces faits à ma connaissance : j'y enverrai alors des hommes et des chevau.x ou je vous ferai don d'une certaine somme d'argent pour vous venir en aide. Respectez ceci. »

Près de cinquante ans se sont écoulés depuis que mon grand-père La-Vo-na-patou-eul-sa-ye (Rana Bahâdur Sàh) a reçu, dans le courant du huitième mois de la cinquante-huitième année K'ien-îong (septembre 1793), le décret impérial précédent.

Les trois générations qui se sont succédé depuis mon grand-père ont été protégées par la puissance céleste des empereui's de C.hine : encore que le pays des Gourkhas soit pressé, à l'Ouest, par les Chen-pa, au Sud par les PV-leng, ses frontières ont pu cependant, grâce aux bienfaits célestes (de la Chine), rester à l'abri de toute insulte.

Quand j'étais jeune, j'ignorais que mon grand-père, après avoir fait sa soumission, avait reçu un décret de l'empereur de Chine lui accordant l'investiture du royaume du Népal ; car toutes ces affaires avaient été primitivement traitées par le ko-tsi Ta-mouta-jo-pang-tcho (Dàmodar Pànde) qui avait toute la confiance du souverain (il était premier ministre); nul, dans la suite, n'occupa le môme poste ; un petit fonctionnaire nommé Pi-rnou-ching-t'a-pa (Bhlmasena Thàpà) remplit seulement les fonctions de ko-tsi^ et s'occupa des affaires : ce fonctionnaire entretint secrètement des relations amicales avec les PH-leng et permit à deux individus de ce pays, les nommés Ko-jen (Gardner) et Pa-lou (Boileau), de résider dans la ville de Yang-pou (Katmandou). Il donna ensuite aux P*i'leng trois endroits au Sud, à l'Ouest et à l'Est du royaume des Gourkhas, où les P'i-leng ont résidé jusqu'à présent. La dix-septième année Tao-kouang (1838), je dégradai ce fonctionnaire et le fis mettre en prison.

D'après une lettre que les PH-leng viennent de m'adresser, il paraîtrait qu'ils se sont emparés de divers endroits de la province du Koang-toung. Les P'i'îeng veulent que j'aie des relations amicales avec eux et que je

me soumette à eux afin de pouvoir saisir le territoire des Tangouts, et, disent-ils, si je ne me conforme pas à leurs ordres, ils viendront envahir le pays des Gourkhas. Mais je ne me suis nullement conformé à ce qu'ils demandaient et j'ai renvoyé la lettre. D'après ce que les P'i- Icng ont fait dans la province du Koang-toung et ce qu'ils viennent de m'écrire, il est facile de voir qu'ils veulent insulter à la puissance isolée des Gourkhas et qu'ils désirent que je me joigne à eux pour créer des difficultés. J'avais songé à faire part de ces circonstances au commissaire impérial en priant celui-ci d'adresser un rapport à la cour à ce sujet (mais je ne l'ai point fait), craignant la colère de Votre Majesté. Comme c'est maintenant le moment d'envoyer le tribut exigé parles règlements, je ne puis que supplier Votre Majesté de vouloir bien venir à mon aide en m'envoyant des troupes ou en me faisant don d'une somme d'argent afin que je puisse être à môme d'expulser les PH-leng, et que je sois en état de protéger le pays. Je suis intimement persuadé que Votre Majesté aura pitié de mon peuple, en butte aux insultes des P'i-leng, surtout si Elle veut bien considérer que depuis le règne de mon grand-père, qui a fait sa soumission à la Cour céleste, jusqu'à ce jour, les souverains du Népal n'ont jamais été animés que d'un seul esprit, d'une seule pensée, et n'ont jamais cessé d'être sincèrement respectueux et obéissants.

Trouvant en outre que le pays de Ta-pa-ho-eul, dépendant du Tangout, est limitrophe de mes frontières, je désirerais l'échanger contre le territoire de Mo-tse-tang (Mastang). S'il arrive que des gens de Chen-pa attaquent le Tangout, je suis tout disposé à aider ce dernier de mes armes. Quant au pays de Lala-ko (Ladak), dont les gens de Chenpa se sont autrefois emparés, s'il était placé aujourd'hui sous ma juridiction, il offrirait tribut, conformément aux règlements, à Votre Majesté.

