‹ Le Nirvâna: poème dramatique en quatre actesChapitre 67 sur 72 · ACTE IV. — SCENE I. ii · texte numérisé non relu

ACTE IV. — SCENE I. ii

Faible, fanée et pauvre, aujourd'hui je renais,

Et malgré mon pas lourd et mon front qui se creuse.

Plus que je ne le fus jamais, je suis heureuse!

SOURHADDA, à Ananda.

On m apprend que le grand, le glorieux Mouni Gautama se prépare à gagner Tlnfini.

Vous connaissez le nom de Soubhadda, peut-être ? Je viens très humblement supplier votre Maître, Avant qu a tout jamais son œil se soit éteint. De chasser, s'il le peut, Tangoisse qui m'étreint.

ANANDA

Je te connais! Tu fus souvent notre adversaire. Mais tu le fus toujours dune âme très sincère, Et le Bouddha, parfois, en nous parlant de toi. Prédisait que ton cœur s'ouvrirait à la foi.

Puisqu'il faut que tout cœur assoiffé de justice. Tôt ou tard à ce qui ne meurt plus aboutisse; Puisqu'il faut que tout cœur mûr pour la vérité, La cherche dans son seul séjour : TÉternité!

SOUBHADDA

Jai travaillé, cherché! Mais c'est, à chaque étape. Le doute qui grandit et l'espoir qui m'échappe.

Je ne sais plus, moi dont on vante le savoir, Ce qu'il faut espérer ni ce qu il faut vouloir. La foi même, la foi de votre pieux Maître, Je la connais sans que son calme me pénètre.

Car malgré mon effort persévérant et pur, Elle a gardé pour moi plus d'un recoin obscur. Que cette claire nuit soit bénie entre toutes. Si Gautama parvient à déchirer mes doutes !

ANANDA

Hélas! tu nous vois tous réunis en ces lieux Pour recevoir ses derniers mots et ses adieux. Mais nul ne pourra plus l'interroger ! L extase Le retient seule encor dans son cachot de vase. Nous a-t-il dit lui-même; on ne peut le troubler. Mais dès qu'autour de lui viendra nous rassembler Sa voix, peut-être sauras-tu, parmi nos larmes. Trouver contre ton mal de triomphantes armes.

SOUBHADDA

Oh! non, le voir auparavant, l'interroger.

ANANDA

Je ne le puis!...

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