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partagée entre le gomreniemeat, le râja-gnra et ceriames familles privOégiées de brahmanes; de plus le coopaMe est condamné à entretenir on nombre de brahmanes fixé par le jugement. La sentence indique Fexpiation à accomplir; si le péché est rémissible, le coupable est tenu à un acte de contrition {prâyaçciua); si le coupable perd sa caste, la collectivité tout entière est solidaire de la souillure et doit s*en laver ; comme représentant légal et religieux du pays, le roi en personne est responsable de Texpiation (candrâyana), et les frais qu'elle entraîne, au profit des brahmanes, peuvent s'élever à des miUiers de roupies.
La juridiction du Râja-guru, avec les sanctions d'ordre brahmanique qu'elle entraine, n'est pas limitée aux castes çivaites; une assimilation inévitable a introduit aussi dans sa compétence les castes bouddhiques. Le bouddhisme, théoriquement étranger à Tidée de caste, n'a pas prévu d'autorité chargée d'en surveiller et d'en contrôler l'application. Le jour où les Bouddhistes du Népal ont adopté l'organisation hindoue, ils se sont rangés naturellement sous l'autorité du seul juge qui eût qualité pour rendre des arrêts. La constitution de Jaya Sthitî Malla sert, paratt-il, de base juridique aux décisions du Râja-guru dans les cas de castes bouddhiques.
Le trait dominant du caractère névar, c'est le goût de la société. Le Névar ne vit jamais isolé; il aime à loger, un peu comme le Parisien, dans des maisons à plusieurs étages et grouillantes de population, quitte à demeurer à l'étroit, aussi bien en ville qu'au village. 11 sait jouir de tous les plaisirs que la nature lui donne ; il chante, il cause, il rit, il goûte finement le paysage, se plaît aux piqueniques de gaie compagnie, dans un site ombragé, près d*un ruisseau ou d'une source, à l'abri d'un vieux sanctuaire, en face d'un spectacle aimable ou grandiose. Cultivateur adroit et soigneux, il excelle aussi à tous les arts manuels,
même les plus délicats; il est orfèvre et forgeron de talent, sculpteur fantaisiste, teinturier et peintre de goût, commerçant avisé sans rapacité, artiste né. Il a transformé les arts de l'Inde, bâti des temples et des palais qui ont servi de modèles aux Tibétains, aux Chinois ; la pagode classique vient du Népal. La réputation des artisans népalais consacrée par les siècles est encore établie dans toute TAsie centrale. Le P. Hue, qui visita la colonie névare de Lhasa, affirme qu'on vient les chercher du fond de la Tartarie pour orner les grandes lamaseries, et il partage Tadmiration des Asiatiques pour leurs bijoux « qui ne feraient pas déshonneur à des artistes européens », pour « ces belles toitures dorées des temples bouddhiques, qui résistent à toutes les intempéries des saisons et conservent toujours une fraîcheur et un éclat merveilleux \)) Les Gourkhas qui les repoussent de Tarmée leur ont fait une réputation de couardise; mais le souvenir des assauts livrés à Kirtipour atteste leur bravoure; leurs castes militaires servent avec honneur dans Tarmée britannique de Tlnde.
L'ancien costume des Névars a presque entièrement disparu ; il ne se conserve que dans de rares localités, par exemple à Harsiddhi, S. de Patan, et dans certaines cérémonies religieuses où les prêtres le portent par exception: il consistait dans une sorte de jaquette collante, avec une jupe tombant aux chevilles, et ramassée à la ceinture en plis nombreux ; une pièce d'étoffe roulée en écharpe recouvrait le bas de la jaquette et le haut de la jupe. Mais aujourd'hui la population a presque partout adopté le costume gourkha. Les femmes portent un corsage collant, et en guise de jupe une pièce d'étoffe, aussi ample que
1. Hue, Soicvenirs d'un voyage dans la Tartarie, le Thlbet et la Chine pendant les années 1844, 1845 et 1846. Paris, 1850, t. 11, p. 263 sqq. Cf. inf. p. 307, note 2.
