FOUT D A>SO.\G
Niger, me disait un jour : « Ces nhommes-là, y a toujours corder (accorder) avec nous, même chose Bambaras. »
Sorbo est un centre assez riche, mais les terres sont peu cultivées. Le Niger y reçoit sur la rive droite un affluent, la Sirba, qui vient de l'intérieur de la « boucle » et traverse des forêts où les piroguiers vont abattre de gros arbres pour y creuser leurs embarcations. Cette rivière est grossie par les pluies de l'hivernage et par des mares que Barth a rencontrées sur sa route. La flottille a son port de repos et son sanatorium à l'embouchure de la Sirba; c'est là que le personnel va se remettre de ses fatigues et de ses privations, à quelques centaines de mètres du poste militaire et des camarades, toujours prêts à nous bien accueillir.
A Sorbo nous renouvelons nos équipages fatigués, et le 16 décembre, la flottille se remet en marche vers le nord. Notre deuxième convoi devait ravitailler tous les postes du Niger jusqu'à Ansongo, sommet des derniers rapides, ainsi que ceux qui se trouvant à plus de 120 kilomètres à l'intérieur de
IXONDATIONS. — ILES INNOMBRABLES
EMBOUCHURB Dli LA SIUBA, AFFLUENT DE l'iSSA-BER.
la boucle. Nous visitons Sansané Aoussa, Maloum, grand centre populeux qui se compose d'une vingtaine de villages situés dans des iles, Tillabéri où le fleuve présente un petit rapide; puis nous arrivons à Sinder-Niger. Dans toute cette région, les abords du fleuve sont très cultivés, les inondations s'étendent parfois à perte de vue dans les échancrures du plateau nigérien; nous naviguons sur des rizières et des champs de mil récemment moissonnés et dont les récoltes sont emmagasinées dans les greniers de Sinder. C'est une île qui paraît extrêmement peuplée. L'aspect de ce village est des plus curieux. Les indigènes construisent, en guise de resserres, d'immenses jarres renversées, véritables hémisphères de 2^50 de diamètre, en superposant avec régularité des assises d'argile très minces. Tls ménagent une ouverture circulaire à la partie supérieure qu'ils recouvrent d'un chapeau; puis, lorsque le soleil a séché
la terre .irlaisc, ils allument à l'intérieur un grand feu de paille pour d ircir cet ingénieux magasin qui résiste assez longtemps aux ')Iuies de rhiverna-ze.
VILLAGE DIC SlXUEIl.
Autrefois, les Touareg opprimaient la région et pillaient les récoltes; mais les habitants se préservaient de leurs incursions en centralisant les grains dans ces îles que l'ennemi ne pouvait atteindre, faute de pirogues.
Les rapides du nord. — Le fleuve est d'abord facile en amont de Sorbo ; nous campons à Til^i Farca, point terminus de la première mission Toutée; puis les rapides commencent. L'obstacle de Dessa est un étranglement rocheux; Kendadji parait plus difficile, mais nous l'avons franchi en vingt-cinq minutes. En ce point, le fleuve est dominé sur chaque rive par deux amoncellements granitiques, aux roches arrondies, qui semblent descendues d'un immense tombereau et qui projettent une barrière dans rissa-Ber. C'est à Kendadji que le plateau nigérien révèle ses derniers vestiges, son allure générale et sa nature géologique. Il n'en reste plus que des buttes en forme de trapèze de 175 à 200 mètres d'altitude. Ici, la vallée est un dédale inimaginable de petits bras et d'ilôts, sur lesquels se trouvent de beaux villages; de superbes autruches y courent en liberté.
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