Considérations^ p
tielles, toujours contenues par une force supérieure * ».
De ces considérations générales sur la politique, il ressort qu'elle n'est pas et ne saurait devenir une science. Dans ce domaine, rien ne remplace l'instinct des masses et Thabileté des conducteurs. Les vues abstraites se brisent contre les faits, et la vitalité des organismes prévaut contre les utopies des théoriciens. Cependant on peut discerner un progrès lent vers l'équilibre, progrès qu'on pourrait traduircî par cette formule : la politique nous causera de moins en moins de mal. Bien des problèmes politiques restent à résoudre :
ce n'est pas la politique qui les tranchera.
Aucun des grands problèmes à l'ordre du jour n'échappe à l'examen de Cournot :
ni le socialisme et Tanarchisme, ni l'internationalisme, ni la séparation de l'Eglise et de l'Etat •». Sur toutes ces questions, il répand la lumière d'un mot révélateur, il jette des formules denses et des indications suggestives. Il faut lire \)iiv exemj)le le chapitre des Considérations sur l'nvênernent du principe des nationalités ^. Ce principe est apparu tardivement au cours de l'évolution historique et n'aura qu'un temps. Comme le socialisme, l'internationalisme monte : « Dans tout ce qui est compatible avec les intérêts vitaux des grandes puissances militaires, le progrès de l'Europe vers l'extinction des unités factices ne saurait être mis en doute. La seule action du temps doit faire disparaître
t. Cousidcrations, p. 2«2.Cf. Traité, g 4"0 : • Les ré/oUcs des classes inférieures, inhabiles à rien organiser, ne pourront produire que des perturl^atioDs passagères >.
Le sorialisme est l'aboutissement logique de la rf^glcmentaUon ; mais la réglementation n'est qu'un expédient passager, qui marche à rebours de Thistoire : « Les liens politiques, les liens de caste, les liens religieux, les liens mêmes de famUle et de confraternit(^. toutes les institutions en un mot, qui cimentent la solidarité du corps social, sont allés sans cesse en se relâchant et en laissant à iartivité individu elle un plus libre développement. Concevrait-on une interversion soudaine de cette marche séculaire? » (Traité, î; 482).
5. Ne voulant pas nous étendre sur les applications des idées politiques de Cournot, nous renvoyons le lecteur à l'article de M. Darlu {Revue de Métaphysique, mai 1905, p. 113-128}.