Vamç
entre les Mgas et le panthéon bouddhique. La colHne que couronne le temple est une métamorphose du Bodhisattva Samanta-Bhadra; le divin personnage a, sur Tordre de Lokeçvara, pris cette forme pour maintenir sous la masse des roches le Nâga Kulika, qui manquait de respect aux lieux saints du Népal*.
En réalité, lesNâgas n'appartiennent ni au bouddhisme, ni à aucune des branches de Thindouisme ; ils sont nés avant tous les dieux de ces panthéons, avant l'arrivée du premier brahmane dans Tlnde, de la terreur superstitieuse qu'inspirait le reptile h Taborigène; leur puissance évidente, manifestée par d'innombrables victimes, les imposa à l'adoration des conquérants aryens. Le vieux brahmanisme et tous ses rejetons, reconnus ou désavoués, organisèrent un rituel en l'honneur des Nâgas. Le bouddhisme du Grand Véhicule, qui absorba les cultes populaires de rinde et des barbares voisins, accorde aux Nâgas un rang éminent; ses textes sacrés rappellent et glorifient fréquemment les Nâgas, et la pieuse énumération des plus puissants d'entre eux remplit souvent de longues pages. L'hindouisme contemporain n'est pas moins anxieux de désarmer et d'apaiser, par des prières et des cérémonies régulières, la sourde hostilité des serpents divins.*
Les Tirthas, Le culte des TirthaSy des gués sacrés, adopté par toutes les religions de l'Inde, est encore un hommage rendu aux serpents : c est le serpent caché sous les eaux qu'on adore ; c'est lui qui dispense les faveurs spéciales attachées à chacun des Tîrlhas. Le Népal, situé au cœur des montagnes, est plein de Tîrthas; il n'est pas de rivière, de ruisseau, de source, d'humble filet d'eau qui