‹ Le Niger, voie ouverte à notre empire africainChapitre 40 sur 81 · SÉJOUR A BOUSSA · texte numérisé non relu

SÉJOUR A BOUSSA

LES PETITS BBAS DU KOUARRA, EM DESCENDANT LE FLELVR POUR ATTEINDRE LB MOUILLAGE DE BOUSSA.

du « petit bonhomme que nous avions caché dans une caisse ». Il s'installe donc devant le phonographe, et tout le village vient se grouper autour de lui. La « Marche aux flambeaux » fait son admiration, et lorsque les cuivres donnent la contre-partie, l'excellent roi se tourne vers ses joueurs de trompette pour se rendre compte qu'ils sont à leur place et que nous ne les avons pas escamotés.

11 existe à Boussa une légende, qui a peut-être un fondement historique, relative à la mort de Mungo Parle; on prétend que cet explorateur fut assassiné par les Kambaris sur l'ordre du roi. Bien que nous n'ayons aucune confiance en la parole de Kissalé Dogo, je tentai de connaître la vérité et de savoir si réellement les papiers et les journaux de marche de Mungo Park sont, comme on le dit, enfermés dans une cassette enterrée souj les murs du palais. Le roi n'est pas catégorique du tout.

LE NIGLR.

Il répond à ma question en disant qu'il n'est pas au courant de cette affaire : il a bien entendu parler d'un blanc que le diable de Garafiri renversa jadis dans le rapide et que les ca"ïmans ont mangé; mais, dit-il, ses prédécesseurs ne l'ont jamais informé positivement de ce fait.

Dépari de Doussa. — Après deux jours de repos, nous quittons Boussa; notre chargement est au complet. Comme le dit Toutée dans son ouvrage Dahomé-N igev-Touareg, « il ne nous manque pas une aiguille » ; les porteurs qui firent au rapide le transbordement des caisses ne nous ont rien volé. Le vieux chef de Garafiri nous a, d'ailleurs, appris qu'il existe, dans le village, une case spécialement réservée à « Djiali », le génie de la Justice. Lorsqu'un Kambari commet un vol, un mensonge, une mauvaise action, son esprit tourmenté par le Djiali, l'accable de remords, en sorte qu'il vient aussitôt se dénoncer. S'il arrive cependant qu'un homme ait assez de tempérament pour supporter son crime sans le révéler, ses jours sont comptés : Djiali le fait mourir dans l'année....

Le 21 avril, à cinq heures du matin, armé et équipé de toutes pièces, le convoi se met en route vers Yelloua. Le démarrage est difficile; un courant, qui débouche à 20 mètres en amont, force les pilotes à s'y reprendre à plusieurs fois, à revenir vers la berge pour trouver un point d'appui dans les branches; à sept heures seulement, le dernier chaland quitte Boussa. Nous longeons une grande île, puis nous contournons des îlots rocheux très boisés. Le fleuve murmure dans tous ces petits rapides : ce n'est plus le chaos impressionnant des grands obstacles, c'est un bruissement de filets d'eau sur des cascades; s'il faisait moins chaud, on se croirait dans la haute vallée d'une de nos rivières, l'Yonne ou l'Aube.

De Boussa à Gané-Ka sa.. — Nous avançons lentement; sur mon ordre mon embarcation reste en arrière pour porter secours aux retardataires. Vers cinq heures du soir, nous rejoignons le convoi qui s'est échoué sur un banc de roches, le dernier de la région. Encore un effort! nous jetons des cordelles sur

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