‹ Le Niger, voie ouverte à notre empire africainChapitre 64 sur 81 · LA CAPITALE DE DJENNÉ · texte numérisé non relu

LA CAPITALE DE DJENNÉ

LE ML FRANÇAIS I.SO.NDANT LES RIVES DE SA CaUE FtlRTlLlSA.NTF

A tous égards, cette ancienne capitale est admirablement située. Des canaux et des marigots, qui l'enserrent de toutes parts, conduisent vers le Bani ou vers le Djoliba, vers les forêts de Koutiala, vers le Macina, le Mossi, les territoires de la Boucle, vers Saraféré, Kabara, vers Ségou, Sansanding, Nyamina, Bamako; d'autre part, de belles pirogues longues, solides et souvent chargées de 12 à 15 tonnes, sont mouillées devant les remparts, au pied des ruines de la vieille mosquée, détruite par le feu du ciel et sous les murs de laquelle Allah ensevelit les Toucoulcurs pour les châtier de leur dépravation. Il règne au marché une activité considérable, mais elle devait être plus grande autrefois. Les produits les plus variés y sont échangés contre les denrées provenant des pays voisins. De

LF. MCrFR.

plus, la région, quoique manquant de bras, produit du mil et du riz en abondance; c'est le grenier du Soudan, c'est là que nos fils et nos successeurs verront renaître à la culture ces immenses rizières, que les herbes et les lotus recouvrent en partie à l'heure actuelle. Et ce jour-là, Djenné redeviendra la reine des cités commerciales de notre empire africain.

Après avoir reconnu les marigots du delta Bani-Djoliba, je rentrai à Koulikoro, le 1" septembre, par Sansanding, Ségou et Nyamina. Ce sont de grands centres, de beaux villages, des régions cultivées où les terres sont riches et productives. C'est le vrai pays du Nil français. Le fleuve avait beaucoup monté, l'inondation recouvrait les berges et déposait son apport annuel de limon fertilisateur; je naviguais dans les champs de mil, sur les rizières, parfois même à travers la forêt.

Bambaras-Somonos et Bozos. — Mes hommes étaient à bout de forces, nous avions fait un trajet de 3 700 kilomètres sur le fleuve, effectuant chaque jour des étapes qui variaient de 90 à 130 kilomètres. Nous étions de retour dans le pays bambara, au pied du plateau du Bélédougou, chez des peuplades très accueillantes qui venaient me saluer et m'apporter des vivres.

Les Bambaras constituent l'une des plus importantes tribus de la race mandé. Voyageurs, navigateurs et commerçants, les Mandés se sont répandus sur le fleuve, à travers la Boucle et le Soudan. Croisés avec les Sonraïs, ils ont produit sur l'Issa- Bcr les Courtébés, les Ilabés, les Ouagobés, dont nous avons déjà parlé; avec les habitants de l'empire de Djenné, Sonraïs également, ils ont donné la secte des Bozos, piroguiers de rissa-Ber et du Bani; avec les Somonos, race émigrée du Kouarra qui, je crois, provient des Kambaris et remonte le fleuve en partant des rapides de Boussa, ils ont produit une caste de piroguiers, de gens qui naissent avec la science de la navigation du Niger. Ce sont les Somonos-Bambaras. Le Somono diffère très peu du Kambari. Les Bozos, au contraire, ont bien plutôt l'aspect du Sonra'i et du Courtébé; le type pur

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