Depuis longtemps les PH-leng désirent le pays de Tangout : ils sont déjà sur les frontières de Tcho-moung-chioung (Demojong ou Sikkim) où ils font des routes, établissent des camps et construisent des maisons pour que les leurs s'y installent. Je supplie Votre Majesté de vouloir bien me faire don de dix lis de territoire pris dans les environs du Pou-lou-ho-pa (Bruk-pa ou Bhoutan) afin que j'y fasse camper des troupes : je pourrais de la sorte garantir la sécurité de la frontière du Tangout, et adresser des rapports sur les affaires, de quelque importance qu'elles soient, qui surviendraient. C'est dans ce dessein que j'adresse le présent rapport à Votre Majesté en la suppliant de vouloir bien l'approuver. Toutes les circonstances que je viens de relater sont parfaitement vraies.

Songeant que j'ai toujours mis mes efforts à obéir respectueusement aux ordres de la Cour, j'ose prier Votre Majesté de vouloir bien m'accorder ces nouveaux bienfaits qui me permettront d'assurer la sécurité des pays méridionaux : j'ai déjà écrit dans mon placet le récit de mes malheurs. Je supplie Votre Majesté de m'octroyer cette grAce, afin que je puisse me conformer en tout à ses instructions.

Dans ce dessein, moi, le roi Ërdeni des Gourkhas, Jo-lsoun-ia-eulpi-ho-eul-masa-ya ai rédigé le présent placet, en faisant à genoux les

neuf prosternations, à Yang-pou, le 23« jour du 5^ mois de la 22« année Taokouang (1" juillet 1842). »

A la suite de ce placet, on trouve, dans la correspondance de Meng- Pao, la minute des instructions envoyées en réponse au roi des Gourkhas par les commissaires impériaux : en marge de ce texte sont les observations de l'empereur écrites au pinceau vermillon (tchou-pi). Oes instiiictions sont suivies d'un décret impérial qui les approuve entièrement. Voici la substance de la réponse des commissaires :

« D'après les règlements, tout vassal qui adresse un placet à l'empereur ne doit pas parler de ses affaires particulières : le devoir des commissaires eût donc été, cette fois-ci, de renvoyer le placet du roi des Gourkhas; cependant, à la prière des ambassadeurs népalais les représentants de la cour de Pékin ont bien voulu ne pas refuser celui-ci afin d'éviter des retards.

« Quant à la demande d'argent, ces derniers font observer qu'aucun règlement n'autorise des dons de cette nature ; l'empereur regarde du même œil bienveillant tous les pays qui sont soumis à sa domination, mais il n'a jamais envoyé de troupes pour protéger le pays des barbares étrangers.

Pour ce qui regarde l'échange des lemtoires, les commissaires font remarquer que le pays de Ta-pa-ko-eul a de tout temps appartenu au Tangout, que l'échange de cette contrée entraînerait de nombreux inconvénients, et que jusqu'à présent on n'avait du reste jamais autorisé de tels actes : il est donc difficile d'accéder à la demande du roi des Gourkhas.

« Quant à l'affaire du La-ta-hOy les troubles qui s'y étaient élevés ayant été apaisés et les chefs du pays ayant fait leur soumission, il est inutile d'en parler.

« Il est impossible également de céder au roi dix lis du territoire de Pou-lou-ko-pa, car cet État ne dépend pas du Tangout et est en quelque sorte indépendant.

« Le refus que le roi a opposé aux demandes des P'ileng est une nouvelle preuve de la sincérité et de la fidélité de ce souverain ; les affaires du Kouang-toung sont d'ailleurs terminées et la tranquillité règne de nouveau dans la province. »

Liste des personnes composant l'ambassade envoyée par le roi des Gourkhas

A l'empereur Tao-Kouang :

— !««• ambassadeur, Tsa-kota-pa-moung-pang-tcho (... Pâride).

— 2« ambassadeur, Pi-jopata-johojo ko (général de l'armée népalaise).

