‹ Le Nirvâna: poème dramatique en quatre actesChapitre 22 sur 72 · Scène VIII · texte numérisé non relu

Scène VIII

Les mêmes, PRASÉNA, puis LE ROI ET LE JEUNE BRAHME

PRASENA

Quel est le misérable ou le fou téméraire Qui vient ici troubler le calme de mon frère? Gredin ou fou, qu'importe? enchaînez-le!

GAUTAMA

Pardon, Mais...

(Désignant le cadavre.)

Celui-là, comment le puniras-tu donc?

PRASÉNA

Que vois-je? Quel complot?

Le complot de la vie, Le complot éternel contre Tâme asservie, Paraît-il; le complot qui s ourdit chaque jour : Le fleuve est le complice et Tauteur, cest l'amour!

3o LE NIRVANA.

Loin de te courroucer, que cet homme t'émeuve; Mais punis, si tu peux, et l'amour et le fleuve.

LE ROI

La sagesse des dieux, fils, emprunte ta voix; On n incrimine pas d'inéluctables lois.

L'amour, ni la laideur, la grêle ni la foudre. Donc, cet homme, on ne doit le punir ni Tabsoudre, Mais le plaindre et Taider. Il aura notre appui, Car c'est le ciel qui fit tomber nos yeux sur lui. Voulant toujours, dans sa sollicitude immense, Qu'auprès de tout malheur fleurisse une espérance.

GAUTAMA

Cet homme?... Mais peut-on le rendre jeune et fort, Et peut-on redonner la vie à son fils mort?

Oh! mon père, il est temps que je t'ouvre mon âme; Je souffre trop ! De grâce, écoute-moi sans blâme. Non! ne m'interromps pas! Tu nous disais tantôt Qu'on doit se résigner toujours aux lois d'en haut. Eh bien, ma loi, malgré vos efforts, me refuse L'aveuglement qu'il faut pour que la vie amuse.

LE ROI

Que ferai-jc pour toi de plus que je n'ai fait. Mon enfant?

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