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DÉCOUVERTE DU LAC ALBERT NYANZA

(Le Luta N’zigé de Speke.)

M. et Mme Baker. — Khartoum et ses habitants. — Remonte du Bahr-et-Abiad. — Gondokoro. — Rencontre de Speke et de Grant. — Plan d’explorations. — Difficultés nouvelles. — Le pays d’Ellyria. — Le Latouka. — L’Obbo. — Le Nil à Karouma. — Le soi-disant Kamrasi. — Épreuves cruelles. — Danger et salut. — Le lac Albert. — Navigation. — La grande cataracte du Nil. — L’effroi du vrai Kamrasi. — Retour. — Conclusion.

Après plusieurs années de voyages dans l’Inde et à Ceylan, je me trouvais en Égypte, au printemps de 1861, prêt à me diriger vers les sources du Nil. J’avais l’espoir de rencontrer quelque part dans leur voisinage les capitaines Speke et Grant, que le gouvernement anglais avait encouragés à faire la même recherche, par la voie de Zanzibar.

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Les sources du Nil ayant défié jusqu’alors toutes les explorations et fait échouer les plus fiers courages, je m’étais bien gardé de mettre le public dans la confidence de mes projets; mais j’étais irrévocablement déterminé à triompher des difficultés de ma tâche, ou à périr dans la lutte.

Persuadé que, dans les expéditions composées de plusieurs personnes, les moindres difficultés aboutissent généralement à des avis opposés qui deviennent des obstacles à l’entreprise, j'avais d’abord résolu de partir seul. Je me confiais dans mon tempérament éprouvé, ma longue expérience de la vie sauvage, mes loisirs et des ressources pécuniaires que je me proposais de consacrer sans réserve à l’objet que j’avais en vue. D’ailleurs, si j’avais été seul sur une route infréquentée , le danger de mourir ne m’aurait pas effrayé. Mais à ma destinée était liée une compagne, source tout à la fois de ma plus grande consolation et de ma plus grande sollicitude. Or, elle prétendait partager les périls que j’allais affronter. Presque au début de l’existence, pour elle lage mûr était encore une question de lointain avenir. Je l’eusse laissée avec bonheur environnée des douceurs du foyer domestique, car je frissonnais d’horreur en pensant à l’abandon où ma mort pourrait la laisser seule et sans protection au milieu des déserts. En vain, je la suppliai de demeurer au Caire ; avec

la constance et le dévouement de son sexe , elle était résolue à partager toutes mes épreuves. Comme Ruth, elle répondait âmes objections : « En quelque lieu que vous alliez , j’irai avec vous. La terre où vous mourrez me verra mourir et je serai ensevelie où vous le serez. *

Ce fut donc avec elle que je partis du Caire, le 15 avril 1861, pour remonter le Nil. Nous atteignîmes Korosko le 11 mai, et, le 11 juin 1862, après une année tout entière passée sur les frontières septentrionales de l’Abyssinie, et une exploration minutieuse des cours inférieurs de l’Àtbara et du fleuve Bleu, «exploration qui sera l’objet d’une relation spéciale, nous arrivâmes à Khartoum, résidence du gouverneur général du Soudan égyptien et des consuls de France, d’Autriche et d’Amérique. C’est un séjour immonde. Sa garnison ne vit que de maraude. Tous les employés du gouvernement sont malhonnêtes et voleurs. Le gouverneur ordinairement ruine le pays par ses taxes oppressives et ses malversations. Le Soudan n’exporte que de la gomme, du séné, des cuirs et environ pour cent mille francs d’ivoire par an. Si cette possession est intéressante pour l’Égypte, ce n’est que parce qu’elle fournit des esclaves aux pays mahométans.

A Khartoum, l’argent valant de 36 à 80 pour cent, il y a peu de place pour un commerce

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légitime ; aussi n’en fait-on guère d’autre ici que celui des esclaves, et, en général, c’est dans cette catégorie d’affaires qu’il faut ranger ce qu’on appelle le commerce du Nil Blanc. Voici comment cela s’organise. Un aventurier sans ressources trouve pour ce négoce à emprunter à cent pour cent'. Il lève une bande de coupe-jarrets et part vers le mois de décembre. Au delà de Gondokoro, il s’allie à un chef nègre quelconque, cerne un village hostile à ce dernier, y met le feu, tue les hommes et emmène les femmes et les enfants, avec le bétail, l’ivoire et le reste du butin. Pour sa peine, le chef nègre obtint d’abord trente ou quarante têtes de bétail; un tiers des vaches et des bœufs revient aux gens de l’expédition et le reste au négociant, qui rentre graduellement en possession du tout, en troquant contre des esclaves ce qu’ont obtenu ses gens, puis en profitant d’une dispute pour tuer le chef son allié, dont le peuple est à son tour pillé et réduit en esclavage. Le bétail est troqué ensuite contre des esclaves et de l’ivoire. Alors le négociant, laissant jusqu’à son retour une partie de sa bande continuer les mêmes procédés, prend le chemin de Khartoum. A quelques lieues en avant il se défait de ses esclaves, qu’on expédie vers tous les pays de l’islamisme. Rentré en ville avec son ivoire et son argent, le négociant liquide son emprunt et devient capita-

liste à son tour. Tel est le commerce du Nil Blanc.