— Huit grands fonctionnaires:

Soupita (Subahdàr) josou-jo-toimpang-lcho (Péinde ; officier népalais) ; Pi-na-man-ja-toun (officier népalais) ; Ha-je ko sseu-lang (officier népalais qui comprend le chinois) ;

i92 LE NÉPAL

Chi-ti-la-ching (officier népalais qui sait écrire les caractères népalais); Sou-pi'ta (SuhQhààr)joha'laha-ching-k'ia-ti (officier) ; Sou-pita lSnhahdêir)jo-pou-tc?i'ou-jou-kHa-ti (officier) ; SoupUta (SubQhàéLT)jO'la-naching'k'ia-je (officier); Sou-pi'ta (SuhahàÔLv) jO'ing-leou-ta-ching (officier).

— Six petits fonctionnaires :

Tsa-ma-ta (Jemadâr) -jo-ti-pi-pa-sa-eul-ta-pang-tcho (Pânde, officier) ;

Tsa-ma-ta (Jemadâr) -jo-tsaha-pi-k*iati (officier) ; Tsamata (Jemadâr) -jo-ing-ta-ching-Kia-ti (officier) ; Tsa-ma-ta (Jemadâr) -jo-ki-ti-ma (officier) ; Tsa-ma-ta (Jemadâr) Jo-pa-^a-wa (officier); Tsa-ma-ta (Jemadâr) -jo-sou-lou (officier).

— Dix-neuf soldats népalais.

— Dix domestiques.

En tout quarante-cinq personnes.

Liste des objets envoyés en tribut a l'empereur Tao-Kouang

par le roi des gourkhas :

Un collier de corail (de cent neuf boules ; renfermé dans la boite qui contient le placet du roi).

Deux pièces de satin doré (dans la même boite). Treize rouleaux* de tapis de diverses couleurs. Vingt pièces de satin de K'ia-tsi, Quatre pièces de soie de K'ia-tsi, Quatre défenses d'éléphant.

Deux cornes de rhinocéros.

Quatre épées.

Quatre sabres.

Deux poignards.

Deux épées ornées de nuages.

Un fusil à deux coups.

Deux canardières.

Une boite de cannelle (trois cents onces).

Mille haricots médicinaux.

Six cents onces de bétel roulé.

Trois cent soixante onces de bétel plat.

m. — LES DOCUMENTS INDIGÈNES

Chroniques. — Purânas. — Inscriptions. — Manuscrits.

Monnaies.

Le Népal a une chronique locale, la Vamçâvalî\ L'ou-

1. V^aipçâvall : — Wright, History of Népal translated front Ihe Parbatiyà. Cambridge, 1877. — Minayeff a publié un long compte rendu de celte traduction dans le Journal du Ministère de V Instruction publique (àQ Russie), 1878; il reproche à Wright (et non sans raison) d'avoir dans son Introduction complètement passé sous silence le nom et l'œuvre de Hodgson. En outre « les traducteurs indigènes ont moins traduit que rapporté l'original » (p. 8). MinayefT signale aussi des rapprochements inattendus, reproduits dans son article sur le Népal (OcerÂi Zeilona i /ndi?/, Petersbourg, 1878, I, 231-28'*), entre certains récits de la VarpçÀvali et des récits bibliques qui en auraient donné l'idée. Ainsi Krakucchanda qui frappe du doigt le rocher pour faire jaillir la Bagmati (W. p. 80) serait une copie de Moïse ; Virûpâksa qui arrête d'une main le soleil (W. p. 92) ne serait que Josué travesti. C'est crier un peu vite à l'emprunt, à propos de données qui peuvent appartenir au folk-lore universel. — Sur la Vairiçàvali cf. Bendall, Cat. mss. Cambridge. Add. 1160 et add. 1952. — Bhagwànlàl Indràjî, Some Considérations on the History of Népal dans Ind. Antiq. Xlll (1884), p. 411-428. — Fleet, Ib. XXX, p. 8.

