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i. Traité, '.; MHU :i. Traité/;, «m. — CI. Matvrialistnej p. diîO.
l'Ktat aux mains d'un enfant, d'une femme, d'un vieillard infirme, d'un insensé, d'un idiot, et de s'en rapporter au hasard de la naissance pour la magistrature suprême, là où on ne supporterait pas le droit héréditaire au moindre emploi, à la moindre profession! Que si, pour parer aux inconvénients de l'hérédité, les institutions du pays lient tellement les mains au monarque (ju'il n'hérite plus en réalité que d'une représentation fiistueuse, conmient la raison s'accommodera-t-elle d'une royauté parasite et d'un fantôme de souverain * »?
La théorie du contrat est plus séduisante pour la raison. Or, rien déplus chimérique (jue ce prétendu contrat par lequel les hommes, las de s(; nuire, se seraient entendus pour fonder un gouvernement :
l'histoire offre plusieurs exemi)les, non de contrat social au sens de quelques rêveurs, mais de contrat fédéral entre des peuplades, des cantons, des cités. Or, dans ce cas, si le lien fédéral ne se dissout pas, le pouvoir fédéral tend à s'arroger t(»ute la souveraineté et le confédéré qui proteste est traité comme rebelle : « Mais si l'on (Conçoit qu'un contrat puisse intervenir entre des individualités politiques déjà constituées et en petit nombre, comment ame^ ner des millions d'hommes à négocier, à s'entendre, à contracter dans le vrai sens du mot? » On huir demandera un bulletin de vote (?t la njajorité décidera; soit, mais qui fixera au préalable les formes et les conditions du vote, ne fut-ce que les conditions dïige et de sexe? VA qu'apprllerat-on majtn-ité? Une seule voix suflira-t-elle pour disposer du .sort de ces millions d'hommes? « Au lieu du ^gouvernement d'un idiot, nous pourrons avoir un gouvernement dû au vote d'un idiot, ou de cent, ou de mille idiots : caries chiffres absolus ne font rien à l'afiaire, tant que la nuijorité relative est faible et ne dépasse pas la proportion présumée de ceux qu'on peut assimiler à «les idiots, pour la fonction dont il s'agit. Que si la majorité est forte, ce qu'elle indiquera le plus sûrement, c'est
V. Mntirtufiione. p. 4*2. Traité. ;. vyù, — Cf. Pascal : ■ On ne choisit pas pour Kouverni'r un vaisseau celui (les voviii^curs (]ui est de nifincure maison. »
DE SCIENCE SOCIALE
la supériorité numérique d'une classe ou d une catégorie de votants qui peut opprimer les autres, si elle y trouve ou si elle croit y trouver son compte* ». Et puis, de quel droit la majorité d'hier enchaîneraitelle la majorité d'aujourd'hui? c Ainsi le suffrage universel, cette idole devant laquelle on veut aujourd'hui que tout genou fléchisse, et que peut-être une autre génération bafïbuera, n'est pas plus rationnel que le droit héréditaire ».
Après avoir cherché en vain la base rationnelle du droit politique, veut-on résoudre rationnellement le problème de la pondération des pouvoirs et du mécanisme du gouvernement? Chacun sent la nécessité du contre-poids, et comprend que le gouvernement doit être mixte pour être modéré. Mais la logique conduit rapidement aux conflits, dont l'effet est d'arrêter le mouvement de la machine ou de la briser : « Pour gouverner les hommes, il faut autre chose qu'une procédure, un formulaire, un mécanisme bien ajusté sur le papier; il faut un organisme qui ait la souplesse et la spontanéité de la vie. Il faut que la société trouve dans les traditions, les mœurs, les croyances, de quoi prévenir ou résoudre les crises, modérer les écarts, guérir ou régénérer au besoin la partie lésée ou délabrée. Tel peuple possède un gouvernement vraiment mixte et modéré, non parce que le gouvernement se compose d'un roi, d'une chambre de seigneurs et d'une chambre élective, mais parce qu'il y a dans le tempérament du peuple trois instincts ou dispositions natives très reconnaissables : le culte de la royauté, le respect des supériorités sociales, l'amour de rindéj)endance personnelle. Rien de plus faux par conséquent que cotte idée de M™<^ de Staël et de son école, que les Anglais, en façonnant leur constitution politique, ont trouvé une vérité valable en tout pays comme la gravitation newtonienne... On ne s'en est que trop aperçu aux tristes résultats des contrefaçons - » .
I. Matérialisme, p. ii^. On remarquera la sévérité des jugements de Cournot,qui va croissant du Traité à Matérialisme, — Cf. Pascal, éd. Havet, v, 7 ; • La plus grande et la plus importante chose du monde :?) a pour fondement la faiblesse. >
"2, Matérialisme, p. 225. Ce sens de la race an-
Ce pouvoir politique ne pouvant être fondé ni construit théoriquement, il faut qu'il s*appuie ou sur le droit divin, ou sur le droit national, ou sur la force actuelle, composée de tous les genres de force. Car on ne peut se passer de gouvernement; mais le rôle du gouvernement se restreint de plus en plus. « Le résultat des développements de la civilisation, de la population et de l'industrie doit être de substituer à une constitution hiérarchique de la société, fondée sigr l'idée du droit... une classification tenant à des faits nécessaires et à des lois qui ont la plus grande ressemblance avec celles qui gouvernent le monde physique... La conséquence d'une pareille transformation sera certainement d'exposer la société à de fréquents conflits entre les classes intelligentes et dirigeantes, et les classes nécessiteuses, si facilement accessibles à des colères jalouses et à des appétences grossières 3. »
Ce qui effraie Cournot, ce ne sont pas les révolutions politiques (et il en a vu, Dieu merci), parce que, grâce aux progrès de l'organisation sociale, de la justice intérieure et de l'administration, les crises ont lieu sans interrompre notablement le mouvement de la vie sociale, et le jeu des rouages administratifs : ce qu'il redoute, ce sont les agitations socialistes. 11 les prévoit dès 1801, il les annonce plus menaçantes après la guerre de IS'ÎO; il ne se laisse pas détourner du spectre socialiste par les graves secousses politiques que vient de traverser le pays, et il consacre un chapitre entier au socialisme dans ses Considérations ^ 11 constate la croissance simultanée du nivellement social et de l'àpreté des convoitises, de l'inégalité et de l'instabilité des fortunes, la transformation de la jalousie éternelle du riche par le pauvre en une lutte sans merci du capital et du travail. La société actuelle t met en présence, d'une part, ce qui se détruit par un souffle, et, d'autre part, ceux
glaise est tout à fait remarquable; il semblerait que Cournot connaît les analjsesde M. H. de TourvUle.