UN NOUVEAU CAS DE CLONUS Ï)U PIED DANS L^HYSTÉRIE
été bien portante, sans indice aucun de nervosisme jusqu'il y a 5 ans. A cette époque elle a commencé brusquement à ressentir une vive douleur dans le flanc gauche, rayonnant depuis la colonne vertébrale jusqu'au niveau de la ligne blanche et l'obligeant à garder le lit. Son médecin traitant Ta soignée pour dyspepsie nerveuse.
Au bout d'un mois, comme les douleurs persistaient, elle a consulté un autre médecin qui a déclaré qu'elle souffrait d'un ulcère (?) à la matrice et qui lui a fait un curettage utérin.
Sept mois plus tard, comme les douleurs persistent, on a recours à une nouvelle opération sur la matrice dont la malade ignore la nature.
L'état s'aggrave, les douleurs augmentent. Elle change encore de médecin. Celui-ci lui déclare qu'elle est atteinte de rein mobile. Il lui pratique, il y a 3 ans, une laparotomie avec large incision en T de la paroi, non pour faire une néphropexie, mais bien une excision d'une partie de la paroi abdominale probablement pour ptôse viscérale.
Cette dernière opération a encore aggravé son état. Les douleurs persistent toujours et, de plus, les règles ont cessé. A chaque époque menstruelle elle est prise d'une crise formidable d'hystérie durant en moyenne 12 heures, crise pendant laquelle elle crie, hurle et se démène au point qu'il faut 5 ou 6 hommes pour la maintenir.
Il y a deux ans, une de ces crises, plus forte que les autres, a duré 24 heures. Quand elle est revenue à elle, elle présentait une contracture permanente de tout le membre inférieur gauche et une paralysie flasque du membre supérieur gauche. Cette paralysie du bras a cédé lentement au massage. Quant à la contracture en extension du membre inférieur gauche, elle persiste actuellement encore avec la même intensité qu'il y a deux ans.
Il y a quatre mois elle a eu sa dernière crise convulsive à la suite de laquelle elle déclare avoir perdu la vue, l'ouïe, l'odorat et le goût du côté gauche.
Cette contracture du membre inférieur gauche l'a immobiUsée au lit depuis plus de deux ans.
Elle est entrée, sur notre conseil, dans le service interne de mon collègue Monsieur Verriest où nous Pavons examinée à plusieurs reprises.
4q2 a. van GEHUCHTE!*
Pendant les premiers temps de son séjour à l'hôpital elle présentait les symptômes suivants :
M utilité. Le membre inférieur droit est normal.
Le membre inférieur gauche est en contracture permanente, la cuisse en extension sur le bassin, la jambe en extension sur la cuiisc, le pied en extension forcée sur la jambe et les orteils en flexion. De plus le pied est légèrement tourné en dedans, fig. i et 2, PI. VIL
La motilité volontaire est abolie dans tous les muscles du membre inférieur.
La contracture est tellement forte que tout déplacement du membre est impossible ou au moins très difficile dans n'importe quel sens. Il semble même, que la contracture augmente pendant les efforts que Ton fait pour déplacer les différents segments de membre.
Les mouvements réflexes du membre inférieur gauche paraissent abolis, à cause de l'intensité de la contracture.
Tout le membre est agité dans son ensemble de petites secousses, qui ressemblent à un faible degré à de la trépidation épileptoïde.
Membre supérieur. Du côté droit il n'y a rien d'anormal. Du côté gauche le malade peut exécuter tous les mouvements qu'on lui commande, mais la force de pression à la fermeture de la main, de même que la résistance qu'on lui demande d'opposer à des mouvements passifs sont nulles.
Sensibilité. 11 y a anesthésie cutanée complète de tout le côté gauche du corps, y compris la muqueuse de la moite gauche de la cavité buccale, fig. 3.
De plus, il y a abolition de la sensibilité gustative sur la moitié gauche de la langue, et abolition de l'odorat à gauche.
Le tic-tac d'une montre, perçu à droite à une distance de 3o à 40 centim., n'est perçu à gauche que lorsque la montre est appliquée sur le pavillon de l'oreille.
La malade déclare ne rien voir de l'œil gauche, bien que cet œil, examiné par un oculiste mon collègue M. Vander Straeten, ne présente aucune lésion ni superficielle, ni profonde.
La malade se plaint de douleurs vives dans la région de l'estomac, douleurs qui ne cèdent à aucun calmant. Elle est prise fréquemment de vomissements.