Aucun des mss. de la Vaniçàvall n'a encore été décrit. Voici la description du ms. de la Vamçâvall brahmanique que m'a communiqué S. Exe. Deb Sham Sher :

Ms. de 83 feuilles réunies en livre. 0,27x0,15; 9 ou 10 lignes à la page. Caractère devanâgari. Sur la couverture, images peintes (v. la reproduction au frontispice de ce volume) de « Syambhu, Paçupati, Çri Vacchlesvarî, Daksina-çmaçâna, çrî Vâgmati, Ganigâmâtâ. Asvatthasarpyukla-Sveta-Vinâyaka, Bâjà Dharmadatta, Kalpavrksa ».

huip. — Çri Ganeçaya namah |

vrage est de date assez récente ; il existe en deux recensions : Tune, bouddhique, a pour auteur un moine qui résidait à Patan, dans le couvent de Mahâbuddha, au commencement du XIX* siècle ; elle a été traduite en anglais sous la direction de M. Wright par l'interprète indigène {miinshî) de la résidence britannique, Çiva Çamkara Simha (Shew Shunker Singh), assisté du Pandit Gunânanda. L'autre, d'inspiration brahmanique, est seule reconnue comme authentique par le gouvernement Gourkha. Le

aviralamadajalanivahaip bhramarakulânekasevitakapolam

abhimataphaladâtâram kâmeçam Gaçapatiip vande || atha naipâlike devân prâdurbhâva râjabhogamâlâ. yathâkramepa vartamâna. vidhau sakaladu|;ikhârtajanânâip narebhyab crevante sati pâpânâtp haranaip

hetukâranât dine dine smaranena sakalatîrthadevarâjaroâlâ vaipçâvalîsaip-

graham kuryât.

Histoire divine jusqu'à Vikramâjîta, comme dans Wright.

Atha nararâjamâlâ.

[Quelques vers en sanscrit. Puis]: Nîlakanthaprakàçakrameoa vartamânena Kaliyugabhûpâlasamastamàlikâcaranâmbujasya ràjya çrîmat prthvîrâjAo Himavatab çailamadhye vartate mahârathîbhûtamapdale Bhràgeçvarabhatfârake

prâdurbhûtâh. tadanu Nemunyâdibhib rsiganais tatra Gautamâdayo devâ

tena Nepâlaprathamarâjnâni bhumjitâ Gopûlânûm kramena râjyain bhogaip praçaçâsa.

Suit l'histoire des rois, sur le même pian que Wright, jusqu'à Vikrama Sâha (avènement en 1816).

Desin. — Svasti çrï Samvat 1891 Sâlani iti jyesthamâse çuklapak^e çrî Daçaharâparvadinesomavâre Devapattanavâsî Siddhi Nârâyanadvijavarepa idaip Vaip. sâvalirâjopâkhyàna apûrvagranthaqi sanipùrnani lisitvà munsî gupâkara. paro* pakâri. supurusâya. çrî Laksmidâsanâmne. sampradattam | yasmai kasmai oa dâiavvam. çubhaqi

L'inventaire sommaire des papiers de llodgson, offerts par rauteur à rindia Ofiicc en 1864, indique : « Vingt-trois Vasavalis, ou Chroniques indigènes, en partie traduites et disposées chronologiquement à Taide des monnaies et des inscriptions. » L'ensemble est divisé en deux séries : 1» chi\)niques névaries : 2» chroniques gourkhalies. La première comprend des chroniques générales des dynasties névaries, des chroniques particulières (la dynastie Gopâla), et des biographies royales (Pratâpa Malla, Visnu Malla, Mahendra MaUa, Siddhi Narasitpha Malla); la seconde se rapporte uniquement aux Gourkhas (W.-W. Hunter, Life of Brian Uoughton Uodgson. London, 1896. Appendix B, p. 357-359).

>ent ÛK MdhùbuJJIja ^.Mahà-boJlii) A Palan.

maharaja Deb Sham Sher m'en a communiqué un bel exemplaire, daté de 1891 samvat (= 1834 J. C.) et qui a pour rédacteur le brahmane Siddhi Nârâyana, habitant de Deo Patan ; le manuscrit en fut remis « à un excellent homme, nommé Laksml Dâsa »>; mais il ne devait « être donné à personne *». Je n*en sais que plus de gré au maharaja d'avoir violé celte prescription en ma faveur. Sur la demande du maharaja Chander Sham Sher, le grand prêtre [yuni) du royaume m'a confié son exemplaire personnel, qui est simplement une copie fidèle du même texte.