possible, serrée à la ceinture en plis abondants, etretroussée par derrière jusqu'aux chevilles. Elles ramassent leurs cheveux en chignon au sommet de la tête, et ne portent jamais de coiffure ; en revanche elles s'ornent à profusion de fleurs, surtout de soucis, et aussi de joyaux, en particulier d'un disque en or posé à plat sur le chignon. Comme les femmes de l'Inde, elles se passent des anneaux aux bras, aux jambes, aux oreilles, au nez. Elles vivent dès le jeune âge dans une liberté sans réserve. A huit ans, on les mène au temple et on les marie avec toutes les cérémonies requises à un fruit de bilva, qu'on jette ensuite à Teau; l'époux disparu est toujours censé vivant, et son épouse est en droit de mettre à profit son absence ; car la loi autorise la femme, en l'absence du mari, à prendre un amant de sa caste ou d'une caste supérieure; elle ne doit pas choisir au-dessous d'elle, c'est la seule restriction qui lui soit imposée. Arrivée à l'âge nubile, on lui donne une dot et on la marie ; en dehors de la haute société, qui affecte les préjugés de l'Inde, la jeune fille peut courir à son aise les galants avant le mariage ; après le mariage, son indépendance n'est guère moindre; si elle veut quitter son mari, elle n'a qu'à mettre sur le lit deux noix de bétel; elle peut dès lors s'en aller tranquillement. Le Névar n'a qu'une femme légitime, elle doit être de la même caste que lui, mais il peut lui adjoindre des concubines de caste inférieure, sans dépasser toutefois la limite de l'eau. L'adultère, monsirueux aux yeux des Gourkhas, n'est pas prin au tragique par les Névars ; le divorce est alors de droit, et le complice doit restituer au mari les frais occai^ionnéH par le mariage; sinon, il est puni de la prison.
\,('A Névars sont très friands de viande ; ils mangent de la clMf\f'<% du mouton (mais du mouton de montagne seuleini'Ml, car le mouton de l'Inde est tenu pour une nourriture u$\i'i*\\\t' , du ranard, de la volaille, mais surtout du buffle.
Us ont inventé une légende pour justifier ce goût qui fait horreur aux Hindous, respectueux de la vie animale : quand le conquérant Harisimha deva monta au Népal, en 1324, son armée faillit mourir de faim en roule; le roi invoqua la déesse Talejû, sa protectrice: elle lui apparut en vision, et lui permit de manger tout ce qui se rencontrerait le lendemain matin. Au lever du jour, le roi vit un buffle, le fit prendre et présenter à la déesse qui donna des instructions détaillées pour le choix d'un abatteur qualifié. On trouva rhomme, et ce fut Tancêtre des Kasâis; il immola la bête, et la déesse permit d'en manger la chair*. Les Çiva-mârgis des plus hautes castes tuent sans scrupule des animaux ; mais les Banras s'abstiennent de verser le sang, et ne mangent pas de porc. Le riz, les lentilles, les légumes bouillis sont le fond de la nourriture. L'ail, cru ou cuit, et les radis sont le régal des Névars; ils aiment surtout le radis enfoui jusqu'à fermentation puis séché au soleil; il est impossible d'imaginer une odeur plus fétide. La tradition rattache l'invention de cette délicatesse à l'invasion de Mukunda Sena, peu de temps avant la conquête de Harisimha deva. Us boivent aussi Talcool [raksî) extrait du riz et du froment, mais ils ne s'enivrent qu'aux jours de grande fête.
Les Névars comme les Hindous brûlent les cadavres.
Les Névars ont une langue particulière et qui porte le nom de Névârî. Les Capucins s'en servaient au xvni' siècle pour prêcher l'Évangile au Népal, mais ils ont négligé de Tétudier scientifiquement, et leurs travaux ont disparu sans laisser aucun fruit. Le névari est encore très peu et très mal connu ; Hodgson en a démontré la parenté avec le tibétain, mais sans pousser les recherches à fond ^; derrière