‹ Le Niger, voie ouverte à notre empire africainChapitre 58 sur 81 · CHAPITRE VIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIT

Le Nil français, Issa-Ber (suite). — Rapide de Labezenga. — Timbouctou. — Touareg. — Bellas et Dagas. — Le Bara-Issa et le Koli-Koli. — Naufrage sur le Débo. — Le delta Niger-Bani. — Le Djoliba. — Ses piroguiers. — La légende du roi Mourouho.

JE profitai des bons offices du lieutenant Thibaut et des excellentes relations qu'il entretenait avec ses administrés pour donner à mes équipages tout le confort nécessaire. La région est habitée par les Touareg, qui paissent là de superbes troupeaux. Un véritable fléau, la peste bovine, réduisit, ces dernières années, les richesses des Nomades. La région du Nil français est tellement semblable à l'Egypte, qu'elle a aussi ses plaies intermittentes.

Vie des Touareg et Réghne hydrographique de la Boucle. — La vie des Touareg est variable, car elle se règle sur la marche de leurs troupeaux; or ceux-ci se déplacent avec la crue du Niger et leurs mouvements sont intimement liés à son régime.

Chaque année, vers la fin de juin, les Touareg s'enfoncent dans l'intérieur de la Boucle et vont hiverner dans la région des mares grossies par les pluies de la saison. Ils y trouvent de l'eau, de l'herbe qui croît et se développe avec l'humidité. De plus, après chaque tornade, lorsque le soleil a pompé les flaques d'eau, le sol se recouvre d'efflorescences salines, dont le bétail est très friand et qu'il lèche pour son plus grand bien.

Le chapelet de mares qui s'étend à l'intérieur de la Boucle du Niger n'est pas indépendant du fleuve. Il existe des canaux pérennes qui le font communiquer avec l'Issa-Ber, et chaque

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année, vers le milieu d'août, on peut remonter en pirogue à de grandes distances du fleuve. Nul doute que ce chapelet de mares soit un ancien fond marin, mais il n'est plus aujourd'hui qu'un régulateur de la crue, à l'égal de la région lacustre que l'on trouve à l'ouest de Timbouctou.

C'est près de ces mares que les Touareg hivernent jusqu'au mois de mars. A cette époque la sécheresse les repousse vers le Niger, dont la crue (maxima en février) commence à découvrir les pâturages riverains. Escomptant déjà ce retour et craignant de me trouver dans l'impossibilité de nourrir mes équipages avec les ressources infimes du Kouarra, je résolus d'acheter un troupeau et de l'envoyer à Say, afin de l'y trouver lors de ma descente prochaine sur Arenberg. Thibaut fit appeler

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