‹ Le Nirvâna: poème dramatique en quatre actesChapitre 34 sur 72 · Scène III · texte numérisé non relu

Scène III

Les mêmes, PURNA

PURNA

Suis-je dans le séjour du Çakya-Mouni, Du pieux Gautama, de Tascète béni Qui jeta son habit royal pour Thabit jaune Et qui sut préférer la pénitence au trône?

ANANDA

Cest bien lui notre maître.

ÇARIPOUTRA

Il Ta du moins été

ANANDAj se mettant entre Çaripoutra et Purna.

Daigne accepter, vieillard, son hospitalité.

PURNA

Va lui dire que c'est Purna, nommé le Sage, Qui, pour le visiter, quitta son ermitage.

(Ananda se rend auprès de Gautama.)

KACYAPA

Eh quoi! le saint vieillard que j'ai devant les yeux, Est-ce le grand Purna, le brahmane pieux Dont le geste est fécond comme un geste qui sème, Et qui connaît des lois secrètes?

PURNA

C'est lui-même, Lui-même qui détient dans son âme et sa main Un pouvoir jusqu'à lui réputé surhumain.

(Gautama s'approche.)

Noble et grand Gautama, permets que je salue En toi, non pas le fils du roi, mais l'âme élue.

GAUTAMA

En quelque rang que le Destin éveille un cœur, Il ne faut voir en lui qu'un fils de la douleur.

PURNA, avec emphase.

On ne peut prononcer de plus vaste parole :

Tout rentre en la douleur et d'elle tout s'envole; Elle crée, elle tue; elle abaisse et grandit; Elle est la nuit, elle est le jour qui resplendit; Elle est, en même temps, et la clef et la porte.

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