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UN NOUVEAU CAS DE CLONUS DU PIED DANS L'HYSTÉRIE

Nous avons institué un traitement suggestif â l'état de veille consistant exclusivement en massage des muscles contractures du membre inférieur gauche, accompagné de mouvements passifs. La suggestion verbale, faite pendant ces manœuvres, a bientôt amené un relâchement de la contracture, d'abord dans les muscles entourant l'articulation coxo-fémorale, puis progressivement dans les muscles de la cuisse, de la jambe et du pied.

Fig. 3.

Actuellement, après deux mois de traitement, la malade plie volontairement les différents segments de membre, fig. 4, PL VII, et commence à marcher en s'appuyant sur le bras d'un aide. La jambe gauche présente encore un peu de contracture surtout dans les deux segments inférieurs, aussi la flexion et l'extension du pied sur la jambe et de la jambe sur la cuisse sont elles un peu lentes. Les muscles qui entourent l'articulation coxo-fémorale sont normaux, les mouvements passifs qui se passent dans cette articulation sont aussi étendus et aussi faciles à produire que du côté droit.

La sensibilité commence à revenir à partir de l'extrémité du membre. Elle est normale depuis le bout libre des orteils jusque

A. VAN GEHUCHTEN

vers le milieu de la région métatarsienne, fig, 5. Il persiste toujours de la surdité, de l'ageusie, de Tamblyopie et de Tanosmie du côté gauche.

Grâce à la disparition de la contracture nous avons pu examiner, à plusieurs reprises, Tétat des réflexes cutanés et tendineux des deux membres inférieurs.

Les réflexes abdominaux, inguinaux et plantaires sont normaux des deux côtés. Le réflexe rotulien est normal à droite ; à gauche il présente une exagération sensible.

Le relèvement un peu brusque du pied sur la jambe provoque^ à gauche^ un clonus manifeste qui persiste aussi longtemps que Von tient le pied relevé. Ce clonus fait complètement défaut à droite.

Ce clonus du pied est tout-à-fait typique et entièrement comparable au clonus du pied que Ton observe communément dans les paraplégies spastiqués dues à une lésion organique de la moelle épinière. Il ne peut donc être question ici de pseudoclonus, à moins d'appeler pseudo-clonus tout clonus du pied survenant dans Thystérie.

Nous ne pensons pas que, dans le cas présent, le diagnostic d'affection hystérique puisse être mis en doute. Si le diagnos-

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tic est justifié, nous croyons qu'il faut rappliquer également à tous les symptômes présentés par notre malade et notamment à l'exagération du réflexe achillien se traduisant par une trépidation spinale caractéristique. L'exagération des réflexes tendineux et le clonus du pied peuvent donc être des manifestations de la grande névrose.

Un point qui mérite encore d'être signalé, et qui nous paraît avoir une certaine importance au point de vue de la nature hystérique d'une contracture du membre inférieur, c'est la contracture en flexion des orteils^ nettement visible sur nos deux figures I et 2. Cette forme de la contracture ne s'observe guère dans les paraplégies spastiques dues à une lésion médullaire, où l'extension plus ou moins permanente du gros orteil — ce que nous appellerions volontiers le Babinski permanente — est la règle. La contracture en flexion n'est cependant pas propre à la contracture hystérique- puisqu'on peut l'observer dans les déformations consécutives aux polynévrites, mais alors le diagnostic différentiel n'offre guère de difficultés.

LE NEVRAXE, Vol. IX.

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