Le brahmane et le bouddhiste pouvaient' opter entre trois langues pour écrire leur Vamçâvalî : le sanscrit, recommandé par son prestige religieux et littéraire, mais réservé aux savants ; le névar, la vieille langue indigène ; enfin le [mrbaliya (ou: khas), nouveau venu dans la vallée, où la conquête liourkha venait de l'introduire. L'un et l'autre ont choisi le parbatiya, et par là trahi la même préoccupation. Us ne visent point un succès d'école ; ils ne s'adressent pas aux Névars assujettis ; ils veulent atteindre les nouveaux maîtres du pays, également redoutés du btuiddhisme qu'ils délestent comme une hérésie, et des braluuanes qu'ils dépouillent au nom de l'orthodoxie. Ce n*est pas une curiosité de dilettante qui porte les deux auteurs fi recueillir les souvenirs et les traditions du passé; iU se soucient moins encore d'élever un monument à l'inijépeuduuce perdue. Ils ne cherchent qu'à détourner des temples et des couvents la rapacité malveillante des vainqueurs; ils rappellent la longue suite des miracles qui cdiinarrent l'origine des fondations religieuses, comme une Mieiiact^ Mulutaire de la \ engeance divine prête à châtier les i Miivuiti.»»*»^ crîuiinell(»s. La Vainçàvall, malgré ses appainiMi^n historiques, n'est (|u'un rameau de la littérature

ilr ) 1*111 Al.Kin

Le compilateur de la Vamçâvalî bouddhique se flatte d'avoir « et vu et ouï bien des choses du passé en vue de son œuvre ». Le brahmane, d'autre part, se targue d'écrire « un ouvrage sans précédent ». Il est impossible cependant de croire à Tindépendance absolue des deux rédactions. La Vamçâvalî brahmanique n'ajoute rien d'original à la bouddhique; elle se contente d'éliminer les récits et les épisodes qui tendent à glorifier l'église rivale. Elle adopte le même système de chronologie, les mêmes dates fondamentales. Elle indique, il est vrai, la durée du règne des Abhîras et des Kirâtas, omise dans la Vamçâvalî bouddhique ; mais il s'agit de dynasties légendaires où l'imagination est libre de se donner carrière ; l'invention arbitraire peut y suppléer aisément aux matériaux absents.

Le titre de l'ouvrage en marque expressément l'origine. Le mot Vamçâvalî (littéralement: « généalogie-en-file ») désigne dans l'usage des chancelleries royales les listes dynastiques où chacun des souverains vient successivement prendre place, enchâssé dans un panégyrique en général aussi pompeux que banal et vide. La collection de ces panégyriques, qui va naturellemen t en s'allongeant tant que dure la dynastie, figure souvent en tête des chartes et fournit à l'histoire de l'Inde un précieux appoint. La dynastie des Calukyas Orientaux en est le plus parfait exemple ; elle s'est perpétuée durant six siècles ; les Vamçâvalîs inscrites en tête de ses donations ne donnent pas seulement la succession des princes à travers une si longue période ; elles énoncent encore la durée précise de chaque règne.

Au Népal même, la pratique des Vamçâvalîs est ancienne : l'inscription de Mâna deva à Changu Narayan, la première en date des inscriptions connues, s'ouvre par une vamçâvalî; rinscription do Jayadeva àPaçupati retrace les origines de la famille royale jusqu'aux dieux. Le roi Pratâpa

198 LE XÉPAL

.M;ill?i rlf^va " prince rle$; poêles » applique formellement le fioiii (le ramndraU h un historique de la dynastie Malla (|iril a composé lui-mftme(fiAay/;. n* 19, 1. 1). Les Névars ai'lirmenf qu'il f;xislo encore aujourd'hui à Patan de longues bandes oii sont inscrits dans Tordre de succession tous les rois du Népal. Bhagvanlal et Minayeff n'ont pas réussi à los voir, et je n'ai pas été plus heureux qu'eux. Il n'est pas douteux cependant que de pareils documents existent, on qu'il en ait existé: la Vamçâvall qui fut communiquée à Kirkpatrick, h la fin du xvni* sif^cle, surpassait en valeur, en richesse, en exactitude les Vamçâvalls dont nous disposons.