Il s’ensuit que tout Européen qui veut remonter ce fleuve est regardé comme un espion, cherchant à violer le secret du territoire à esclaves, et que tout le monde, autorités , négociants, agents, se trouve intéressé à entraver son expédition.

Cependant, grâce à mon argent comptant, je réussis en quelques semaines à fréter deux bateaux à voile et une barque pontée, et à engager onze domestiques, quarante mariniers et quarante-cinq hommes armés, qui s’obligeaient à ne pas piller et à m’obéir absolument. Chacun reçut d’avance cinq mois de gage, fut revêtu d’un uniforme brun et largement pourvu de vivres. J’avais en outre quatre chevaux, quatre chameaux et vingt et un ânes, pour lesquels, avec l’aide d’un Bavarois, nommé Johann Schmidt, bon chasseur, homme aussi habile qu’honnête, j’avais fait faire des selles et des bâts, confectionnés avec le plus grand soin.

Nous partîmes de Khartoum le 18 décembre 1862, passant en quelques minutes du Nil Bleu dans le Nil Blanc, dont nous devions longtemps remonter le cours.

Dès les premiers jours de cette lente navigation, nous rencontrâmes des forêts marécageuses de sount ( Acacia Arabica ) , repaire de la fièvre et des

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moustiques; bientôt le courant se trouva séparé des rives par des masses de plantes flottantes, d’arbres appelés danemon mirabilis ou ambalch, et de roseaux, couvrant des deux côtés un espace de cinq cents mètres du fleuve, dont la largeur totale atteignait environ quinze cents mètres.

Avec l’année nouvelle, nous laissions le Kordofan sur notre droite et nous entrions dans la région où l’homme cesse de s’habiller. A l’est s’étend le pays des Denkas; à l’ouest, celui des Shelouks.

Les noirs paraissent fort nombreux ; ils ont des embarcations moitié canots et radeaux, d’immenses troupeaux et tous les caractères de cette vie sauvage que les nègres mènent depuis le Kordofan jusqu’à l’Obbo.

Les tribus qui peuplent cette contrée ont pour armes des lances, des arcs, des flèches empoisonnées, des bracelets armés de piquants pour déchirer leurs adversaires en les étreignant, des boucliers, des massues à tète de fer et des haches; pour instruments, des couteaux, des houes ou molottes en forme d’as de pique, des tambours ou nogaras, et des harpes à huit cordes ou rababas; pour ustensiles, des pipes, des tasses et des jarres en poterie plus ou moins habilement fabriquée.

Jusqu’au confluent du Sobat, les villages sont

nombreux chez les Shelouks, tandis que le Denka est plat et marécageux. Le Nil a des eaux mortes et limoneuses; eelles du Sobat sont plus limpides et font cinq milles à l’heure. Le Sobat avait vingtsept pieds de profondeur lors de notre passage, mais c’est un torrent qui se subdivise, à peu de distance du confluent, en plusieurs autres, et qui s’assèche dès qu’il ne pleut point.

Par delà, le Nil ressemble à un grand marais, où le chenal, au milieu de roseaux étendus à perte de vue, n'a que cent cinquante mètres de large. Dans cette partie de son cours, il reçoit, sur la rive droite, le Bahr-el-Girafe et, sur la gauche, le Bahr-el-Gazal. Le premier n’est qu’une branche du Nil même, dérivée en amont; le second n’est qu’un long système de marécages sans courant. Ici le passage ne peut être ouvert qu’au milieu des roseaux, des ambatchs, et de papirus magnifiques dont le sommet a environ quatre pieds de diamètre; la navigation ne se fait qu’en halant péniblement les navires au moyen de cordages attachés aux roseaux ; c’est le domaine perpétuel de la fièvre. La tige des arbres ne portant pas de marque faite par les hautes eaux, j’en ai conclu que le niveau y change peu sensiblement malgré la diversité des saisons. Les bras du Nil y ressemblent à un écheveau de fil étendu sur une mare , et l’on comprend aisément, à la vue des sinuosi-

de quatre pouces comme la corne d’un rhinocéros et qu’elles ornent de verroteries. Elles sont hideuses. Les hommes, malgré leur taille et leur vigueur, ne sont guère plus beaux. Leurs pipes contiennent près d’un quart de livre de tabac, et, si ce narcotique vient à leur manquer, ils le remplacent par du charbon de bois. Le sac qu’ils suspendent à leur cou est sans doute destiné à contenir les cadeaux qu’on leur fait.

