Strabon, livre XVII, chapitre I er , paragraphe
liastes des âges suivants, elle offre un intérêt tout particulier aux géographes modernes. Car de l’ordre seul dans lequel s’y trouvent inscrits les trois noms d’Àstaboras, d’Astapus et d’Astasobas, on pourrait légitimement induire que le Sobat, confondu, naguère encore, pur plusieurs de nos contemporains avec le Nil-Blanc, était déjà connu à l'époque du savant bibliothécaire d’Alexandrie.
En admettant en outre, que le mot « Asta », radical des trois noms désignés ci-dessus, signilie branche ou courant, on arrive à trouver ce rapport entre les désignations anciennes et modernes : — Ast’ Aboras, l’ Atbara; Ast’ Apus, l’Abaï ; Asta-Sobas, le Sobat.
Si cette hypothèse était fondée, les géographes anciens, dès avant notre ère, auraient possédé sur le bassin supérieur du Nil des données plus exactes que n’en ont eues leurs successeurs jusqu à l’époque actuelle.
Mais en regard de cette supposition nous devons opposer l’état de cette question, tel qu’un grand écrivain du premier siècle, qui lui aussi visait à l’érudition , le fait exposer à Jules César, conquérant de l'Égypte, par le grand prêtre de Memphis.
«... Ton désir, ô César! est de connaître les sources du Nil. Ce fut aussi celui des Pharaons et des tyrans que nous ont envoyés la Perse et la
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Macédoine. Aucun siècle n’a voulu laisser cette découverte aux siècles suivants; mais la nature impénétrable garde encore son secret.
«Alexandre, le plus grand des rois que Memphis adore, voulut aussi le lui dérober et envoya dans ce but des Éthiopiens aux extrémités de la terre. La zone brûlante du monde les retint consumés aux bords du Nil bouillant. Avant lui notre Sésostris, qui parcourut la terre du levant au couchant et courba le front de ses rois sous le joug de son char, put se désaltérer aux eaux de vos fleuves, le Rhône et le Pô, mais non à celles du Nil, à sa source. Follement atteint d’un même désir, Cambyse parvint jusque chez des peuples qui ont le privilège d’une longue vieillesse, et là, manquant de vivres et forcé de se nourrir des cadavres des siens, il revint sans avoir soulevé tes voiles, ô Nil! 1 »
Presque contemporain de Lucain, le naturaliste Pline nous a aussi laissé une description du Nil, plus difficile à comprendre que celle de Strabon. Plus encore qu’Hérodote il incline à confondre les cours du Nil et du Niger et va chercher leurs sources communes jusque dans la chaîne de l’Atlas!... Mais aujourd’hui, en face des progrès de la science, il serait absurde de rapporter les opinions