‹ Le nivellement des jouissancesChapitre 9 sur 18 · CE QL II, EN COUTAIT JADIS POL H BATIH · texte numérisé non relu

CE QL II, EN COUTAIT JADIS POL H BATIH

les quartiers de Passy ou de Monceau, parce que sa valeur nouvelle représentait, dans leur budget, un loyer disproportionné avec d'autres jouissances qu'ils lui préféraient.

Aujourd'hui, malgré la révolution accomplie dans [les transports, les marchandises lourdes ou encoml'brantes voient facilement doubler leur prix initial Ipar un trajet de quelque longueur sur voie ferrée. [On devine qu'il en coûtait gros de véhiculer ta grande listance des matériaux de construction en un temps [où, sans parler des modes de locomotion modernes, [la navigation fluviale était fort entravée et où ce Lqu'on appelait des « routes » n'étaient que des )istes naturelles, trouées de fondrières en hiver. )6 là grands écarts dans les prix, d'une ville et 'd'une région à l'autre, car ces matières premières (voyageaient fort loin : un entrepreneur obtenait de [François I" (1524) la permission d'enlever, sans [payer les droits de sortie, et de mener en Angleterre H.OOO mètres cubes de pierre de Saint-Leu, près fgenlis, 20.000 hectolitres de plâtre et 50 caisses de i verre.

En France, ù la fin du Moyen Age (1501) la pierre ;de Saint-Leu, brute, prise à la carrière, que le cardinal d'Amboise employait pour son château de Gaillon, ne valait que 18 francs le mètre cube et celle de Vernon 38 francs ; mais à Troyes (1488) la pierre de Tonnerre se payait, port compris, 90 à 100 francs le mètre cube. A Craon (Mayenne) un simple « parpain », pierre d'encoignure, valait 5fr.20, c'est-à-dire plus cher que de nos jours; une pierre pour seuil ou linteau de porte valait de 8 à 13 francs; à Perpignan, la marche d'escalier en pierre de Bais- LCas se vendait 30 francs (1478).

Aux tem|)S modernes, la pierre de taille de Saint-

Cloud, employée à Paris à la construction de l.i porte Saint-Denis (1078), revenait à 170 et 203 francs le mètre cube. Ce devait être un libage de choix, puisque la pierre de Saint-Leu coûtait 64 francs seulement à Versailles, pour le château, et que les murs du Louvre ou des Tuileries se payaient 56 francs le mètre superficiel. Je n'ai pas remarqué, au xviii" siècle, pour le mètre cube, de chiffres inférieurs à ceux de Bordeaux (69 francs) ou de Tulle, en Limousin (80 francs), tandis que la même sorte de pierre était comptée 137 francs à Lyon 1^1748;.

La pierre de Conflans, destinée aux façades de la place de la Concorde, ligure au devis (1760) pour 120 francs le mètre cube, non taillé, rendu sur le port. Or, cette même qualité, cotée officiellement 116 francs dans la plus récente série de la ville de Paris et vendue pratiquement 94 francs, d'après les rabais constatés au Moniteur de l'Entreprise., se trouve être aujourd'hui meilleur marché que sous Louis XV. Quant au « banc tendre » ou « banc royal » de Saint-Leu, sa valeur est peu supérieure à ce qu'elle était sous Louis XIV.

La pierre de taille, aujourd'hui usuelle pour les façades, était d'ailleurs un luxe très rare, même dans les bonnes villes ; son prix importait peu au vulgaire. Mais le moellon n'était guère moins coûteux que de nos jours : à travers l'incohérence apparente des chiffres au Moyen Age, depuis 1 fr. 20 à 2 francs la « voiture » dans les Ardennes ou la Franche-Comté, jusqu'à 8 francs à Paris ou à Orléans et 13 francs à Nantes ; parmi des variations aussi brusques, aux xvii* et xviii' siècles, de 1 franc la charretée à Rodez ou Clermont-Ferrand jusqu'à 5 francs à Nîmes, 8 francs à Bordeaux ou à Toulouse, il est aisé de discerner entre ces extrêmes que

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