Le chef de ce village s’appelait Joctian ; il vint nous rendre visite avec sa femme et sa fille , et, pendant qu’il était assis sur un divan de notre cabine, j’ai dessiné son portrait, dont il a été enchanté. Gomme je lui demandais à quoi pouvait lui servir son bracelet à pointes, ce doux homme me montra les cicatrices, dont, à l’aide de son instrument, il avait marqué le dos de sa chère moitié. Cette aimable famille se retira charmée des dons que je lui avais faits.

Les détours du Nil sont si multipliés qu’aucun vent n’est favorable pour le remonter. On n’avance qu’en se faisant haler par de pauvres diables qui s’épuisent à tirer la corde jour et nuit, enfoncés dans les boues du marais, perdus dans les joncs, affolés par des nuées de moustiques.

Aussi loin que l’œil peut s’étendre, tout est tristesse et désolation sur cette terre de misère et de lièvres. Le cri monotone de la poule d’eau.

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l’éternel bourdonnement des insectes, les rauques ronflements de l’hippopotame rappellent au voyageur qu’il remonte ce Nil mystérieux qui cache ses premières ondes à l’univers; des îles d’arbres et de végétaux descendent silencieusement le fleuve ; elles portent des cigognes venues de pays ignorés sur ces radeaux dont la nature a fait tous les frais. Rien au monde n’abat le courage comme les aspects mélancoliques de cette partie du cours du Nil. Je vis un petit coin de terre sèche s’élevant légèrement au-dessus du marais sans bornes; c’était le lieu de repos de quelques hommes blancs dont les indigènes ignoraient la nationalité. La tombe de ces enfants de l’Europe, leur canot échoué dans le fleuve, quels lugubres jalons sur la route de l’explorateur du haut Nil!... Moi aussi, près de là, je dus creuser une fosse dans les fanges du marais, et planter une croix sans apprêts sur le corps du pauvre Jean Schmidt, bon et fidèle Allemand de ma suite, mort, presque au début de l’expédition, de cette fièvre paludéenne, l’un des fléaux de ces fatales rives du Nil Blanc. Je fus profondément affligé de la perte de ce brave garçon, mon seul compagnon européen ; mais, l’abandonnant dans son champ de repos solitaire, je dus me remettre à lutter contre le courant du fleuve pour remonter à Gondokoro.

J’atteignis cette localité (4° 55' de latitude) quarante-cinq jours après mon départ de Khartoum; la distance en droite ligne entre ces deux points est d’environ sept cent cinquante milles (1100 kilomètres). Je débarquai toutes mes bêtes de somme en bon ordre et je résolus d’attendre l’arrivée d’un traitant venant du sud avec ses hommes, dans le but de m’entendre avec lui pour installer dans sa station, vers 3° 15', un dépôt de provisions auquel je pusse recourir en cas de besoin.

Gondokoro est un misérable village de huttes de gazon, habité dans la saison par les traitants arrivant de l’intérieur avec de l’ivoire et des esclaves. Le sol y est pauvre, mais le paysage y est animé et égayé par la vue des hameaux indigènes, des arbres toujours verts et des lointaines montagnes de l’est et du sud, dont l’aspect réjouit l’âme de l’homme qui vient de traverser les monotones marais du Nil Blanc.

J’étais depuis quinze jours à Gondokoro quand, un jour, j’entendis tout à coup, vers le sud, un bruit de coups de fusil; en même temps, on se précipita dans ma cabine en me disant qu’un parti de traitants arrivait dans cette direction avec deux blancs, deux Anglais , partis du bord -de la mer. Gomment peindre mes sentiments dans un moment pareil! Mes châteaux en Espagne, mes rêves les plus chéris se réalisaient. Encore quelques mi-

nutes et je tombais dans les bras des vaillants explorateurs Speke et Grant, qui descendaient la rive du Nil , vêtus de haillons , épuisés de fatigues, l’air sauvage, mais fiers du succès de leur voyage. Speke était un de mes vieux amis, et je sentis que son brave compagnon Grant l’était devenu tout d’un coup. C’est qu’une rencontre pareille au cœur de l’Afrique remplace l’ouvrage du temps, et qu’une cordiale poignée de mains y vaut les longues années d’une vie côte à côte. Un sentiment de désenchantement jeta pour moi quelque ombre sur une si belle heure. J’avais toujours espéré que ma rencontre avec Speke et Grant, aurait lieu dans la région des sources du fleuve, et que je partagerais avec eux l’honneur d’une si belle découverte. Tous mes préparatifs étaient faits et j’étais prêt à partir pour atteindre ce but, si éloigné qu’il fût. Speke me consola en me disant qu’il restait beaucoup à faire. Il avait, disait-il, appris des indigènes qu’il se trouvait, à l’ouest de l’Ounyoro, un grand lac qui pouvait bien être la seconde source du Nil. Le fleuve, lui avait-on dit, s’y jetait pour en sortir aussitôt et continuer sa course vers Gondokoro. Speke ajouta que Grant et lui, après avoir traversé le fleuve aux chutes de Karouma, vers 2° 20' de latitude nord, l’avaient abandonné à l’angle d’un coude qu’il fait subitement vers l’ouest. Tl termina en

