‹ Le Niger, voie ouverte à notre empire africainChapitre 15 sur 81 · EN ROUTE · texte numérisé non relu

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parfois. La forêt vierge, impénétrable, laisse émerger la cime d'arbres gigantesques hauts de 25 à 30 mètres, et de superbes palmiers. Si l'on sait qu'un palmier peut rapporter 2 fr. 50 par

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an, il est facile de se rendre compte de la richesse immense de ces régions équatoriales dont les produits sont exploités sur le tiers à peine de leur superficie.

Ce n'est qu'après deux jours de navigation que nous atteignons le Niger proprement dit. De grandes pirogues à quille arrondie longent la rive, chargées d'un personnel nombreux. L'armateur de ces embarcations arbore à l'arrière son pavillon commercial, qui se compose tout simplement d'un morceau de toile à matelas fixé sur une tige de bambou. Tous les passagers nègres de ces embarcations sont vêtus d'étoffes bigarrées aux couleurs les plus variées. A mesure que nous avançons sur le fleuve, les palmiers se font de plus en plus rares, les berges de plus en plus hautes, les bancs de sable de plus en plus nombreux. Le baobab et le fromager font leur apparition. On voit de suite qu'en ces régions la crue se manifeste avec intensité.

LE y;iGER.

Nous quittons la zone équatorialc du delta pour naviguer sur le Niger tropical, et nous retrouvons le paysage du Soudan.

Le Xiger el ses trois sections. — Ce fleuve immense, qui s'écoule sur 4 500 kilomètres de parcours, prend sa source aux confins de la Guinée française, se dirige vers le nord-est sur 1 600 kilomètres, coule ensuite de l'ouest à l'est depuis Kabara jusqu'à Bamba, puis enfin redescend vers le sud avec diverses inclinaisons pour atteindre son delta. Nous étudierons ultérieurement sa crue, son débit, sa vallée, sa navigabilité, ses rapides et ses biefs calmes, mais pour plus de clarté, nous le partagerons en trois sections distinctes, conformément à son régime, à sa nature, à son aspect.

Le Niger se divise, en effet, en trois fleuves ayant chacun un régime, un aspect, une vallée caractéristiques :

Le premier fleuve s'étend depuis Kouroussa jusqu'à Diafarabé, c'est le Djoliba.

Le second fleuve s'écoule depuis Diafarabé jusqu'à Ilo en aval de Say, les Sonraïs l'appelaient : Issa.

Le troisième fleuve traverse le territoire anglais depuis Ilo jusqu'au Delta, les indigènes riverains le nomment : Kouarra.

L'ensemble de ces trois tronçons forme une vaste courbe, qui franchit à deux reprises différentes les mêmes latitudes. Suivant l'expression consacrée, le Niger est un grand serpent qui se mord la queue.

Djoliba. — Les Mandés qui vivent sur le bord du fleuve à partir de Kouroussa jusqu'à Ségou, désignent le Niger sous le nom de Djoliba « la rivière des chansonniers ». A part quelques rapides en aval de Bamako, les eaux sont calmes, l'artère fluviale est large et spacieuse.

Des montagnes lointaines, couvertes d'arbustes, enserrent la vallée, le soleil ardent les dore de ses rayons. Des villages nombreux et peuplés, des cultures, des bois et des futaies s'offrent à la vue du voyageur. Des pirogues circulent en tous sens, chargées de marchandises que les commerçants portent sur les

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