‹ Le Nirvâna: poème dramatique en quatre actesChapitre 39 sur 72 · ACTE II. — SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE II. — SCENE III

Jusqu'au suprême effort qui te révélera

Que la vie est un piège odieux de Mâra,

Et que chaque fierté, chaque espoir, chaque étreinte,

Nourrit la mort et la retient dans notre enceinte.

PURNA, aux disciples.

Vous lavez entendu! Quoi! ce blasphémateur.

Cet ignorant de corps et d'esprit et de cœur. Cette bouche d'où rien ne sort que de perfide. Voilà donc votre maître et voilà votre guide 1 Vers quel dieu voulez-vous qu'il dirige vos pas, Ce lâche déserteur des sublimes combats, Ce prétendu Bouddha qui n'a pas le courage De lutter, môme avec un vieillard de mon âgcf^

ANANDA

Vénérable Purna, devons-nous oublier Que Gautama, pourtant, a su se délier Et des plaisirs, et de la suprême puissance Dont il pouvait user par seul droit de naissance? C'est donc de bonne foi qu'il marche dans l'erreur. Ne peux-tu le sauver?

PURNA

Non! car c'est la terreur

Des devoirs lourds dont on hérite avec le trône Qui lui fit endosser notre vêtement jaune.

Cela se reconnaît au moindre mot qu'il dit.

Il pensait qu'un ascète, un brahmane, un pandit Vivaient modestement leurs jours dans la paresse, Sans jouissances, soit! mais aussi sans détresse. Malheur ! malheur à qui restera sous sa loi ! Je pars ! qui d'entre vous veut me suivre ?

KACYAPA

Moi!

CARIPOUTRA

Moi!

ANANDA

Dois-je partir aussi, Gautama.f^ Vois! je pleure. Je t'ai beaucoup aimé. Veux-tu que je demeure Pour t'aider à rentrer dans le sentier divin. Pour t'aider à souffrir encor?

GAUTAMA

Pars ! c'est en vain Qu'on voudrait désormais m'éloigner de la voie Qui, seule, nous conduit à l'immuable joie.

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