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2. Outre l'image du Manjuçrî de Chine que j*ai décrite, le ms. népalais (!)ambr. Add. 1643 étudié par M. Foucher présente une image de Mahd-Cîna Samanla bhadra {Iconogr. bouddh., pi. VI, 4) où le Bodhisattva est représenté sur un éléphant, avec des montagnes boisées au fond du tableau. iM. Foucher se demande avec raison si ces montagnes ne sont pas destinées à rappeler TO-mei chan, la montagne où Samantabhadra est particulièrement honoré en Chine. Quoi quMl en soil, cette image du « Samantabhadra de (^ihine » est un indice de plus des relations entre rinde (spécialement le Népal) et la Chine à cette époque.
I-lsing visite Tlnde, il en va tout autrement : « Les gens de rinde disent maintenant, à Téloge de la Chine : Le sage Manjuçrî est à présent à Ping-tcheou, où sa bénédiction se répand sur le peuple. Aussi nous devons respecter et admirer ce pays, etc. » Malheureusement 1-tsing interrompt brusquement ici son récit, et il se contente d'ajouter en manière de conclusion : « Ce qu'ils racontent là-dessus est trop long pour le rapporter en détail*. » Hiouen-tsang n'aurait ni éprouvé ni exprimé ce scrupule de littérateur. Après le voyage dl-tsing, la Chine reste désormais considérée comme le séjour de Manjuçrî, et les pèlerins hindous qui veulent Tadorer prennent la route de Chine ; témoin, entre tant d'autres, Vajrabodhi, le maître glorieux de l'illustre Amogha-vajra, qui s'en alla de Ceylan dans l'Empire du Milieu, vers l'an 700, sur la foi d'une vision qui lui ordonnait de s'y rendre pour adorer Manjuçrî* ; ou encore Prâjna, traducteur du Mahâyâna-buddha-sat-pâramitâ-sûtra, collaborateur du missionnaire nestorien Kingtching, qui se mit en route vers la Chine (où il arriva en 782) parce que Manjuçrî se trouvait, disait-on, dans le pays de l'Est ^ Les temps modernes ont renoué la tradition antique : l'ambassade qui va tous les cinq ans porter à la cour de Pékin le tribut du Népal salue officiellement dans l'empereur mandchou le Bodhisaltva Manjuçrî incarné; une flatterie du Dalai-Lama a permis aux Mandchous d'exploiter à leur profit la croyance de Tlnde ancienne.
Au cours des siècles, Manjuçrî a fini par être naturalisé Chinois. Les Tibétains le font naître au mont Ou-t'ai, d'une émanation du Bouddha. Le Bouddha était venu en Chine pour y prêcher la loi ; mais la doctrine était trop sublime pour ces esprits grossiers. Il s'arrêta au mont des