‹ Le Nom Des Personnes Au Point De Vue CivilChapitre 6 sur 28 · RIT · texte numérisé non relu

RIT

que de la filiation, du lieu d'origine ou du lieu d’habitation, comme nous l'avons vu au cours de ce chapitre préliminaire ; pour employer l'expression de Loyseau, ce n'est qu'un « génitif ». On a voulu en faire, cependant, un signe infaillible de noblesse et M. de Sémainville (1) a prétendu qu’elle constituait, pour les nobles, en même temps que la dernière épave ayant survécu à la tourmente révolutionnaire, un droit propre et exclusif. Rien n’est moins exact : sa présence ne dénote pas plus la noblesse que son absence ne dénonce la roture. D'où vient donc le préjugé vulgaire qui attribue à la particule une valeur nobiliaire ? [1 date de longtemps, cemme neus l'avons vu ; sa cause remonte au début même de la fécdalité. A ce moment, le nom terrien était le privilège des nobles qui, seuis, pouvaient posséder des fiefs ; le nom du fief s’ajoutait à celui du possesseur. Le plus scuvent la qualification de « seigneur » disparaissait, soit par l’élision volcentaire, soit par nécessité, comme pour les puinés, qui ne pouvaient succéder à la pcessession du fief en présence de leur frère aîné. Ainsi, le nom noble apparaît, au début, toujours accompagné de la particule. Mais ce ne fut, ni dans la suite, ni imême à l’origine, un monopole. Nous savons, en effet, que la plupart des noms rôturiers furent formés par addition du nem du lieu d'erigine ou du lieu d'habitation du titulaire ; or, la soudure du prénom et du nom se fit au moyen de la particule « de ou du », (du Bois, du Pré). Qu'imperte, après cela, que la signification dans l’un et l’autre cas soit différente : que l’une indique la possession (génitif latin) et l’autre (ablatif latin) ? Peut-on les distinguer aujourd’hui ?

(1) Code de la noblesse française, 1. HIT, ch. XIL, $ 4,

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