Sotizie Diconiche, lig. Ui
; Taràtantra. cilé sup, p. 3'i6.
locale. Le plus populaire est le Bhairava Paficaliiiga, protecteur (lu sol (Kselra-pàla) des régions méridionales de Tunivcrs, et par suite du Jambû-Dvîpa tout entier, l'Inde comprise. Le fondateur de Katmandou, Guna kâma deva, Ta établi h TOuest du Népal. Le Bhairava de Harasiddhi est venu d'Ljjayinî, amené par Vikram&ditya; il est associé à iNîla-Tàrîl-Devî. Le Prayàga-Bhairava vient de l'Est; Amçuvarman Ta introduit.
Les Bhairavas sont, par leur puissance divine, des auxiliaires aussi précieux que difficiles à manier. Il faut, pour s'en servir, une rare sûreté de doigté. Le sage Jaya Sthiti Malla, voulant apaiser la rage deÇîtalà, déesse de la variole, institua rUnmatta Bhairava; mais il eut soin de placer audessus du Bhairava une Âgama-devatâ, chargée de controhM- ses écarts et de le maintenir dans son rôle. Bhûpatindra Malla de Bhatgaon eut, au contraire, le tort d'établir dans un temple neuf un Bhairava sur lequel il comptait pour protéger le pays. Le Bhairava s'émancipa, fit des siennes, jusqu\iu jour où des conseillers avisés indiquèrent le remède : il suffit d'installer auprès du Bhairava une « Notre-Dame » (tçvarî) du Tantra ; sa présence imposa le respect au Bhairava, qui s'apaisa désormais. L'autorité royale se voit mftme obligée d'intervenir parfois pour rétablir Tordre dans ce inonde de dieux. Jagat Jyotir Malla de Hhat^^aoïi s'aper(;ut qu'un Bhairava entretenaitde coupables pnisées h Tégard d'une Çakti; pour l'en punir, il ordonna dans une procession de heurter violemment le char du Bliaiiava contre le char de Kàli.
Les du minores. — Ganeçan'esl pas moins populaire au Népal que daus l'Hiudoustan. Prince des obstacles, il préside à toutes les entreprises, les plus humbles et les plus banales môme ; sans son concours point de succès possible. Kn outre, sa physionomie singulière et bonhomme force Tattention et la sympathie ; son corps ventru cou-
ronné d'une tête d'éléphant aux gros yeux ronds, ses mains qui portent une guirlande et une hache, le serpent suspendu h son cou, la souris tapie à ses pieds composent l'ensemble le plus amusant. Partout associé au culte des autres divinités, il a aussi ses sanctuaires propres. Le premier de tous est Sûrya-Vinâyaka {vu/go Suraj-Binaik), au Sud de Bhatgaon. Le nom rappelle, d'après le Nepâla-mâhfitmya (VI) un miracle du dieu. Le fils d'un brahmane qui résidait à l'Ouest du Doleçvara, dans un bois, tomba soudain mort : ses parents et les munis voisins invoquèrent Paçupati qui les renvoya au bosquet de Prakânda. Arrivés là, ils virent Ganeça se manifester dans un rayon de soleil (sûrya), et l'enfant ressuscita. La chronique bouddhique rapporte une légende différente: immédiatement avantle règne d'Amçuvarman, Ganeça, sous la forme de Sùrya-Vinâyaka, apparut au roi Vikramajit et lui fil don de richesses fabuleuses qui lui permirent de fonder son ère. Les Ganeças du Népal se classent volontiers, eux aussi, en groupes de quatre; après Sûrya-Vinàyaka, les plus populaires sont: Hakta-Vinî\yaka (le Rouge) à Paçupati ; (^.andra-Vinâyaka (la Lune), à Chobbar ; Siddhi-Vinâyaka (le Succès), à Sankou : Açoka-Vinâyaka {ru/go Assu-Binaik) à Katmandou.
Ganeça a fréquemment comme pendant Mahà-Kàla {vulgo Mahankftl) « le Grand-Noir », qui est identique à Çiva et qui correspond k la Devî Mahâ-Kàlî, mais qui a pris une personnalité distincte. Mahà-Kàla porte un trident garni au manche de crânes humains.
lyidra est une figure classique du panthéon hindou ; mais au Népal l'infiuence des légendes bouddhiques où il figure souvent a modifié son caractère. Ancien maître de la foudre (vajra), il a suivi l'évolution qui a transformé son arme bruyante en emblème religieux et en symbole métaphysique. La fête d'Indra, Indra-yâtrà, une des solennités les plus populaires du Népal, n'a rien de commun avec les fêles
d'Indra consacrées par les Purânas hindous. Indra est la divinité patronale de Katmandou.
Il faut encore mentionner parmi les dii minores Bhtmasena, le héros épique, qui a lui aussi changé singulièrement en route ; d'après les Notizie Laconiche, il préside maintenant au trafic* ! On trouve ses temples et ses chapelles le long du chemin qui mène de l'Inde au Népal; Bhimpedi, au pied des montagnes, lui doit son nom. Son culte est si répandu qu'un esprit sensé comme Hamilton a pu le croire antérieur au Bouddhisme : il aurait le premier pénétré au iNépal et y aurait introduit un essai de civilisation ^ La Chronique pourtant ne lui accorde pas tant d'honneur; sans l'instituer en concurrent de Mafijuçrî, elle raconte seulement que Bhîmasena vint de Dolkhâ, oii il possède un temple célèbre, sur la Tamba-Kosi, à l'Est du Népal, et s'amusa à canoter dans une barque de pierre sur les eaux du lac qui recouvrait la vallée, au temps qu'un démon s'en était rendu maître.
Balbala (Le Bègue) est un héros local, associé à des légendes et à des rites agraires. Avant lui personne n'avait osé ouvrir le sol pour cultiver ; il fallait apporter du dehors le grain nécessaire à la subsistance. Le roi Vrsa dévale Sûryavamçi, ou son frère Bàlàrcana deva, offrit à l'audacieux qui voudrait donner l'exemple une part régulière de la récolte annuelle. Balbala n'avait pas de famille ; il se risqua. Puis, avant de mourir, il s'éleva une statue de ses propres mains; Bàlàrcana honora cetle statue d'un culte et décida qu'on lui présenterait, chaque année, à la pleine lune de Màgha, un pain de riz. La tradition montre encore àPatan, près du temple de Matsyendra Natha,le champ où Balbala donna le premier coup de pioche ; il est interdit de le labourer avec des bœufs.