disant qu’il était de la plus haute importance de suivre le Nil du point où ils l’avaient quitté jusqu’au lac Louta N’zigé, — c’est le nom qu’il donnait à ce réservoir inconnu. — Je pris aussitôt la détermination de tenter cette exploration, persuadé que ce lac devait être d’une grande importance dans l’économie du bassin du fleuve.

Mais le caractère des gens de ma suite ébranlait ma résolution et glaçait mes espérances. Dans ces régions infréquentées où tout crime demeure impuni, fleurit et prospère la plus belle collection possible de gredins que l’on puisse trouver, y compris un certain nombre d’Européens, tous livrés soi-disant au commerce de l’ivoire et commandant à des bandes de brigands armés. Leur prétendu commerce consiste à enlever aux indigènes leurs femmes et leurs enfants, pour les vendre comme esclaves dans le Soudan , et à piller les troupeaux de bêtes à cornes qu’ils échangent ensuite pour des défenses d’éléphants avec les tribus du voisinage. Le commerce du Nil Blanc peut se résumer en ce peu de mots : vol de troupeaux, chasse aux esclaves, incendies et meurtres.

J’étais en présence de deux grandes difficultés : l’hostilité des indigènes poussés à bout par les marchands d’ivoire, et l’impossibilité de me procurer des porteurs pour les verroteries et bracelets, etc., qui composent en ce pays la monnaie

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d’échange ; les bêtes à cornes restaient mon seul moyen de troc. Ajoutez que mes compagnons de route, recrutés àKhartoum, étaient l’écume delà terre, un ramassis de gens accoutumés à voler les troupeaux, à faire la chasse à l’homme et à recevoir comme payement de leurs services un tiers du bétail dérobé. J’avais bien prévu toutes ces difficultés à Khartoum, et j’avais fait demander quelques soldats comme escorte au gouvernement égyptien, par l’intermédiaire du consul anglais à Alexandrie ; mais ma demande avait été rejetée, bien que les dames Tinné 1 eussent obtenu du même gouvernement des soldats et un officier par l’entremise du consul français de Khartoum.

Quelques jours après le départ de Speke et Grant de Gondokoro, mes hommes se mutinèrent et refusèrent d’aller plus loin ; ils étaient poussés par les traitants qui s’étaient entendus pour empêcher tout voyageur européen de pénétrer dans l’intérieur de l’Afrique et d’en revenir avec des documents sur le commerce des esclaves. Les gens d'Andréa Debono, qui avaient escorté Speke et Grant et avaient consenti à me fournir des porteurs et à me mener à leur camp, partirent tout

1. Trois Hollandaises, poussées par l’inquiet esprit d’aventures, dÿns les régions du Haut-Nil et du Bahr-el-Gaza). — Une seule en est revenue pour aller mourir, dit-on , assassinée dans le pays des Touaregs. (Septembre 1869.)

à coup sans moi, me laissant pour adieu l’avis suivant : « Nous tirerons sur vous si vous nous suivez. » Mes hommes armés, au nombre de quarante, me menaçaient, en même temps, de me fusiller si j’essayais de les désarmer. Tout espoir semblait perdu. Les Barrys, autour de Gondokoro et à quatre journées de marche dans le sud, étaient hostiles à tout voyageur. Cette expédition que j’avais si soigneusement organisée semblait donc déjà toucher à sa lin, et je sentais tout le poids de cette fatalité qui, pendant deux mille ans, s’est abattue sur les chercheurs des sources du Nil.

Je n’avais plus d’escorte. Un seul homme, un Djour, me restait lidèle, avec un petit noir de douze ans et ma femme!... ma femme qui, avec le dévouement de son sexe, résolut, comme moi, d’affronter fatigues et dangers plutôt que de battre en retraite.

Je ne fatiguerai pas mes lecteurs du récit circonstancié de la manière dont je parvins, à force de ménagements, à me faire rendre par les mutins mes armes et mes provisions. Je réussis à en effrayer quelques-uns ; dix-sept consentirent à me suivre vers l'Est. Mon vrai but était le Sud, mais je cédai devant leur obstination à n’accepter que la marche à l’orient. Je découvris plus tard la raison de leur insistance : les coquins avaient conspiré de m’abandonner dans le camp d’un traitant, à sept

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