‹ Le Niger, voie ouverte à notre empire africainChapitre 4 sur 81 · L'OCCUPATION FRANÇAISE · texte numérisé non relu

L'OCCUPATION FRANÇAISE

de quek[ues organes britanniques dura peu. 11 suffira d'ailleurs de citer quelques articles des conventions internationales en vigueur pour établir combien était légitime notre droit de porter nos couleurs sur le Niger et sur ses affluents. C'est, on le sait, le Traité de Berlin, du 21 février 1885, qui a réglé la question de la navigation du Niger. Certains de ces articles sont donc intéressants à reproduire.

Article 26. — La navigation du Niger, sans exception d'aucun des embranchements ni issues de ce fleuve, est et demeurera entièrement libre pour les navires marchands, en charge ou sur lest, de toutes les nations, tant pour le transport des marchandises que pour celui des voyageurs.

En conséquence, sur tout le puicuurs et aux embouchures

du Niger, il ne sera fait aucune distinction entre les sujets des états riverains et ceux des non-riverains, et il ne sera concédé aucun privilège exclusif de navigation, soit à des sociétés ou corporations quelconques, soit à des particuliers....

Article 27. — La navigation du Niger ne pourra être assujettie à aucune entrave ni redevance basées uniquement sur le fait de la navigation.

Elle ne subira aucune obligation d'échelle d'étape, de dépôt, de rompre-charge ou de relâche forcée.

Dans toute l'étendue du Niger, les navires et les marchandises transitant sur le fleuve ne seront soumis à aucun droit de transit, quelles que soient leur provenance ou leur destination....

Pourront seuls être perçus des taxes ou droits qui auront le caractère de rétribution pour services r(Midus à la navigation même.

Article 28. — Les affluents du Niger seront, à tous égards, soumis au même régime que le fleuve dont ils sont tributaires.

Article 29. — Les routes, chemins de fer ou canaux latéraux qui pourront être établis dans le but de suj^pléer à l'innavigabilité ou aux imperfections de la route fluviale sur certaines sections de la voie du Niger, de ses affluents, embranchements et issues, seront considérés en leur qualité de moytMis de com-

munication, comme des dépendances de ce fleuve et seront également ouverts au trafic de toutes les nations....

Article 30. — La Grande-Bretagne s'engage à appliquer les principes de la liberté de navigation énonces dans les articles 26, 27, 28, 29 en tant que les eaux du Niger, de ses afïluents, embranchements ou issues, sont et seront sous sa souveraineté ou sous son protectorat.

La Grande-Bretagne s'engage à protéger les négociants étrangers de toutes les nations comme s'ils étaient ses propres sujets.

Article 33. — Les dispositions du présent Acte de navigation demeureront en vigueur en temps de guerre. En conséquence, la navigation de toutes les nations neutres ou belligérantes sera libre en tout temps pour les usages du commerce sur le Niger, ses embranchements et affluents, ses embouchures et issues.

Malgré les stipulations de cet Acte, une compagnie commerciale anglaise, qui avait reçu l'octroi d'une charte royale pour l'exploitation dos territoires du bassin du Niger et qui était devenue ainsi la Compagnie royale du Niger, ne tarda pas à s'arroger un monopole de fait, et, préoccupée d'acquérir à l'Angleterre la région haoussa autant que d'y faire du commerce, elle opposa une résistance constante aux efforts de la France qui, s'appuyant sur les dispositions de l'Acte de Berlin, tentait de naviguer sur le Niger ou son affluent principal la Béiioué et d'y établir des comptoirs.

On n'a pas oublié les diilicultr's qu'éprouva M. le lieutenant de vaisseau Mizon dans l'accomplissement de ses deux missions de 1890 et de 1892 : les agents de la compagnie anglaise prétendirent l'empêcher de débarquer sur leurs territoires et allèrent jusqu'à saisir un de ses vapeurs. Ces difficultés reprirent en 1895, en même temps que s'affirmait notre action dans le Bas-Niger, lorsque la Compagnie constata les résultats de la première mission Toutée, c'est-à-dire la fondation d'un poste à Badjibo-Arenberg et la signature d'un traité avec le roi de Boussa. La lutte ouverte ainsi engagée par la Compagnie

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