ACTE I. — SCENE VIII
C'est là que vit ma femme et que vit mon enfant, Là que dans les parfums et dans le bruit du vent, Si les dieux bienveillants voulaient que j y renaisse, Je retrouverais tout, espoir, amour, jeunesse; On Teffleure parfois, pendant un bref repos.
Mais dès qu'on fait un pas, on lui tourne le dos.
GAUTAMA
Pardon, ami, pardon, d'activer ton angoisse!
Si je puis empêcher que ton malheur ne croisse. Moi, rinnocent qui fus la cause de ton deuil. Parle! j'obéirai.
LE VIEILLARD
Ces larmes dans ton œil Sont les plus grands trésors que tu puisses répandre. Les corbeilles d'osier que je tresse et fais vendre Suffisent à mon corps. Permets-tu seulement.
Comme bienfait suprême au malheureux amant, Que la belle Yadara, sur le bûcher s'en vienne. Comme on fait pour quelqu'un d'une famille ancienne, Comme ferait surtout une qui se souvient.
Répandre des parfums?
J'irai !
LE VIEILLARD
Merci! cest bien!
Nous t'attendrons... A tous, merci! Qu'Indra vous garde!
(Il disparaît avec les serviteurs qui emportent le cadavre.)