ACTE II. — SCENE III
KACYAPA, h Gautama.
Tu nous apprends à blasphémer, tu le vois bien!
GAUTAMA
Ne comprenez-vous pas, rien qu a votre colère, Que ce n'est pas vers le repos, mais vers la terre. Que vous marchez?
PURNA
Quoi donc? Oses-tu soutenir Que la souffrance est vaine et quil faut la bannir?
GAUTAMA
Je dis que nous devons mépriser tout mélange Et rendre fâme à lame et la fange à la fange.
PURNA
Aussi faut-il dompter son corps!
GAUTAMA
Il ne faut pas Mêler l'âme à la chair, fût-ce dans des combats. Car, quel que soit le camp qui doive se soumettre, L'esclavage avilit et l'esclave et le maître.
PURNA, aigrement.
Alors les dieux qui sont nos maîtres, que sont-ils ? Il faut les égaler ou les déclarer vils.
GAUTAMA
Au séjour des Bouddhas, vers où je m'achemine. S'il est, entre les dieux, le coudra, le brahmine. Quelque distinction, puissé-je alors ne pas Aborder au séjour bienheureux des Bouddhas!
PURNA
Tu prétends devenir un Bouddha, toi qui nies La grandeur de TefFort et des douleurs bénies? Et moi, moi qui n'étais ici venu te voir Qu'afin de te léguer mon immense savoir; Moi qui, sachant la loi par laquelle on s'élève, Voulais faire de toi mon plus sublime élève Et lancer ta réputation jusqu'aux cieux En unissant ton nom à mon nom glorieux!...
Me serais-je trompé? Non, c'est une faiblesse Passagère...
GAUTAMA
Fort et conscient, je délaisse Un chemin qui, toujours, se traîne sur le sol.