‹ Le Nirvâna: poème dramatique en quatre actesChapitre 9 sur 72 · ACTE I. — SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE I. — SCENE II

A ce cœur inquiet, mais vibrant comme un luth? Où s'épanouit-il le corps dont la cadence Lui révélera, mieux que ne le font ma danse La plus lascive et le long frisson de mes nerfs, L'éternel infini qui palpite en nos chairs?

PRASÉNA

De quel ton tu nous dis cela! Quelle amertume!

Oh! non! de la tristesse, au plus! Je m'accoutume Doucement et sans que mon cœur en soit aigri, A voir sécher mon rêve avant qu'il ait fleuri.

. PRASÉNA

Ne désespère pas, Yadara! car toi seule

Peux insuffler un peu de vie en ce corps veule;

Qu'il ait son âme en fête, ou bien qu'il l'ait en deuil

Nul ne peut t'approcher sans trouver dans ton œil

Ou le joyeux soleil, ou la nuit apaisante.

Moi, je veux le soleil!

(Il cherche à l'embrasser.) YADARA, l'arrêtant.

Tu crois que je plaisante.

Prince ?

PRASÉNA

Mais non! je crois que ton petit cerveau Cherche à ta volupté quelque piment nouveau, Yadara! voilà tout!... et que ta chair, en somme, Fatiguée, est en train de faire un petit somme. Laissant ton gentil cœur cueillir en liberté Des fleurs pour parfumer plus tard ta volupté... Cueille du rêve, enfant, cueille! c'est du printemps. Et demain tes baisers en seront plus ardents! Puissent-ils l'être assez pour réveiller mon frère! Parle-t-il de son fils.?

Il s efforce, au contraire, De nen rien dire et rien entendre. L'on croirait Que sur lui cet enfant pèse comme un regret.

Presque comme un remords. Une fois, de sa lèvre, Une fois seulement, en un râle de fièvre.

Le nom de Rahoula sortit. Un vague effroi Ferma ses yeux et j'entendis ce mot : « Pourquoi? » Je voulus l'apaiser : de ma voix la plus tendre Je lui parlai; mais il sembla ne rien entendre. J'attirai sur mon sein sa tête de martyr.

Je l'embrassai; mais il sembla ne rien sentir.

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