‹ Le nombre musical grégorienChapitre 120 sur 534 · I. Mode · texte numérisé non relu

I. Mode

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Même exercice, transcription musicale.

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§ 2. — Enchaînement des groupes.

323. — U enchaînement entre deux groupes neumatiques a lieu lorsque la fin d'un groupe et le début du suivant se rassemblent, s'agglutinent, sans se fondre z^^xs-dOiXA, pour former un seul temps binaire ou ternaire.

L'importance de ce fait oblige à quelque développement.. Les groupes-rythmes et les groupes-temps peuvent être ainsi enchaînés au groupe suivant.

A. — Enchaînement après un groupe rythmé par un ictus simple

324. — Cette manière de rythmer les groupes a été déjà expliquée (IL 269). Soit cet exemple :

Fig. 217

Comment r5rthmer ce petit membre de phrase ?

Comme il est écrit, répondra sans hésiter le musicien moderne, c'tst-k-diYt par simple juxtaposition (cf. § i précédent). On chantera donc :

iicf^Sctf

Fig. 218

Et, en chantant, le musicien placera les ictus rythmiques sur la première note de chaque groupe métrique, appuiera sur cette note et glissera légèrement sur les autres. Cette exécution n'a en soi rien qui soit contraire aux lois rythmiques ; à son point de vue, le musicien a raison, et ses habitudes ne lui permettent pas de soupçonner, sous la notation neumatique A, un autre rythme.

Mais est-ce bien là le rythme voulu par l'auteur inconnu de cette mélodie ? et le musicien grégorien serait-il du même avis que le chanteur moderne ?

325. Le musicien grégorien, en face de la notation A ci-dessus,

sera certainement embarrassé : il sait que si parfois les groupes neumatiques représentent des temps composés, des groupes-temps, parfois aussi ces mêmes neumes figurent un groupement rythmique complet, parfait, avec élan et repos. Laquelle de ces deux exécutions devra-t-il choisir? Rien ne le lui enseigne dans la notation. Comment sortir de cette incertitude 1

Voici ce que disent les manuscrits sangalliens et les manuscrits messins :

3iss. Messins /^ /► /^/^ *

CGC

Mss. Sangalliens /\ J / . /•. A.

C R7.G.vetnode. Ç ^'^'!*»^^%^

Ft^. 2ig

326. — Manuscrits sangalliens. — Tout est clair, il faut rythmer tous les groupes, le premier excepté :

Le punctum planum à la dernière note des climacus (3, 4, 5,) indique un léger appui et allongement qui attirent naturellement l'ictus rythmique. Le c {celeriter) au-dessus de la virga de ces mêmes groupes a un sens négatif (II. 98) : il avertit de ne pas s'arrêter, de ne pas appuyer ces notes culminantes, sur lesquelles il faut au contraire glisser leggieramente ; c'est la conséquence de l'appui rythmique précédent.

Le torculus j" est tout entier élargi, slargendo, avec un ictus rythmique sur la première note et un second sur la troisième. Ce

dernier appui est destiné à préparer la légèreté du dimacus suivant.

Enfin la clivis /T longue, avec sa première note bien appuyée et allongée, est le seul groupe-temps de ce mélisme.

327. — Manuscrits messins. — Us sont entièrement conformes aux sangalliens : la clivis est longue, le torculus également, avec un a {augete) au centre du groupe ; quant aux trois dimacus, les deux premiers punctums sont légers, et le troisième en bas — pimctum long — supporte un appui comme le point correspondant de Saint-Gall. La signification dxxpunctum long messin à la base du dimacus est, en soi, assez incertaine, ici elle est fixée par la comparaison avec la notation sangallienne.

328. — Telle est l'interprétation rythmique traditionnelle de ce passage. Mais — et c'est là qu'il faut en venir — cette interprétation ne peut être pratiquée que par le procédé de V enchaînement des groupes, ce qui reste à expliquer.

Une analyse de cette mélodie, groupe par groupe, donne autant de rythmes élémentaires qu'elle a de neumes, la clivis du début toujours exceptée. Chaque rythme, pris à part, a deux notes à l'arsis, une à la thésis :

Fig. 220

De plus, chaque rythme a deux ictus :

L'ictus arsique de début sur la première note ; L'ictus final de thésis sur la dernière.

329. — Tant que ces rythmes sont considérés séparément, la place de ces deux ictus ne souffre aucune difficulté. Il en va tout autrement si ces rythmes sont réunis pour former un rythmemembre. Aussitôt, à chaque rencontre de groupes, deux ictus rythmiques se trouvent immédiatement à la suite l'un de l'autre, sans temps intermédiaire, ce que la Rythmique naturelle repousse absolument.

Rythme Grég. — i8

330. — Il y aurait un remède : celui de doubler la note de thésis :

^PJ=^=P=^=^=— P-» i = a=^^T=H

Itï

:EEEf^E^£E

Ft'g. 221

ce qui serait excessif, car, si la note finale des climacus (Fig. 219) est figurée par un punctum planuvi, jamais cette note, dans ce mélisme, n'est allongée par une des lettres romaniennes ou messines indiquant la longueur; d'ailleurs cet allongement arrêterait le mouvement de la phrase.

L'un de ces deux ictus doit donc succomber ; lequel?

Évidemment l'ictus arsique, première note des trois climacus ; car si l'on veut conserver à chaque groupe son caractère rythmique, comme le veulent ici et les manuscrits et le style grégorien, il est de toute nécessité de maintenir l'ictus thétique à la fin de tous les groupes, sinon on retombe au groupement et à l'interprétation par simple Juxtaposition (B. Fig*. 218).

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