Une récente trouvaille, due comme tant d'autres à M. Bendair, jette un peu de lumière sur les origines obscures de la Vamçâvall. M. Bendall a découvert à la biblio- Ihèque du Darbar un recueil de trois manuscrits tracés sur feuilles de palmier ot datés, par leur contenu comme par leur écriture, de la fin du xiv* siècle. Le premier (V) est une chronique rédigée dans un sanscrit incorrect, sans aucun souci de la syntaxe classique. Le compilateur y a mis bout à bout la suite des rois népalais, avec la durée de chaque règne, les faits principaux, et leur date. Les donations aux temples y tiennent une telle place que M. Bendall croit l'ouvrage en rapport avec les archives du sanctuaire de Paçupati. La seconde pièce du recueil (V*) est une liste où sont enregistrées les naissances des rois et des grands personnages ; elle est entièrement rédigée en langue névare ; elle embrasse la période de 177 à 396 N.- S- ^ère névare de 880 J.-C.V Le troisième document (V) continue le second, mais il en modifie le caractère; il introduit d'aulres détails, et tend à transformer la liste en

1. <:. Bem»%ll. The history of Xepal and surrounding kmgdamu nftffft l^fOO A II.) compiled chiefly from mss, iaiety discorered. dans /,//; vi As. Sfr:. Beng., LXXII, I, 1 (1903).

annales. FI est également rédigé en névar, et s'étend de 379à508 (ère névare). M. Bendall rattache Torigine de ces annales (V et V) h la révolution politique qui porta au pouvoir souverain Jaya Sthiti Malla, et à la renaissance littéraire qui suivit.

Si Thistoire du Népal s'était déroulée sans accident, sans révolution, sous l'autorité continue d'une seule dynastie, les Vamçâvalîs auraient pu fournir h Thistoire un enchaînement solide de noms et de faits. Mais jusqu'au xvr siècle, Tanarchie semble être le régime régulier du Népal ; les familles suzeraines exercent un pouvoir éphémère ou illusoire ; les roitelets locaux pullulent et rarement arrivent à faire souche. Fidèles à la méthode ordinaire de rinde, telle qu'elle se manifeste déjà dans la chronologie des Purânas, les Vamçâvalîs disposent à la file, en ordre de succession, tous les noms dont le souvenir s'est conservé, sans se préoccuper de leur rapport réel. Ce système de déviation, déplorable pour l'histoire, s'accommode parfaitement aux exigences de la chronologie hindoue. 11 faut que le passé réel aille s'accrocher, sans solution de continuité, au passé fabuleux; les seuls faits qui comptent sont les exploits des héros épiques ou mythiques que la poésie a consacrés. Il est donc indispensable de remonter, coûte que coûte,jusqu'au début du quatrième âge du monde, en l'an 3000 av. J.-C. Aussi le poète de la Râja-taranginî cachemirienne, qui se pique pourtant d'introduire la critique dans le classement des faits, transporte au second millénaire avant l'ère chrétienne l'empereur Açoka, petit-fils de ce Candra gupta qui connut Alexandre le Grand ; l'Atlila de l'Inde, le Hun Mihira kula, passe du vi^ siècle de l'ère chrétienne au virav. J.-C. La VamçâvaU du Népal fait de même: elle place 100 ans avant l'ère chrétienne le couronnement d'Amçuvarman qui régnait au VII' siècle de J.-C. J'étudierai dans un chapitre spécial

les obscurités de la chronologie né|>alaise; j'aurai à y signaler en détail les principes d'erreur qui vicient la Vamçâvalt, et surtout la multiplicité des ères, si désastreuse dans tous les domaines de l'histoire indienne.

L'auteur de la Vamçâvall bouddhique ne s'est pas contenté de transcrire les listes dynastiques ; il s'en est servi pour encadrer un résumé des Purânas et des Mâhâtmyas locaux, n rapporte parfois des vers traditionnels qui fixent (ou déforment) le souvenir des événements considérables : l'introduction du dieu Malsyendra Nâtha, Tinvasion de Nânya deva, la disparition de Siddhi Nara Simha. U va même jusqu'à citer des inscriptions d'Amçuvarman, de Jaya Slhiti Malla, de Yaksa Malla et de ses successeurs. Il consulte aussi des archives de famille ; sa complaisance à relater les aventures de certains personnages assez insignifiants, comme Abhayarâja et Jîvarâja, décèle un de leurs descendants ; l'auteur est sans aucun doute un des Anandas, prêtres duMahâ Buddha vihâra à Patan, qui exercent de père en fils la profession de pandit-interprète à la résidence britannique; peut-être Amrtânanda, la gloire de la famille, qui composa plusieurs ouvrages en sanscrit et en névar, et qui initia Hodgson à la connaissance du bouddhisme.

