‹ Le noir de GuinéeChapitre 12 sur 41 · Ici Cournot devance Summcr Maine 1. Traité, ^J 4ia · texte numérisé non relu

Ici Cournot devance Summcr Maine 1. Traité, ^J 4ia

DE SCIENCE SOCIALE

verncments patriarcal, seigneurial et 7Jiiinicipal.

Le gouvernement patriarcal est celui (les peuples nomades ou pasteurs, qui n'occupent le sol que d'une façon passagère ou intermittente, au profit de la tribu et non dos individus. Alors les hommes se gouvernent par l'idée du lien du sang et non parcelle du domicile ou de la patrie:

l'autorité du chef de tribu, de horde, de clan, de gens est constituée à l'image de l'autorité du chef de famille. Ces groupements (le tribus non fixées au sol (donnant lieu (juelquefois à des puissances formidables qu'on a mal à propos appelées des empires) n'auront qu'une existence éphémère et se dissoudront bientôt. Si des tribus assez homogènes se fondent en une seule et que la grande tribu ainsi formée se lixe sur le sol, s'adonne à Tagriculture, se trouve sufîisamment isolée et cantonnée, les institutions politûiues pourront se perfectionner, toujours sous l'influence du principe patriarcal. Dans une pareille tribu, l'idée de la paternité du gouvernemont pourra devenir la base de la morale publi(iue. Exemples : la Chine jusqu'aux con(iuétes tartares, le Pérou avant la C(mquéte espagnole.

Lorsqu(» les populations nomades deviennent tout à fait sédentaires et agricoles, et que le servage de la glèbe s'est peu à i)(Hi sub.s1itué à l'esclavage domestique, un nouveau principe d'autorité politique se fait jour, celui de la seii^neurie territoriale. La grande propriété collective précède naturellement la petite : il doit se passer bien des siècles avant que l'on songe à morceler des forêts, des pâturages. Le chef de clan a la propriété indivise du territoire, et celui qui en défriche une parcelh* la défriche à titre de colon, sous la charge (run(î redevance ou d'un service. Même dans nos colonies modernes, l'État, pour l'ordinaire, procède d'abord par grandes concessions, parce qu'ainsi W veut encore la bonne organisation de l'entreprise. Sous l'empire de ces faits, le droit tend à se mouler non plus sur l'organisation de la famille, mais .sur le droit civil en tant (lu'il règle la propriété des biens et la transmission des patrimoi-

nes. Une telle institution tend à réprimer l'esprit d'invasion et de conquête, et civilise le droit international, en même temps qu'elle entretient les sujets dans la soumission d'une autorité qu'on ne croirait pas ])ouvoir ébranler, sans ébranler du même coup tous les droits de propriété civile. L'idée de la .seigneurie territoriale est donc éminemment favorable aux progrès d'une civilisation avancée : « là où elle finit par s'user complètement, il n'y a plus de place pour les institutions que fa(;onne le temps, il n'y en a plus que pour l(»s constitutions théori(iues, faites de toutes pièces, de la .solidité de.s(iuelles on peut juger par rexpérience * ».

Le gouvernement municipal naît dans les villes qui sont le centre d'un commerce d'échange et le siège d'une industrie développée : « La ville a ses murailles, ses temï)les, ses marchés, ses rues, ses ports, objtîts d'une utilité palpable, commune à tous, qu'il a fallu construire et qu'il faut entretenir à grands frais, à la construction et à l'entre tien desquels tous sentent l'opportunité de concourir : rien n'est plus propre à donn(»r d'abord l'idée d'une chose publique, de l'intérêt qu'elle fait naître, du droit de la surveiller'^ ». En temps de guerre, la communauté se gouvernera, s'admini.strera, se défendra ellemême, et ét(Midra son empire sur la population rurale à laquelle la ville aura (ionné abri et protection, bans les villes suffisamment riches et puissantes, nous verrons naître des institutions politiques calquées sur les institutions municipales, ou plutôt nous verrons les institutions municipales prendre le caractère d'institutions politiques : nous avons ce phénomène (^ue, dans l'hi-stoire, on appelle une république. On peut concevoir des municipalités rurales, formées à l'instar des municipalités urbaines, là où la configuration (lu sol groupe naturellement entre eux les habitants d'une vallée, d'un canton, rend leurs intérêts solidaires et leur donne des remparts naturels comparables aux murailles d'une ville. L'essence du tj'pe municipal ne sera

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