‹ Le Niger, voie ouverte à notre empire africainChapitre 5 sur 81 · L'ACTE DE NAVIGATION · texte numérisé non relu

L'ACTE DE NAVIGATION

royale contre les efiorts de la France, appelait une discussion diplomatique propre à régler les points en litige. Les négociations furent donc reprises avec l'Angleterre à la

L'ENCLAVE FRANÇAISE Dli FORCADOS.

fin d'octobre 1897. Elles aboutirent à une convention franco» anglaise signée à Paris le 14 juin 1898. Poussa était rétrocédé aux Anglais, mais en vertu de l'art. 8, deux enclaves nous étaient concédées dans le Bas-Niger, l'une devant être située « en un endroit convenable sur la rive droite du Niger, entre Léaba et le confluent de la rivière Gloussa (Mochi) avec le fleuve, et l'autre sur l'une des embouchures du Niger ». La concession de ces deux enclaves impliquait naturellement pour nous un droit de transit et de circulation et nous ouvrait la voie du Niger. De plus, il était dit, dans les annexes de la Convention, que la Grande-Bretagne examinait « de concert avec le Gouvernement français, le-^ règlements de navigation du Niger et de ses tributaires existant actuelUnnent, en vue de supprimer toute restriction préjudiciable au commerce français qui serait reconnue par les deux pays comme étant en désaccord avec l'Acte de Berlin ».

La lecture de ces textes prouve sullisamnient combien était fondé notre droit de navigation sur le Niger....

En 1900, M. le commandant Toutée, envoyé de nouveau en

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mission, délimitait les enclaves et en traçait les plans : l'une était située sur le rio Forcados près du village de Goula, l'autre sur la rive droite du fleuve en face et à 1 kilomètre en aval du village de Dadjibo. C'est peu après que le Gouvernement français, ayant résolu de ruvitaillor ses troupes des territoires militaires de l'Afrique occidentale et du Haut-Dahomey, en s'appuyant sur ces enclaves comme bases d'opérations, forma la mission di)iit le voyage fait l'oljjet de ce récit.

Organiaaiion de la flottille du Bas-Nirjcr. — En octobre 1900, je recevais les ordres et les attributions nécessaires pour l'organisation de cette expérience de ravitaillement par la voie fluviale du Bas-Niger.

En raison de la réputation dont jouissaient les rapides de Boussa que l'on présentait, de plusieurs parts, comme infranchissables, il fallait s'organiser de manière à n'éprouver aucun échec du fait même de l'armement et de l'outillage de la flottille. Rien ne fut négligé Sur nos indications, le département des Colonies fit construire vingt bateaux: cinq en acier, longs de 17 mètres, larges de 2™30 et profonds de l'"20; quinze en pitchpin, solidement étayés par des membrures en chêne, mesurant 15 mètres de longueur, 2 mètres de largeur et l"i:JO de profondeur. Les chalands en bois pouvaient porter de six à douze tonnes et les chalands en acier de huit à vingt tonnes, selon l'encombrement du matériel pris en charge.

A la montée, pour lutter contre les courants, nos moyens de propulsion devaient être de longs bambous armés de crochets, des gaffes et des avirons. A la descente, nous devions marcher à la rame pour gagner de vitesse sur les rapides et manœuvrer avec plus de facilité. Nos chalands portaient deux systèmes de direction : un gouvernail en tôle d'acier ou bien un axiron barre, long de 6 mètres, placé dans un tolct et d'une force considérable.

Le gouvernail est un eng-in en quoique sorte passif, qui transmet seulement une impulsion, bien différent en cela de 1 aviron-barre qui donne, chaque fois qu'on le manie, une nou-

ORGANISATIOX D l- LA FLOT l ILLE

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