‹ Le Niger, voie ouverte à notre empire africainChapitre 34 sur 81 · L'OBSTACLE DE GARA F/RI · texte numérisé non relu

L'OBSTACLE DE GARA F/RI

CAtlAFini, LES CIIUTKS ET LA BARRIÈRE DE ROCHERS A UX KILO.MLTRE DE DISTANCE.

partons à la recherche des routes. A Malali, village situé dans l'île du même nom, le Niger est calme, profond de 16 à30 mètres et large de 150 à 200 mètres; ce n'est guère qu'à 1200 mètres en aval que les difTicuItés se manifestent. Sur la rive droite, le fleuve forme là une cuvette demi-circulaire, traversée par des gradins et des cascades sur lesquelles le flot produit un vacarme impressionnant; trois marigots s'échappent de cet entonnoir. Le premier, très court, présente une chute dangereuse et rejoint le grand bras suivant la ligne de plus grande pente du terrain, à 200 mètres du premier coude; le second s'incline davantage, enveloppe de nombreuses sinuosités et se termine dans le grand bras par une fourche double, sans présenter d'autres obstacles que des escaliers sur lesquels les pirogues indigènes peuvent monter, descendre et manœuvrer (nous verrons plus loin que les convois ont toujours suivi cette

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route pour faire l'ascensiou du rapide); le troisième mariL,'-ut est presque calme sur la majeure partie de sa route, il s'incline franchement vers le sud-ouest, mais en débouchant dans le grand bras il présente une chute qu'il faut éviter à tout prix.

A 200 mètres en aval de l'entonnoir dont il vient d'être parlé, le fleuve semble complètement barré par deux rochers gigantesques, placés en quinconce, qui s'avancent au milieu du thalweg; dans ce cul-de-sac, nous nous demandons où nous allons, la route semble fermée; puis brusquement le courant acquiert une vitesse vertigineuse. Nous entrons dans un couloir large de 30 mètres à peine ; tout à coup une volute effrayante soulève l'embarcation, qui se trouve projetée en un clin d'œil de l'autre côté de la passe au milieu de cônes et de tourbillons, dans un véritable chaos; les roches sont noires, la forêt et la brousse sont d'un vert très foncé, l'eau est noire, tout est sombre.

Nous courons pendant environ 500 mètres, manœuvrant avec, vigueur pour échapper aux tourbillons, puis nous nous trouvons en face d'un banc de roches sur lequel dorment deux monstres de caïmans. C'est ici que le fleuve fait un coude brusque et reprend une autre direction (est-ouest).

Nous passons devant les confluents des trois marigots, dont il vient d'être question, et nous arrivons au second coude où le Niger reprend alors sa direction sud-est. C'est précisément ce second coude qui nous intéresse davantage. En ce point, le fleuve forme une poche immense où les dangers sont accumulés. Sur la rive gauche, se trouve un massif d'îlots déchiquetés par trois canaux presque rectilignes qui vont déboucher dans le grand bras : le premier en-dessous des grandes chutes, le second à 600 mètres en aval, le troisième au pied du rapide. Aux basses eaux, ces marigots sont coupés par des cascades et des chutes de 80 centimètres à 1 mètre de hauteur; mais ils sont franchissables pendant huit à neuf mois de l'année, sans jamais présenter le danger des grandes chutes formées par les deux lignes de rochers gigantesques qui barrent le grand bras dans toute sa largeur. C'est là que le rapide peut devenir difïï-

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