‹ Le Niger, voie ouverte à notre empire africainChapitre 60 sur 81 · DÉBARQUAIT LE TROUPEAU POUR LB FAIRE PAITRB · texte numérisé non relu

DÉBARQUAIT LE TROUPEAU POUR LB FAIRE PAITRB

LE MGER.

cœur même du Soudan par le Bas-Niger. Je donnai l'ordre de décharger les embarcations et décidai que nous commencerions, le 3 janvier, la descente sur Badjibo, où nous ne devions rentrer que le 4 février, après une marche de cent dix-neuf jours^

En 1899, lors de ma première excursion sur le fleuve, j'avais atteint et dépassé Ansongo; je me trouvais donc en pays déjà visité par moi, et je vais dorénavant décrire le Niger d'après les souvenirs de mes expéditions antérieures.

En fleuve calme. — A partir d'Ansongo jusqu'à Timbouctou, Ségou, Koulikoro et Toulimandio, c'est-à-dire sur environ 1400 kilomètres de son cours, le Niger est absolument calme. Les rives de l'Issa-Ber sont à peu près désertes, parce que les Touareg ont tout pillé. Cependant nous sommes au milieu d'une vallée qui, deux siècles auparavant, était habitée tout le

1. J'arrivai à Buussa, le 2 février, le fleuve avait repris son régime de la saison sèche. Les chutes de Garafiri, trop accentuées, nous obligèrent à descendre par le marigot central de gauche. Le 4 février, de bon matin, le convoi rentrait à l'enclave d'Arenberg sans le moindre accident, sans la moindre perte. Malheureusement, Anthoine avait contracté en cours de route une dysenterie qui devait le mener dans la tombe. Je l'envoyai à l'hôpital de Jebba, puis profitai du voyage de Groisne pour le diriger sur Porto Xovo ainsi que Messéant, qu'une fièvre bilieuse hématurique avait mis à bout de forces. C'est avec une joie sans mélange que je retrouvai de Peyronnct sur l'enclave, toujours fidèle au poste, toujours dévoué, toujours prêt au sacrifice. Les privations, le dur climat, l'isolement, la fatigue et l'anémie n'avaient point ébranlé son énergie. Je le trouvai prêt à commander le troisième convoi qui partit de Bjdjibo, le 4 mars, pour Sorbo. Ce fut derechef un succès aussi brillant que complet. Le troisième territoire militaire se trouva de ce fait ravitaillé pour un an. A la même époque, mes fonds étaient totalement épuisés. Seul, je pouvais négocier et faire les démarches pour en demander au Gouverneur général. J'étais éloigné de toute communication rapide, et je prévoyais les difficultés de toutes sortes qui pouvaient résulter du manque d'argent. Je vis immédiatement la gravité de la situation, et me dirigeai en toute hâte sur Porto Novo pour demander les sommes nécessaires au paiement des piroguiers et à la marche du troisième convoi. C'est encore à l'aimable intervention de M. Liotard que nous dûmes des subsides; de Peyronnet les reçut par voie de terre à Say, précisément le jour où sa caisse était épuisée. Je quittai le Dahomey, le 4 mars, pour aller déposer mes comptes et mon rapport à Saint-Louis; c'est là que je fus présenté à M. Pionme, gouverneur général de l'Afrique occidentale, qui fut très bienveillant pour nos efforts et qui nous témoigna beaucoup d'intérêt. Enfin, le 1<='' avril, j embarquai sur le paquebot Brésil, des Mes-agf^ries maritimes, qui me déposait à Bordean.x, le 7 mai, tout à fait remis de mes fatigues, avec la conscie ce heureuse du devoir accompli.

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