‹ Le Niger, voie ouverte à notre empire africainChapitre 7 sur 81 · VOYAGE PAR MER · texte numérisé non relu

VOYAGE PAR MER

gement survint entre le département des Colonies et l'armateur du vapeur Conseil, cargo-boat de trois mille tonnes, qui vint au Havre pour nous embarquer. Nous partions avec dix mille caisses, dont environ neuf mille de ravitaillement qui remplissaient tout un hangar.

Les quinze embarcations en bois qu'il ne fallait pas songer à mettre dans la cale formaient une pontée très volumineuse. Le département des Colonies exigeait que ces embarcations, placées sur le pont, fussent étayées par des poutres et mises à l'abri des coups de mer par de fortes saisines en cordes. Il fallut huit jours pour les arrimer.

Voyage par mer. — Le 23 janvier 1901, nous étions prêts à gagner le large, lorsque survint une violente tempête qui causa de nombreux sinistres sur nos côtes ; il nous fallut attendre qu'elle cessât, et c'est le 29 seulement, par un calme très relatif, que nous quittions le Havre pour la côte d'Afrique. Et déjà les sujets de préoccupations semblaient ne pas nous faire défaut :

1° Le Conseil calait 6™85 et d'après les renseignements que nous possédions, il n'y avait que 6™90 (23 pieds) d'eau sur la barie de Forcados. 2° La tempête sévissait toujours dans l'Atlantique et pouvait arracher nos chalands sur le pont. 3° Nous avions un retard considérable. Allions-nous encore trouver de l'eau dans les rapides? 4° Le débarquement à Forcados, en pleine rade, serait-il possible?

5» Les Anglais feraient -ils un accueil sympathique à cette première tentative de convois en transit libre sur le Niger? etc.

Mais à quoi bon s'inquiéter?

Quel remède pouvions-nous apporter à la situation? Aucun. Pourquoi dès lors se tourmenter d'avance en face d'événements si lointains?

U. LLltlCIIi:, CAPITAINE DU « CONSEIL ».

Page 1