ACTE III. -« SCÈNE IV
MAHANA, à Gautama.
rhommc que tu prétends mettre avec les méchants, C est le grand Dévadat commentateur des chants Sacrés et des Veddas réservés aux brahmanes.
En rinsultant, ce n'est pas lui que tu profanes; Ce sont les dieux, les saints, les nobles et les rois, Les devoirs des petits envers les grands, nos droits Immuables, nos droits divins que ta parole Jette sous les talons d'un esclave qui vole.
Car tes mots doucereux cachent mal ton mépris Pour nous tous : c'en est trop et nous t'avons compris. Ignorants ou savants, esprits pervers ou chastes, A tous tu vas prêchant la vanité des castes.
Oui ! je dis à qui vient à moi, grand ou petit :
Quand un fleuve, le Gange ou l'Aciravatit,
Entre dans l'Océan, il jette tout entière
La souvenance de sa féconde carrière
Et la fierté d'un nom puissant; de même toi
Tu n'auras plus qu'un nom: le nom de notre foi.
MAHANA, à la fouie.
Retenez ce qu'il dit! Il déclare la guerre
A tout ce que les dieux ont réglé sur la terre.
Le rêve qu'il poursuit, chacun de vous le sent, C'est d'être notre maître unique et tout-puissant.
(Mouvement indéterminé dans la foule.)
(A Gautama.)
Tu n'es qu'un révolté
KACYAPA, se précipitant vers Mahâna.
Malheureux!
GAUTAMA, l'arrêtant d'un geste.
Laisse faire !
On ne combat que par la douceur, la colère; Par le bien seulement, il faut vaincre le mal, Et par la vérité, l'erreur!
(On entend un coup de sifflet dans la foule.) MAHANA, bas à Dévadat.
C'est le signal!
Crions!
DÉVADAT
Vil imposteur!
MAHANA
Chassons-le !