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RÉPONSE A M. DE LANGE

Nous croyons qu'il en est de même dans Texpérience signalée par DE Lange et que les fibres en dégénérescence renfermées dans le corps trapézoïde, le nerf facial, le nerf oculo-moteur externe et le nerf acoustique n'ont pas été poursuivies, coupe par coupe, comme fibres dégénérées depuis le septième segment cervical de la moelle jusqu'à la base du myélencéphale.

Nos résultats négatifs nous paraissent avoir sous ce rapport plus de valeur que les résultats positifs obtenus par de Lange.

Les grandes séries d'opérations ne sont donc pas indispensables puisque la variabilité de structure, qu'elles sont destinées à éliminer comme cause d'erreur, n'existe pas. Toute expérience bien faite a une valeur démonstrative incontestable et cette valeur reste invariable quelque soit le nombre de fois que l'expérience est reprise. Mais pour qu'une expérience soit à l'abri de toute critique il faut l'étudier avec toute la précision désirable, déterminer exactement l'étendue de la zone détruite, poursuivre les dégénérescences secondaires sur une série ininterrompue de coupes, tenir compte de la possibilité de lésions concomitantes et considérer comme dégénérescences consécutives à de telles lésions, toutes celles qui ne se laissent pas poursuivre à partir du point directement lésé.

Dans l'étude des dégénérescences secondaires à l'aide de la méthode de Marchi il convient encore, au moins d'après notre expérience personnelle, de ne pas faire des coupes trop fines. Des coupes de 25 p. d'épaisseur nous paraissent peu appropriées pour une méthode de grosse histologie comme l'est la méthode de Marchi. Aussi faisons-nous généralement des coupes ayant de 5o à 80 fx d'épaisseur.

Il convient encore de ne pas étudier ces coupes à un grossissement trop fort, conseil déjà donné par Flatau et par d'autres et dont nous avons pu apprécier toute la valeur, car à un grossissement de 200 ou 3oo diamètres on peut trouver des fines granulations noires un peu partout, sans que ces granulations soient l'expression d'une dégénérescence. Il faut donc étudier les coupes avec un grossissement de 3o à 5o diamètres, afin de ne pas se laisser induire en erreur et de ne tenir compte que des dégénérescences réellement existantes. C'est pour ce motif que nous avons toujours été très sceptique à l'égard des dégénérescences secondaires signalées dans les ramifications coUa-

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térales des fibres nerveuses. C'est pour ce motif encore que la méthode de Marchi nous paraît peu appropriée pour l'étude des connexions anatomiques qui pourraient exister entre un faisceau de fibres nerveuses en dégénérescence secondaire et les masses grises échelonnées le long de cette voie nerveuse.

L'hypothèse formulée par de Lange, si elle devait être admise, conduirait d'ailleurs à un renversement complet de toutes nos connaissances neurologiques si péniblement acquises.

Admettre qu'une lésion (partielle ou totale ?) de la moelle cervicale entraine, au bout de quatorze jours, de la dégénérescence secondaire dans le nerf hypoglosse, le nerf facial, le nerf oculo-moteur commun, etc., c'est affirmer que des fibres médullaires ascendantes, c'est-à-dire centripètes, ou sensibles ou considérées telles, deviennent dans le tronc cérébral des fibres centrifuges ou fibres motrices allant se terminer directement dans les muscles périphériques. Admettre que, dans les mêmes circonstances, des fibres en dégénérescence s'observent dans le nerf acoustique, c'est dire que le nerf de la huitième paire renferme, aussi bien dans sa branche cochléaire que dans sa branche vestibulaire, des fibres centrifuges d'origine médullaire dont on ignore entièrement la terminaison. Admettre qu'après la section du nerf acoustique des fibres en dégénérescence s'observent dans le nerf facial et que leur dégénérescence est uniquement due à la section du nerf de la huitième paire, c'est admettre que des fibres qui ont leurs cellules d'origine dans le ganglion de Scarpa et dans le ganglion de CoRTi — et qui amènent vers les centres nerveux les impressions recueillies dans l'organe de Corti, dans les crêtes et les tâches acoustiques — après être entrées dans le tronc cérébral comme fibres sensorielles, en ressorterit directement comme fibres motrices.

Tout cela est contraire aux résultats fournis par d'autres méthodes irrécusables et notamment aux résultats obtenus par la méthode expérimentale de NissL.

Avant d'admettre la seconde alternative de de Lange, même comme simple hypothèse, la méthode de Marchi devrait nous avoir fourni des résultats plus concordants que ceux dont nous disposons actuellement. Dans le cas où cette concordance ne

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