Nous possédons plusieurs des ouvrages pouraniques que le rédacteur de la Vamçâvalî a mis en œuvre ; j'en ai moimême rapporté deux du Népal ; il en existe encore bien d'aulres qu'on se procurera quelque jour. Ces ouvrages, intéressants pour l'élude de la religion, du culte, des légtMuios populaires et de la géographie historique, ne piH>cèdonl pas en général d'une inspiration élevée ; ils servonl los intérêts financiers de la religion et du prêtre.

L'Indo ost sur toute son étendue couverte de lieux saints qui so di5*pulont la faveur du public pieux. Chacun d'eux a îiH clioutMo lonUo: mais l'ambition des prêtres et des

princes convoite au delà de ce cercle restreint la multitude ambulante des pèlerins qui foulent sans répit les chemins de rinde en quête de menus profits. Un pèlerinage à la mode est une grande foire ; les brahmanes y vendent leurs prières, les fakirs y exploitent leur ascétisme truqué, les marchands y débitent des chapelets et de la mercerie, le chef y perçoit des impôts et des taxes. Et comme la concurrence suscite la réclame, la rivalité des sanctuaires enfante les mâhâtmyas. Le mot « mâhâlmya » signifie au propre : grandeur d'âme, noblesse, éminence. Dans la littérature religieuse, il s'applique aux ouvrages versifiés qui servent à la fois d'amorce, d'amusement, d'édification et de guide pratique aux fidèles. Le Mâhâtmya raconte l'origine du pèlerinage, l'apparition divine et le miracle qui Tout consacré ; il énumère les points à visiter, les mérites à gagner, avec l'indication des jours spécialement propices. Le Mâhâtmya ne se présente pas comme un ouvrage humain ni comme une œuvre isolée ; il prétend se rattacheràquelqu'une des compilations nommées Purânas, traités versifiés d'histoire sainte, de cosmogonie, de théologie et de mythologie que l'hindouisme moderne tient pour révélés et vénère à l'égal des Védas. Parmi les dixhuit Purânas canoniques, le Skanda-Purâna a servi le plus fréquemment à couvrir la pieuse fraude des auteurs de Mâhâtmyas. Le Kâçî-khanda et l'Utkala-khanda qui glorifient les deux sites les plus sacrés de l'Inde : Bénarès et Jagannath (Jugernaut), se donnent comme des sections du Skanda-Purâna, et c'est au même ouvrage que le Mâhâlmya du Népal se fiatte d'appartenir.

Le Nepdla-mâhâtmya'^ est divisé en trente lectures,

2. Le Catalogus Catalogoriun d'Aufrecht signale deux mss. du Nepàlamâhâtmya ; l'un d'eux est à la biblioih^que du Queen's Collège à Bénarès, où je l'ai examiné. J'ai rapporté de Katmandou une excellente

groupées danà un cadre factice, à la manière des Puràças. Le célèbre sacrifice du roi Janamejaya, qui entendit parmi tant dautres rhapsodies la récitation complète du Mahà- Bhàrata, a rassemblé une multitude de saints personnages.

copie, exécutée sur ma demande par les pandiU de la bibliothèque da Darbar. Le m<.. sur papier népalais, a 77 feuillets, de II àl% lignes à la page.

Incip. : çri Ganeçiya namab | oip namab Sarasvatyai dev\'ai | Nârâyaçam

mmaskm'a Narain caîva (le vers usuel) | sûta uvâca |

jaiLiineja\'asya yajoântc niuoayo brahmavâdinali |

L iti çri Skanda-purâçe Himavat-khaçde Nepâla-mâhâtmye Paçu-

patiprâdurbhâvo nâma prathamo 'dhyâyab- 4*.

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